Commentaire
L’opposant Anatole Limbongo Ngoka expulsé de chez lui dans la Likouala
L’actualité nationale rapportée dans les réseaux sociaux est déprimante ou décourageante, ces derniers temps. Un leader de l’opposition prié de déguerpir d’un département dont il est ressortissant, pour cause d’activité politique liée à l’élection présidentielle de mars 2026; un influenceur des réseaux sociaux placé en détention par la police, à la requête d’un membre du gouvernement… Bref, alors que le pays se prépare à entamer la ligne droite vers l’élection présidentielle de mars 2026, l’opposant Anatole Limbongo Ngoka, candidat annoncé à cette élection a été expulsé du Département de la Likouala dont il est pourtant ressortissant, par décision verbale du préfet.
Ancien coordonnateur national des Comités de soutien du candidat Jean-Marie Michel Mokoko à l’élection présidentielle de mars 2016, président du Paradis (Parti africain pour un développement intégral et solidaire) qui a fait long feu, l’opposant Anatole Limbongo-Ngoka a déjà connu la prison sans jugement, de mars 2016 à avril 2018. En 2019, il a tenté de relancer le M.f.a.c (Mouvement fédéraliste d’Afrique centrale), un parti créé dans les années 90. Finalement, il a repris sa place de membre de l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale), tout en entretenant l’idée de se porter candidat à l’élection présidentielle.
Voilà qui le pousse à entretenir une activité politique intense ces derniers temps, en allant à la rencontre de ses partisans à l’intérieur du pays, pour expliquer la vision politique qui l’amène à être candidat à l’élection présidentielle. En séjour dans la Likouala, dans le cadre de la vulgarisation de sa candidature, il a été prié, sur décision du préfet, de déguerpir de ce département dont il est, du reste, ressortissant, alors qu’il se trouvait dans la localité d’Enyellé où il tenait des rencontres politiques. Le préfet lui reproche de ne lui avoir pas présenté les civilités quand il est arrivé et de déployer des activités politiques considérées comme une menace dans le département.

A l’officier supérieur venu lui signifier la décision du préfet lui intimant l’ordre de quitter le territoire départemental, Anatole Limbongo Ngoka, connu pour ses critiques acerbes contre le gouvernement, a expliqué qu’il n’avait pas besoin de voir le préfet ni même de demander son autorisation avant de mener ses activités politiques. Il a déjà mené les mêmes activités dans d’autres départements du pays où il n’a pas eu d’ennuis. Face à cette situation, il a sollicité d’aller rencontrer le préfet à Impfondo, pour faire recours de sa décision. Cela lui a été refusé et l’officier de police lui a répété l’ordre du préfet de quitter le département, sans motif indiqué et sans décision de justice ou de l’administration.
L’homme politique a eu le malin geste d’enregistrer son vif échange avec l’officier de police et la diffusion de l’audio dans les réseaux sociaux a eu un grand retentissement. Pour nombre de Congolais, il s’agit là de méthodes de gouvernance qui s’apparentent à des règlements de comptes entre individus ou à l’arbitraire. Si d’aventure les faits reprochés à l’opposant étaient justifiés, l’expulsion d’un Congolais sur une partie du territoire national n’est rien d’autre que de l’abus de pouvoir. Ce sont des méthodes contraires aux principes de liberté proclamés par la Constitution en vigueur dans le pays, à moins d’apporter la preuve que l’opposant était en train de comploter contre les institutions de son pays.
Urbain NZABANI
L’échange avec l’officier de police








