On s’interroge toujours sur l’incapacité de certains pays africains à assurer un développement harmonieux de leur société. Alors que la densité en neurones ne cesse d’augmenter dans ces pays, on remarque en même temps un recul dans leur capacité à construire des conformités responsables et durables.
Ainsi, les ingénieurs de savent plus construire des infrastructures; les urbanistes ne savent plus créer des nouveaux quartiers, sans compter que dans les anciens, il y a belle lurette que les ordures, les eaux pluviales, les caniveaux et les routes ont reçu la visite d’un agent municipal.
Ainsi, les ilots de prospérité émergent ici et là, tandis qu’en même temps, la paupérisation du grand nombre bat tous les records. Pourtant, ce ne sont pas des économistes et autres financiers qui manquent, pour concevoir et gérer la prospérité nationale. Ainsi, des textes réglementaires des très hautes autorités sont «cassés» par des juridictions judiciaires, alors qu’à l’évidence, ce rejet était inéluctable. Comment les juristes chevronnés de céans n’ont pas pu éviter aux dignitaires un tel affront?
Comment expliquer une telle entropie? Il est démontré qu’il existe une relation entre la psychologie et la politique, en ce sens que les processus psychologiques influencent la prise de décision chez les politiques. Par exemple, l’orgueil, le complexe de supériorité ou la suffisance conduisent à des résultats contrastés, alors que l’intelligence collective, ce que Hélène Landemore appelle «la raison démocratique», produits de bons résultats pour la société.
Il en est ainsi aussi de l’oubli de soi. Oui, l’oubli de soi: «se connaître, s’apprécier, à quoi bon si c’est pour rester à faire des ronds narcissiques autour de son petit nombril»? S’oublier, pour s’occuper des attentes des autres; s’oublier, pour se mettre au service de l’autre, c’est la voie royale de lutte contre les égoïsmes, contre le mal-développement, contre les décisions arbitraires.
Prométhée

