Dans un point de presse qu’ils ont tenu mercredi 12 mars 2025, à l’Hôtel Saphir, à Brazzaville, Joe Washington Ebina, président de la Fondation Charles Ebina Yomvoula, Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif du C.a.d (Centre d’actions pour le développement), André Mossamba, président de l’A.j.p.d.h (Agir pour la justice et la promotion des droits humains), Jean-Pierre Koubanza, président de la Plateforme Congo maison commune, et Gaspard Miénantima, président du C.u.d.ho.c (Cercle uni pour les droits de l’homme et le culture de paix), ont exprimé leur indignation sur la détention des adolescents et des jeunes, arrêtés dans le cadre de l’opération de la force publique, «coup de poing», pour lutter contre les groupes de bandits dits «Bébés noirs», et placés en détention dans un centre de police improvisé dans l’enceinte de la concession de la C.n.s.s, au Quartier Texaco la Tsiémé, dans le cinquième arrondissement Ouenzé, à Brazzaville. Au cours de ce point de presse, ils ont aussi déploré le manque de climatisation à l’aérogare de l’Aéroport international Maya-Maya de Brazzaville.
Ces dirigeants de la société civile, membres de la Plateforme pour la défense des droits de l’homme et de la démocratie, dénoncent des «détentions arbitraires à la C.n.s.s», à cause du dépassement des délais de détention provisoire. Ils appellent ainsi à la remise en liberté de ces détenus. «Le gouvernement avait lancé l’opération coup de poing, pour lutter contre le grand banditisme juvénile qui sévissait à Brazzaville. Les jeunes arrêtés sont stockés dans un site créé pour la circonstance à la C.n.s.s de la Tsiémé… Malheureusement, à l’issue de cette opération, il y a eu beaucoup de dérives et aujourd’hui, les détenus au commissariat de la C.n.s.s sont interdits d’être visités par leurs familles, notamment leurs mères», a dit Gaspard Miénantima, dans la déclaration rendue publique pendant le point de presse.
«Pire encore, un seul cabinet d’instruction, notamment le 4ème cabinet, fut réquisitionné pour entendre des centaines de jeunes arrêtés, comme si d’autres juges d’instruction ne peuvent pas le faire. Il y a lieu de se demander pourquoi une telle option. En suivant les déclarations de quelques parents qui sont venus nous voir, la majorité des détenus sont en dépassement du délai légal de six mois de détention provisoire. Presque tous les parents rencontrés ont déclaré avoir vu leurs enfants seulement lors de la première comparution au parquet où les détenus étaient entendus, pour être seulement placés sous mandat de dépôt et être gardés sans délai. En date du 20 septembre 2024, Monsieur le juge d’instruction avait rendu une ordonnance de mise en liberté provisoire au bénéfice de 12 enfants détenus, mais contre lequel le procureur de la République avait relevé appel le 16 juin 2024. Ce dossier est arrivé au parquet près la Cour d’appel le 31 octobre 2024 enregistré sous le n°715».
«Curieusement, jusqu’à ce jour, ce dossier reste bloqué par l’avocat général pour des raisons qui ne peuvent être qu’illégales, puisque les dispositions de l’article 181 du code de procédure pénale stipule que «le procureur général est prié de mettre en état l’affaire dans les 48 heures en matière de détention provisoire». Malheureusement, jusqu’à ce jour, ce dossier continue d’attendre les réquisitions de l’avocat général pour être transmis à la chambre d’accusation, seule habilitée pour se prononcer sur cet appel».
Dans le suivi de ce dossier, la plateforme constate «le dépassement du délai légal de détention provisoire et interpelle le gouvernement sur ce point. Si l’argent peut faire défaut, les camions de l’armée doivent être réquisitionnés, pour faire déplacer tous ces détenus», suggèrent les membres de la plateforme.
Au sujet de l’aérogare Maya-Maya, la plateforme demande que la climatisation soit réparée, pour rendre agréable l’endroit et garantir les conditions de travail à tous ceux qui utilisent cet espace: commerçants, voyageurs, parce qu’ils payent les taxes. La plateforme a déploré l’injustice qui règne maintenant, «puisqu’au salon V.i.p, là où passent les ministres, les parlementaires et les hauts fonctionnaires, la climatisation avait été rétablie, tandis que là où passent les simples citoyens, les conditions ne sont pas bonnes: les passagers sont accueillis par la chaleur, c’est invivable. Cette situation dure depuis cinq ans. Il faut que cela s’arrête», demandent les acteurs de la société civile.
Narcisse MAVOUNGOU








