Lutte contre la poliomyélite
Renforcer la surveillance, la riposte
et l’offre vaccinale systématique
Brazzaville a accueilli du 2 au 5 décembre 2025, la 35ème réunion de la C.r.c.a. (Commission régionale africaine de certification pour l’éradication de la poliomyélite). Les acteurs de la santé de cinq pays africains, après échanges et sessions en plénières ont formulé des recommandations générales et spécifiques à chaque pays, dans l’objectif de libérer l’Afrique de cette maladie. Ouverts par le Dr Jean-Claude Moboussé, conseiller en santé du ministre de la santé et de la population, les travaux de cette réunion ont été clôturés par le prof Donatien Mounkassa, directeur de cabinet du ministre de la santé et de la population, en présence de la prof Rose Gana Fomban Léké, présidente de la C.r.c.a, et d’André Yameogo, coordonnateur régional de l’Unicef.
La 35ème réunion de la C.r.c.a. (Commission régionale africaine de certification pour l’éradication de la poliomyélite) a réuni les participants venus de cinq pays (Ethiopie, Angola, Sénégal, Tchad, Congo pays hôte). Ils ont passé en revue les progrès accomplis dans l’éradication de la polio depuis la dernière session de cette commission en 2024, à Dar-es-Salam, en Tanzanie, et renouvelé les engagements. Aussi ont-ils partagé les leçons apprises et défini les prochaines étapes pour l’ensemble des pays participants.

Les flambées des poliovirus circulant continuent d’affecter le bassin du Lac Tchad et l’Angola, avec des détections récentes en Namibie. Ces évolutions soulignent la vulnérabilité de la région et la nécessité urgente de renforcer les efforts, pour atteindre une «Afrique exempte de poliomyélite». D’où la série de résolutions qui permettront aux Etats de renforcer les efforts en cours, pour améliorer la qualité de la riposte, renforcer la surveillance et améliorer l’offre vaccinale systématique.
En ce qui concerne le Congo, où environ 20 cas ont été détectés depuis 2023, la commission a fait des observations suivantes: la couverture vaccinale reste insuffisante pour prévenir la circulation du poliovirus en cas d’importation; la surveillance environnementale progresse, mais elle reste en deçà des objectifs; les pays voisins touchés par des flambées, tels que l’Angola, le Cameroun et la RD Congo représentent un risque important d’importation du poliovirus dans le pays; peu d’activités ont été menées dans les zones accueillant les réfugiés venant de la RD Congo dans le Nord-Est du pays. Cinq spécimens envoyés au laboratoire de référence à Kinshasa ont été perdus. Il n’y a pas toujours de plan de confinement établi.
A la suite de cela, la commission recommande au Congo de renforcer, entre autres, l’appropriation des activités de surveillance et de vaccination et la coordination transfrontalière des activités polio, au sein du pays et avec les pays voisins, pour améliorer la détection précoce.
Le Congo demeure engagé à maintenir un système de surveillance performant, à renforcer la vaccination de routine et à répondre avec diligence à toute menace de poliovirus avec l’appui de tous ses partenaires. «Les recommandations formulées renforcent notre conviction que l’éradication de la polio demeure à notre portée, à condition de maintenir nos efforts avec rigueur, solidarité et constance», a déclaré le prof Donatien Mounkassa, clôturant ces assises.
Satisfaite de la qualité des travaux, la prof Rose Gana Fomban Léké a apprécié les progrès réalisés en RD Congo, en Afrique australe et dans la corne de l’Afrique, la rénovation du réseau des laboratoires et le renforcement des capacités pour les séquençages rapides des échantillons. Néanmoins, la C.r.c.a a révélé plusieurs préoccupations telles que l’apparition des variants des poliovirus de types 1 et 3 qui ont légèrement augmenté en 2025, avec des nouveaux foyers en Algérie, Djibouti, a-t-elle déploré.
Urbain NZABANI








