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mercredi 12 juin 2024 | 12:40
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Mon cri du cœur pour la jeunesse congolaise

Eu égard au tragique accident survenu au Stade Michel-d’Ornano de Brazzaville, dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 novembre 2023, je me permets, tout en présentant mes condoléances les plus émues et sincères aux familles éprouvées, de lancer, de nouveau, mon cri du cœur pour notre jeunesse congolaise. Dans la première partie, il y a eu le diagnostic et l’approche de solution. Dans cette troisième partie, ce qu’il faut faire pour l’avenir de la jeunesse congolaise au niveau de la famille et de l’Etat. (Suite du numéro précédent).

III- Que faut-il faire pour l’avenir de la jeunesse congolaise?

C- Au plan culturel

– Revaloriser l’école publique et ipso facto l’enseignement, en construisant beaucoup d’écoles primaires et secondaires, des bibliothèques, des universités et d’autres écoles de formation ou de métiers qui auraient des relations avec les prestigieuses universités et grandes écoles existant de par le monde, pour offrir aux étudiants et aux chercheurs, l’opportunité d’aller parfaire leurs études ailleurs ou de rester sur place avec du matériel didactique performant. Il nous faut, absolument, nous pencher avec la plus grande sollicitude sur les problèmes cruciaux de l’enseignement et de l’éducation, qui se posent avec acuité. Car notre pays, le Congo, ne saurait être fort sans la formation d’une élite intellectuelle et technique capable d’assurer la gestion des affaires publiques.
C’est pourquoi, nous en tant que pionniers, parents, par la volonté des lois républicaines et par des sacrifices des uns et des autres, devons veiller à ce que les générations futures, c’est-à-dire les jeunes, puissent bénéficier, comme nous dans le temps, d’un enseignement susceptible de les préparer à mieux prendre en mains le flambeau de nos destinées, que notre génération -il faut avoir le courage de le dire et de le reconnaître- a sacrifiées sur l’autel de la politique politicienne, tout en négligeant l’école publique au profit des écoles privées dont certaines de qualité douteuse, n’ont de privé que le nom. Une fuite de ses responsabilités par l’Etat.
– Promouvoir les arts et la musique.
– Dans le domaine sportif, investir dans les disciplines sportives pour glaner des lauriers pour le rayonnement du Congo, comme dans le temps avec Henri Elendé, l’équipe nationale de football, les Diables-Rouges, les différents clubs, aux fins de constituer un important pactole pour le bien-être individuel et social des athlètes et autres sportifs.

IV- Quelles valeurs doit incarner la jeunesse pour son avenir?

