Dans la campagne pré-électorale qui ne dit pas son nom et qui bat son plein actuellement, il faut rappeler à nos dirigeants politiques, au niveau du parti au pouvoir, le Parti congolais du travail, et leurs alliés de la Majorité présidentielle, ainsi qu’à ceux des différentes plateformes de l’opposition, et ce au cas où ils auraient oublié qu’il y a dans le silence des urnes après la tempête, des voix que l’on n’entend plus. Des voix que l’on n’a peut-être jamais voulu écouter. Ce sont celles des âmes blessées, traumatisées, dispersées dans les eaux du Fleuve Congo, de la Rivière Djoué, dans les différentes forêts de la Bouenza, de la Lékoumou, du Niari et du Pool, dispersées dans les cimetières de l’indifférence, errantes dans les souvenirs des familles éclatées, des enfants orphelins, des veuves, des veufs, des pères, mères et parents inconsolables, des amis amputés d’une présence.

Ils étaient jeunes. Ils étaient adultes. Ils étaient pères. Elles étaient mères. Militants d’un jour, martyrs à jamais. Leurs visages angéliques et innocents se sont ou sont en train d’être effacés des discours officiels ou de campagne, mais leurs murmures hantent encore les nuits de ceux qui portent une conscience. Murmures de douleur. Cris d’injustice. Soupirs d’âmes envolées sans adieu.
A entendre les uns et autres, dirigeants du Parti congolais du travail, de ses alliés, de l’opposition et du centre, le Congo semble rejouer une partition inachevée où les passions, le mensonge, la calomnie et la démagogie l’emportent sur la raison; où les apparences étouffent l’humanité. Les urnes deviennent les arènes. La politique, un champ de bataille. Et chaque fois, des corps tombent, des esprits se brisent, la haine s’implante, des cœurs se ferment.

Mon pays, se meurt lentement de ses oublis

Mais avons-nous fait le deuil de toutes ces vies fauchées? Qu’avons-nous appris de ces douleurs enfilées comme des chapelets de souffrances? Où sont les mémoriaux, les actes symboliques, les paroles de pardon sincères, les gestes de réparation morale?
J’ai l’impression que le Congo, mon pays, se meurt lentement. Car un pays ne meurt pas seulement de ses conflits armés. Il meurt aussi de ses oublis volontaires, de ses silences sélectifs, de son incapacité à regarder ses enfants blessés dans les yeux.
Nos joutes électorales, souvent présentées comme des exercices démocratiques, deviennent parfois des jeux de pouvoir sans scrupule où la fin justifie les moyens. Derrière les couleurs politiques, il y a pourtant une seule couleur: la couleur rouge, celle du sang versé. Et celui qui tue au nom d’un camp tue une part de la Nation congolaise.
Quand il m’arrive de faire ma marche vespérale, en longeant la corniche de Brazzaville, au bord du fleuve Congo ou les rives du Djoué, ou encore les forêts de nos villages abandonnés, il me semble entendre ce cri silencieux des âmes: «Pourquoi nous avez-vous enrôlés dans des guerres, des émeutes et des troubles qui n’étaient pas les nôtres? Pourquoi nos vies ont-elles servi à vos ambitions?  Et maintenant que nous sommes partis, qui pleure encore nos noms?».
Ces questions on ne peut plus pertinentes qui me taraudent l’esprit en permanence, ne s’adressent pas qu’à moi. Elles s’adressent aussi tant à tous les citoyens qu’à tous les acteurs politiques de tous bords. Elles interpellent donc chaque citoyen congolais, chaque influenceur, chaque religieux, chaque enseignant, chaque parent. Car, la guerre électorale commence toujours dans les cœurs, quand le rejet de l’autre s’installe, quand le mépris devient viral, quand le tribalisme et la haine s’installent dans nos cœurs, quand la vérité cède la place à la démagogie et à la manipulation. Il nous faut dépasser ces divisions stériles que nous entretenons. Les clivages s’effondrent dès que nous vivons une expérience fraternelle, parce que nous sommes complémentaires et différents. Qui sommes-nous sur terre? Rien n’est d’un seul bloc; tout est mosaïque. Nous ne sommes qu’un grain de sable dans un univers d’une diversité et d’une complexité infimes. Le Congo est notre bien commun; il mérite de poursuivre sa marche pour la paix et vers le développement, avec le concours de tous ses filles et fils de tous les départements. (A suivre)

Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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