Opposition
Création d’une nouvelle plateforme,
le Rassemblement des forces du changement
Un nouveau regroupement politique a vu le jour au sein de l’opposition extra-parlementaire. Il s’agit du Rassemblement des forces du changement, R.f.c en sigle. Sa création a été annoncée à travers une conférence de presse tenue le samedi 31 mai 2025, à l’Hôtel Olympic palace, à Brazzaville, par huit leaders politiques: Clément Miérassa (P.s.d.c), Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango (R.d.d), Uphrem Dave Mafoula (parti Les Souverainistes), Jean-Pierre Agnangoye (Parti du peuple), Rodrigue Cyr Christian Mayanda (parti Alliance des libéraux humanistes démocrates), Gabriel Ntollo, représentant du parti Alliance de Mabio Mavoungou Zinga, Gabriel Mouyabi (parti Renaissance) et un représentant du Congrès du peuple, le parti de Marcel Guitoukoulou.
Uphrem Dave Mafoula a prononcé le mot liminaire au nom de la nouvelle famille politique dont l’initiative est coordonnée par Clément Miérassa qui a marqué cette conférence de presse par un geste inopiné ayant fait le buzz dans les réseaux sociaux: sa demande de pardon aux populations congolaises, en se mettant à genou devant les caméras. Objectif de ce regroupement politique: «provoquer une alternative crédible et porteuse d’espoir», à l’élection présidentielle de 2026.


De nombreux journalistes représentaient les organes de presse indépendants et en ligne, lors de la conférence de presse marquant l’annonce de la création du Rassemblement des forces du changement, qui entend briguer la magistrature suprême en 2026, pour provoquer l’alternance démocratique pacifique pour laquelle ses leaders se sont mis ensemble. «C’est avec honneur que je vais devoir m’exprimer devant tous les organes de presse et au nom du Rassemblement des forces du changement naissant», a dit d’entrée de jeu Uphrem Dave Mafoula, qui a fait observer une minute de silence, pour «nos compagnons privés de liberté, particulièrement le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi-Salissa et tous ceux qui sont injustement incarcérés».
«Au moment où nous tenons cette conférence de presse des forces de liberté et de changement de l’opposition, les ennemis de notre unité ne pouvaient se laisser penser que quelque chose de pareil viendrait de l’opposition qu’ils ont cru affaiblir. En effet, depuis plus d’une décennie, l’opposition congolaise semble être impuissante, divisée, éclatée, silencieuse, ne parlant pas d’une seule voix. Pendant ce temps, notre peuple est résigné, il souffre, il espère, il s’épuise. Notre devoir a été de tirer les leçons de cette fragmentation. L’heure est venue de reconnaître nos faiblesses, de dépasser les clivages stériles, de refuser les calculs politiciens et de nous rassembler autour d’une ambition commune: celle de proposer au peuple congolais, le changement, c’est-à-dire une véritable alternative, crédible et porteuse d’espoir. C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de nous mettre ensemble en un front citoyen, pour une nouvelle vie démocratique, un rassemblement des forces du changement regroupant toutes les composantes de l’opposition, déterminées à ne pas demeurer dans l’immobilisme», a-t-il affirmé.
Selon Uphrem Dave Mafoula, la nouvelle coalition politique est plus qu’un simple accord politique. «C’est un rassemblement homogène, républicain, issu de longues discussions, de concessions mutuelles et d’un profond engagement», a-t-il précisé. Ce rassemblement repose sur des valeurs comme l’unité, la démocratie, la paix et la non-violence comme méthode et finalité, la responsabilité et l’exemplarité, la vérité et la transparence. «L’unité dans la diversité est notre force. La division est notre ennemi commun. Nous faisons le choix du rassemblement, du dialogue et de la complémentarité; nous refusons la logique de la confrontation destructrice», a-t-il dit.

Le nouveau regroupement politique s’est donné comme slogan: «Tongo étani; Beto téléma». Cette devise appelle à l’action et «symbolise la fin de la nuit et de l’obscurantisme politique. C’est un cri de cœur, un signal d’alarme et une invitation à l’action collective», face aux maux qui minent la société aujourd’hui: «Le Congo traverse une période charnière: rien ne marche, les injustices se multiplient, les inégalités se creusent, la jeunesse perd espoir et les institutions sont vidées de leur substance. Si nous ne faisons rien maintenant, le risque de basculer dans l’irréversible est grand». Ce slogan renforme pratiquement, le projet de société du R.f.c, pour l’alternance au pouvoir.
Les leaders du R.f.c ont ensuite répondu aux questions des journalistes. Uphrem Dave Mafoula, Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango se sont distingués par leurs réponses à des préoccupations particulières. Tout comme Clément Miérassa qui a eu l’idée de demander pardon «aux populations congolaises», pour n’avoir pas été actifs, en tant qu’opposants, là où on les attendait. «Vous nous avez reproché beaucoup de choses, nous en sommes conscients et nous assumons. Vous avez dit que parmi nous, il y avait des opposants le jour qui étaient collaborateurs la nuit. Vous nous avez reproché notre silence, le fait que beaucoup d’actes ont touché particulièrement les jeunes et que nous sommes restés inactifs. Aujourd’hui, il y a une voix qui me fait mal, c’est ce que Lassy Mbouity vient de vivre et qui, au sortir de là, a dit qu’il va continuer le combat de la libération de ce pays. Et nous qui sommes là; je demande, avec l’autorisation de mes collègues, pardon au peuple congolais. Nous allons sortir de la peur… Nous avons pris la responsabilité de nous engager…», a-t-il confessé. En somme, à une telle rencontre de leaders politiques, beaucoup de choses se disent. Reste maintenant à savoir ce que sera la réalité.
Chrysostome FOUCK ZONZEKA
Le mot liminaire présenté par Uphrem Dave Mafoula
La réaction de Jean-Jacques Serge Yhomby-Opango
Le pardon de Clément Miérassa








