Le président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais), Clément Miérassa, a animé une conférence de presse, samedi 5 avril 2025, à son domicile, situé dans le quatrième arrondissement, Moungali, à Brazzaville, marquant ainsi sa rentrée politique, symbolisée par la présentation d’un échantillon de nouveaux adhérents, deux semaines après le lancement d’une campagne d’adhésion à Odziba, dans le Département du Djoué-Léfini. Plusieurs dirigeants de l’opposition étaient présents à cette conférence de presse, comme André Ngalébaki, Joseph Kignoumbi-Kia-M’Boungou, Jean-Louis Moutou, Jean-Jacques Serge Yhomby Opango, Jean-Pierre Agnagoye, Béathe Mbani, Constant Nguénoni, Rodrigue Mayanda et Félicien Maniangou. Répondant à une question sur le rassemblement de l’opposition, Clément Miérassa a déclaré que «la vraie opposition doit se retrouver, parce que l’U.pa.d.s et le P.r.l ne sont pas des partis d’opposition, puisqu’ils siègent au gouvernement, donc, ils sont comptables de la gestion du pays avec le P.c.t».
A l’entame de son long mot liminaire, Clément Miérassa a fait observer une minute de silence, «pour une pensée particulière, noble et pieuse pour les nombreuses victimes de l’intolérance politique de notre pays, particulièrement les anciens Présidents Marien Ngouabi et Alphonse Massamba-Débat, le cardinal Emile Biayenda et Guy-Brice Parfait Kokélas».
Il a abordé plusieurs points notamment: «l’annulation pure et simple des accords avec le Rwanda. En effet en novembre 2021 et avril 2022, une quinzaine d’accords entre le Congo et le Rwanda relatif à plusieurs domaines ont été signés. Les Congolais tant de l’intérieur que de l’extérieur ont rejeté violemment ceux-ci. Ils ont clamé haut et fort: non à la vente des terres; non à la cession des terres, sous quelque forme que ce soit au Rwanda; oui à l’annulation pure et simple de ces accords». Il a déploré l’attitude du gouvernement qui, selon lui, ne veut pas écouter les Congolais, en revenant longuement sur les péripéties autour de cette affaire.
«Au sujet du silence du Congo face à l’agression de la RD Congo par le Rwanda», il a indiqué que «cela se justifie certainement par la signature d’un accord de coopération militaire et technique avec le Rwanda, qui fait courir un risque au pays d’être co-belligérant dans ce conflit. La position du Congo étonne, surtout que l’on sait, aujourd’hui, que le Conseil de sécurité des Nations unies, le Conseil de la paix et sécurité de l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique, la Belgique, l’Allemagne et autres ont clairement condamné cette agression», a-t-il affirmé.
Il est revenu sur l’histoire de «Laurent Sokoko, citoyen angolais», qui «a fait des révélations préoccupantes sur un complot international visant l’assassinat du Chef de l’Etat», en déplorant que le gouvernement ne prend pas au sérieux cette affaire. «Cela rappelle la situation de 2016 mise sur le dos du général Mokoko qui purge actuellement sa neuvième année de prison à la Maison d’arrêt de Brazzaville. Véritable injustice et violation flagrante de l’article 15 de la Constitution» qui parle de l’égalité de tous les citoyens devant la loi», constate-t-il.
Au sujet des relations entre le Congo et le F.m.i, Clément Miérassa a rappelé que «le Congo traverse, depuis plus de dix ans, une grave crise multidimensionnelle pour laquelle les gouvernants actuels peinent à trouver les voies et moyens de sortie. Très tôt, ils ont voulu l’expliquer exclusivement par la baisse des cours du baril de pétrole. Ce qui est faux, il s’agit de la mauvaise gouvernance. Et tous les Congolais le savent aujourd’hui. Au départ, ils avaient cru en leur capacité de procéder à un ajustement interne. Ils n’en ont pas été capables. Difficilement, ils ont pu obtenir, après avoir caché une partie importante de leur dette au Fonds monétaire international, un accord pour une facilité élargie de crédit en juillet 2019. Hélas, ils n’ont pas pu respecter les engagements pris».
«Le drame pour les gouvernants, c’est qu’au même moment, le directeur général des douanes et des droits indirects a lancé un cri d’alarme pour que l’on sauve le Congo. La situation du Congo est préoccupante, comparativement à ce qui se passe dans les autres pays de la Cemac», a-t-il ajouté.
S’agissant de la vie politique nationale, Clément Miérassa estime que l’U.pa.d.s et le P.r.l ne sont pas des partis de l’opposition, parce qu’ils siègent au gouvernement. Il a rappelé, la loi n°28-2017 du 7 juillet 2017, déterminant le statut de l’opposition politique, qui indique, dans son premier article alinéa 2, que «l’opposition politique est constituée par l’ensemble des partis et/ou groupement de partis politiques ne soutenant pas l’action du pouvoir». «L’article 5 dispose que tout parti politique ou groupement de partis politiques appartenant à l’opposition peut accepter de faire partie du gouvernement. La présence d’un opposant au gouvernement l’astreint à la solidarité gouvernementale. En clair, un parti politique faisant partie du gouvernement ne peut pas être à l’opposition. Les choses sont claires et il s’agit là d’une question de droit. La langue de bois ne peut être tolérée», a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, tout le monde sait que «le P.c.t n’est pas en conformité avec la loi. Il aurait dû être sanctionné conformément aux dispositions de l’article 31 de la loi sur les partis politiques qui indique clairement qu’«en cas de violation des lois et règlements en vigueur par tout parti ou groupement politique ou de trou le à l’ordre public, le ministre chargé de l’administration du territoire suspend, par voie d’arrêté, le parti politique concerné, de toutes les activités et ordonner la fermeture de ses locaux», a-t-il fait savoir.
Répondant aux questions des journalistes, Clément Miérassa a déclaré que le Congo occupe le 42ème rang sur 54 pays africains et le 151ème rang au plan mondial sur 180 pays en ce qui concerne la perception de la démocratie. «Ça, ce n’est pas le résultat de l’opposition. C’est l’indice de perception».
Le président du P.s.d.c a lancé un appel au rassemblement de la vraie opposition, afin de poursuivre le combat politique de l’alternance démocratique au Congo. Il croit à la crédibilité de l’opposition et a pris l’exemple du député Joseph Kignoumbi Kia M’Boungou, qui a été destitué de ses fonctions de deuxième secrétaire du bureau de l’assemblée nationale, «lorsqu’il a dénoncé la mal-gouvernance: «Le Congo est en pleine ruine». Il a aussi rappelé les épisodes de 2012, 2015 et 2016 au cours desquels l’opposition a eu des initiatives, pour décrier la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays, en mobilisant ses militants, qui se sont heurtés aux actions de répression du pouvoir.
Clément Miérassa apprécie le courage et la détermination de Claudine Munari, députée élue à Mouyondzi, dans le Département de la Bouenza, pour son dynamisme, lorsqu’elle a dirigé la fédération de l’opposition. «Au-delà de nos divergences, Claudine Munari est une femme courageuse et battante. Avec elle comme présidente de la fédération, on a fait beaucoup de choses», a-t-il reconnu.
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA








