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samedi 22 juin 2024 | 19:36
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Mon cri du cœur pour la jeunesse congolaise

Eu égard au tragique accident survenu au Stade Michel-d’Ornano de Brazzaville, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 novembre 2023, je me permets, tout en présentant mes condoléances les plus émues et sincères aux familles éprouvées, de lancer, de nouveau, mon cri du cœur pour notre jeunesse congolaise. Dans la première partie, il y a eu le diagnostic et l’approche de solution. Dans cette troisième partie, ce qu’il faut faire pour l’avenir de la jeunesse congolaise au niveau de la famille et de l’Etat.

III- Que faut-il faire pour l’avenir de la jeunesse congolaise?

A- La famille

Tout d’abord, il revient à la famille (parents biologiques, oncles, tantes, cousins, cousines, etc.) de réhabiliter et de sauver, coûte-que-coûte, la jeunesse marginalisée qui, ipso facto, continue à «se désintégrer progressivement, que nous avons laissée à la débandade et qui est inévitablement encline à s’écarter des voies de la décence et de la dignité et à commettre des choses viles». Car, «l’enfant est comme une plante qu’il faut entretenir, avec suffisamment d’attention et beaucoup de patience», dixit docteur M. Mbadinga.
Malheureusement, il sied de signaler que la probabilité de succès de cette approche serait faible, parce que tous ces jeunes sont déjà pris dans l’engrenage de l’accoutumance et de l’addiction. La plupart d’entre eux ont franchi la barrière de la honte et du qu’en dira-t-on. «On part, on part» ou «s’en fout la mort» sont leurs devises. Ils assument, désormais, leurs modus vivendi et operandi. Ils se sentent bien dans leur peau. Dommage!
A défaut d’actions correctives sur lesdits jeunes, il vaudrait mieux se tourner vers des actions préventives sur les générations futures. Comme l’a écrit Jean-Jacques Rousseau au 18ème siècle, «l’homme est naturellement bon et c’est la société qui le déprave». Ce qui signifie que les enfants qui naissent sont innocents et sans malice, jusqu’à l’âge de raison. C’est au contact de l’école, de la société et surtout du choc des cultures dans les agglomérations urbaines qu’ils forgent leurs caractères et que des sentiments divers les habitent.
Aujourd’hui, un autre phénomène est en train de se développer dans les grandes cités urbaines congolaises: les enfants de la rue, ces enfants qui ont fait de la rue, des carrefours ou des marchés, leurs domiciles, faute d’en avoir. Ces enfants le sont devenus en raison des circonstances particulières. Ces enfants rejetés sont des victimes désignées comme de grands rapaces qui rodent la nuit, des faucons, des vautours, des charognards et des prédateurs en quête de la chair fraîche et tendre. C’est pourquoi il faut se poser la question de connaître les causes profondes de ces fâcheux phénomènes.
Tout d’abord, ce sont les ruptures et les éclatements des cellules familiales qu’il faut incriminer, car, dès le décès de l’un des parents ou des deux, les enfants sont abandonnés à eux-mêmes, la plupart du temps, parce que chassés avec leurs mères veuves, du domicile conjugal, par les neveux et les autres parents du De cujus. Ainsi, ne pouvant plus aller à l’école ou, parfois même, n’ayant rien à manger, ils sont abandonnés à eux-mêmes et deviennent, ipso facto, des mendiants. Même les mbonguis (sanzas) qui étaient les foyers d’éducation et d’accueil des orphelins, grâce à la solidarité familiale, dans nos villages, ont disparu. La solidarité d’antan commence à disparaître ou a disparu, au profit malheureusement de l’égoïsme et de l’individualisme.
Ensuite, l’autre cause réside dans les problèmes économiques et sociaux. En effet, certaines familles éclatent ou ont éclaté sous le poids des charges que les pères et mères de famille ne peuvent plus supporter. Ce qui engendre l’éclatement et la dispersion de la cellule familiale. A ce propos, il faut souligner que l’on assiste au Congo à un exode rural poussé et à une urbanisation galopante qui a pour corollaire, la transition sociologique, en l’occurrence la mutation du modus vivendi traditionnel en un modus vivendi moderne.
Jadis et jusqu’à une époque récente, nos villages vivaient dans l’autarcie et dans une économie fermée de traite et de subsistance, où les denrées alimentaires étaient disponibles et à foison dans les champs. L’alimentation carnée fournie par les animaux domestiques et les gibiers. Peu de dépenses étaient exigibles et effectuées.
Désormais, avec la vie moderne, les Congolais sont entrés dans l’économie marchande où tout doit se négocier avec de l’argent: la nourriture, la santé, l’éducation, etc. C’est devant cette équation que se trouvent beaucoup de Congolais désœuvrés (l’oisiveté étant la mère des vices), parce que n’ayant pas les moyens ni la formation adéquate pour exercer un métier, en vue de s’assurer un salaire minimum qui est parfois payé irrégulièrement. D’où le spectre de la misère, de la pauvreté et de la clochardisation quotidiennes.

B- L’Etat congolais

Le gouvernement devrait appliquer avec rigueur, entre autres, la Loi Portella de 1960, contre la délinquance juvénile et arrêter un programme de développement qui consisterait à éradiquer la pauvreté, la misère et la clochardisation de la population, en se focalisant sur la jeunesse, la pépinière et l’avenir du Congo. Ainsi, le gouvernement arrêterait des objectifs spécifiques qui seraient entre autres:

Au plan économique:
– la création d’un modèle économique basé sur l’accroissement des échanges inter-régionaux en vue de développer et d’accroitre l’économie;
– la mise en valeur de l’intérieur du pays par la viabilisation, le peuplement, l’aménagement et l’exploitation des ressources locales, aux fins d’encourager l’exode urbain;
– la création de toutes les infrastructures de base et d’industrialisation du Congo comme dans les années 1960, en développant le secteur agro-industriel, agro-alimentaire, l’industrie textile, l’industrie manufacturière, l’industrie chimique, pétrochimique, pharmaceutique, l’agriculture, l’élevage et la pêche pour assurer l’approvisionnement quotidien en produits frais. Ce qui mettrait fin à l’importation des produits congelés et malsains (bibembé ya Adoula), puis stimulerait l’auto-suffisance alimentaire qui ne doit pas être un simple slogan ou un slogan creux;
– la relance de la construction du barrage du Kouilou, un événement on ne peut plus riche de conséquences positives pour le développement de l’économie de notre pays. En effet, il va sans dire qu’avec la construction du barrage du Kouilou, des industries annexes permettront de transformer, dans les années à venir, la physionomie de notre économie, en résorbant, sans doute, toute la masse des jeunes en quête d’un emploi permanent dans notre pays en général et dans nos villes en particulier;
– la restauration d’une partie du Chemin de fer Congo-Océan (C.f.c.o), jadis épine dorsale du pays et voie de transit pour tous les produits allant en République Centrafricaine et au Tchad;
– l’accroissement de l’industrie extractive (pétrole, matériaux de construction et minerais divers), pour la fourniture en matières premières des chantiers, des raffineries, des centrales thermiques et des usines de production de matériaux de construction;
– le développement du secteur tertiaire: transports terrestres et aériens, tourisme, commerce, promotion immobilière (comme jadis, la S.i.c, l’O.c.h, la Soprogi, la Sonaco), bâtiments et travaux publics, etc.
– inciter à la création de petites et moyennes entreprises qui bénéficieraient des crédits qui leur permettraient de faire face aux obligations les plus urgentes et d’encourager les initiatives privées dans tous les secteurs de l’industrie moderne.
Ce développement permettrait de créer de nombreux emplois dans les différents secteurs d’activité primaire, secondaire et tertiaire. Les jeunes en profiteraient énormément. Ils se prendraient en charge. Ainsi, les diplômés sans emploi ne devraient plus se confiner dans l’attente d’une hypothétique opportunité d’embauche, mais plutôt se décider à embrasser le métier d’entrepreneur. Il suffirait, pour cela, de se recycler par des formations adéquates.
Les autres qui n’auraient pas la chance d’aller plus loin dans leurs études, seraient pris en charge, comme dans les années 1960, par le Service civique de la jeunesse ou l’Action de rénovation rurale, aux fins d’acquérir une formation adéquate et accélérée grâce à laquelle, ils rempliraient les tâches de demain.

Dieudonné
ANTOINE-GANGA
(A suivre)

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