La jeunesse congolaise devrait absolument se revêtir du nouveau manteau de valeurs cardinales dont les principales, à mon humble avis, sont les quatre suivantes:
– aimer le Congo, notre patrie, être fier d’en être citoyen et se disposer à le respecter, à l’honorer et à le défendre jusqu’au péril de sa vie;
– promouvoir et inculquer la culture de l’excellence et de la compétence: nul n’ignore que ce sont des hommes et des femmes, tous excellents, diplômés, doués de savoir et de savoir-faire dans les différents domaines d’activités, et qui sont les artisans du développement de tout pays. C’est pourquoi tous les jeunes doivent avoir un seul point de mire, la culture de l’excellence et de la compétence, pour fuir la médiocrité, la tricherie, la corruption, les fraudes, les facilités, l’assistanat et tout ce qui gangrène la société et les écoles. Ce sont ces vilaines habitudes acquises dès le bas-âge qui conduisent le citoyen majeur au népotisme, au favoritisme, au clanisme, au régionalisme, au tribalisme, à l’ethnocentrisme, au népotisme, à la corruption, etc. Il faudrait que dans le Congo de demain, l’homme qu’il faut, soit à la place qu’il faut;
– promouvoir la culture de la créativité, de l’esprit d’initiative et d’entreprise. A ce propos, il sied de signaler que dans les pays développés, c’est l’administration qui conçoit les programmes et évalue leurs réalisations, mais c’est le secteur privé qui les exécute. Tous les secteurs d’activités de travaux, de production des biens et des services sont du ressort du secteur privé. Notre gouvernement devrait s’en inspirer et tout mettre en œuvre pour ne pas laisser les jeunes se morfondre quotidiennement, en broyant du noir, ou à se bousculer et à s’agglutiner aux portillons des ministères, pour gonfler démesurément la masse salariale. Il faudrait amener les jeunes à retrousser les manches et à créer des entreprises dans tous les secteurs d’activités. Il y va de leur avenir;
– promouvoir la culture du vivre ensemble et de la pratique de la solidarité: aujourd’hui dans notre pays, les Congolais vivent malheureusement dans un environnement de méfiance, d’égoïsme, d’égocentrisme, de jalousie, de haine, de délation, de tribalisme et de méchanceté. La culture du vivre-ensemble et de la solidarité doit être une valeur cardinale que tous les Congolais doivent cultiver en eux, pour que, désormais, les relations entre Congolais ne soient empoisonnées par des considérations tribales, religieuses ou philosophiques.
Comme l’affirmait, le 15 août 1960, Mgr Michel Bernard, alors archevêque Brazzaville «il n’est pas de vie sociale possible, pas de vie nationale concevable si, quand le bien commun l’exige, les intérêts particuliers ne savent pas céder le pas, s’il n’y a pas pour tous les membres de la nation une communauté de destin, si les plus favorisés par la situation et la culture ne savent plus en toute générosité se mettre au service de leurs frères les plus dépourvus. Seuls, un grand courant d’enthousiasme, un amour passionné du pays peuvent nourrir cette volonté d’effort et de sacrifice, seuls ils peuvent faire taire les particularismes stérilisants, seuls ils peuvent conjurer la création de blocs hostiles qui opposeraient violemment dans la nation d’une part les mieux pourvus et de l’autre ceux qu’écraserait le sentiment d’une injustice. C’est une tâche magnifique de contrôler, aider et régler les activités privées et individuelles de la vie nationale pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun».

Conclusion

Dieudonné Anatoine-Ganga
Dieudonné Anatoine-Ganga

Enfin, je me permettrais de dire à nos jeunes avec l’ancien ministre congolais de l’éducation nationale, le prof Lévy Makani: «Être homme, cela se construit, souvent à travers les difficultés de la vie, mais aussi grâce à la persévérance et le gout de l’effort, au respect et à l’attachement de vraies valeurs».
Tous, donnons et surtout ayons la volonté de donner la priorité à notre jeunesse et au Congo. Unissons donc tous nos efforts, parents et Etat, pour sauver la jeunesse congolaise qui, «malheureusement, continue à sombrer et à se désintégrer progressivement en suivant la pente morale actuelle». Sinon, elle viendra, un jour, cracher sur nos tombes. Ressaisissons-nous. Eteignons les braises qui couvent sous les herbes sèches afin de prévenir un incendie.
En tout cas, c’est ce cri de cœur que je me permets de lancer, en toute humilité, à nous tous, parents, à tous ceux qui nous gouvernent et à l’Etat. Car, comme l’a affirmé Jean Ziegler, «aucun homme n’est une ile. Tout homme ne se construit que par le regard, la tendresse d’autrui. La vue ne se nait que de la complémentarité, de la réciprocité. Je suis l’autre, et l’autre est moi». Qui plus est, une société plus juste et plus humaine s’impose.
Tout citoyen, tout homme politique, quel qu’il soit, doit en être pleinement conscients. Que les derniers événements du Stade Michel-d’Ornano nous le rappellent. Car, les menaces du mal et de l’égoïsme qui s’enracinent si facilement dans nos cœurs, aujourd’hui, avec leurs effets incommensurables, pèsent déjà sur la vie actuelle et semblent fermer les voies vers l’avenir. Car, il y a honte d’être heureux seul, dixit Albert Camus.

Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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