Point de presse de Me Anicet Charles Poaty-Amar
L’avocat canadien pense que
«le Président de la République doit partir»
Avocat canadien d’origine congolaise, ayant aussi évolué au Barreau de Paris (France), Me Anicet Charles Poaty-Amar, en séjour à Brazzaville, a tenu un point de presse, jeudi 16 janvier 2025, à l’Hôtel Saphir, pour demander «au Président de la République, Denis Sassou Nguesso, de démissionner», parce qu’«il est temps de tourner la page de l’après-guerre et de fonder une nouvelle République». Au cours de ce point de presse, il a donné lecture d’un long message de quinze pages, intitulé: «Le Président de la République doit partir». C’est sa deuxième sortie médiatique à Brazzaville en moins d’un mois, après celle du 10 décembre 2024, dans le cadre du 66ème anniversaire de la République du Congo.
A l’entame de sa déclaration, Me Anicet Charles Poaty-Amar a indiqué que «l’année 2025 qui vient de commencer doit marquer la fin de vos souffrances. Pour cela, le Président de la République doit partir», a-t-il lancé. Et il l’explique de la manière suivante: «Nous sommes déjà au tournant du premier quart de ce siècle, le temps avance et ne reviendra pas. Plus de 28 ans après la guerre civile de 1997, de nombreux compatriotes mineurs à l’époque sont devenus majeurs et ont fondé des familles et une nouvelle vague de Congolais est venue au monde. Ils ne doivent pas être condamnés à vivre sous les menaces répétées et à peine voilées de guerres et sous des logiques d’une époque longtemps révolue, quand Internet et l’intelligence artificielle n’existaient pas encore. Ils ont le droit, ainsi que leurs aînés, de vivre dans une paix qui n’est pas que le silence des armes. Ils ont le droit de vivre dans une République, un environnement où il n’y a pas d’hommes forts, mais des institutions fortes. Ils ont le droit, nous avons le droit de fonder une nouvelle République».

L’avocat canadien d’origine congolaise pense que «le Président de la République doit partir, parce qu’en ces temps de crise sévère, non seulement le laisser-faire ambiant dans la gestion des affaires publiques compromet toute espérance de performance, mais pire, il est un facteur aggravant de la crise et une source de la déliquescence de l’Etat. Il est temps d’arrêter la chienlit et de remettre l’ordre».
Il a fait savoir que «le pays ne peut pas prospérer sous ses auspices, car personne, absolument personne ne peut investir dans un pays où l’alternance politique est impossible. Depuis plus de dix ans, toutes les négociations avec les bailleurs de fonds échouent. En Angola, l’arrivée d’un nouveau Président a permis au pays de recevoir plus de trois milliards de dollars. De même, en RDC, le changement à la tête de l’Etat a permis au pays de recevoir plus de cinq milliards de dollars des bailleurs de fonds. Le message des institutions financières internationales est clair: il n’y aura pas d’accompagnement pour les peuples qui ne changent pas les institutions corrompues. Pour le Congo, cela signifie que le Président de la République doit partir pour que l’argent vienne. Il faut que l’argent vienne, parce que sans argent et sans investissement, le chômage continuera à grimper en même temps que la misère. Personne ne fera pour les Congolais ce que doivent et peuvent faire les Congolais pour eux-mêmes et par eux-mêmes».
En plus de cela, il trouve que «nous devons reconsidérer nos relations avec la France. Nous devons corriger les erreurs de l’histoire, décoloniser les mentalités de part et d’autre, afin de prendre un nouveau départ sur les bases saines des intérêts bien compris des parties. Seule, une nouvelle génération peut rétablir la dignité du Congo sur la scène internationale et s’assurer que les accords qui nous lient aux entités étrangères soient réciproquement gagnants». Pour lui, le Président Denis Sassou-Nguesso «a perdu toutes les élections de 1992 à 1997. Il est revenu au pouvoir par la guerre. Il s’y maintient par les armes, après avoir écarté toutes les Constitutions et abattu toutes les institutions. Il n’avait pas le droit d’être candidat à l’élection présidentielle de 2016. Il n’a pas le droit d’être au Palais du peuple».
«Et s’il fallait rallonger cette liste, on y ajouterait cumulativement le chaos des finances publiques, le surendettement inexpliqué de l’Etat, la paralysie des pouvoirs publics face aux malversations et aux révélations successives des scandales financiers, la vie luxuriantes et exubérante des personnes directement ou indirectement liées à l’Etat au moment où les Congolais n’ont ni électricité, ni eau potable et peinent à joindre les deux bouts du mois. Avec autant de griefs, qui peut douter que tout peut arriver à tout moment? Surtout que le refus consommé de l’alternance démocratique, ajouté à l’emprisonnement des opposants politiques et au rejet du dialogue, établit ouvertement l’emploi de la force comme la seule alternative possible», a-t-il fait savoir.
Me Anicet Charles Poaty-Amar a invité le peuple congolais au ressaisissement: «Nous avons déjà été des champions dans beaucoup de domaines. Nous pouvons le redevenir en réinitialisant notre volonté d’accéder à la puissance? Cela passe par la remise sur pied d’un Etat digne de ce nom, qui assume son rôle d’organisation et d’allocation des ressources et d’entraînement des forces vives de la Nation». Pour cela, il a marqué sa disponibilité à prendre le leadership d’un mouvement devant conduire au changement: «Si les circonstances me convoquent, je ferai le don de ma personne pour animer le mouvement de libération civique, sous le label d’une Union patriotique pour la nouvelle République».
Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA
Point de presse de Me Anicet Charles Poaty-Amar








