A l’instar de la plupart des «villes cruelles» africaines, selon l’expression de l’écrivain camerounais Eza Boto, ayant connu la colonisation, dans la ville côtière de Pointe-Noire, les night-clubs sélects sont l’apanage du centre-ville, s’adressant d’abord à la clientèle expatriée, présumée à fort potentiel. Quant aux habitants des quartiers populaires, ils sont réduits à la portion congrue des night-clubs de second ordre, ou obligés de migrer au centre-ville. Rompre avec cette injustice, indigne de notre époque, est le défi qu’a réussi à relever «Le Café du Chef», un night-club sélect ouvert en 2022, au cœur de «Ponton-la-Belle», dans le quartier populaire du Grand Marché, dans le premier arrondissement Lumumba.

Logé au rez-de-chaussée d’un immeuble en hauteur, situé dans l’une des plus grandes artères de Pointe-Noire, l’Avenue Moe Pratt, juxtaposé au célèbre Restaurant Gaspard, le Night-club «Le Café du Chef» est un vrai écrin de bonheur, arborant un décor chic, sublimé par un système lumineux et sonore des plus modernes.
Le bâtiment de haut standing, flambant neuf, est un véritable joyau faisant la fierté des citadins de la ville océane, notamment des «Bana ya zandu», les habitants de ce quartier cosmopolite. L’enseigne, qui accomplit ses trois ans d’âge aujourd’hui, est la réplique, en mieux, d’un concept de divertissement «citoyen» faisant déjà tabac à Brazzaville, à la lisière du quartier chic, le Plateau des 15 Ans, à Moungali, le quatrième arrondissement de la capitale, sur l’Avenue des Trois Martyrs, à hauteur du Poste de l’Armée du Salut.
Très spacieuse et bien climatisée, dans un style unique en son genre, la boîte attire un public varié, en entrée libre, de jour, comme de nuit, provenant de tous les horizons de la ville, à commencer par celui du restaurant d’à côté, le célèbre Gaspard, y venant parachever leur périple, commencé, souvent plus tôt. Comme un caméléon, «Le Café du Chef» a dû s’adapter aux couleurs de son milieu, pour trouver son public.
La musique y est toujours tirée à quatre épingles, étant aux petits soins des disc-jockeys maison, qui la mitonnent, en veillant à l’équilibre des genres, afin de satisfaire tous les goûts. A cette aune, «le fief de l’ambiance», qui est le slogan de la boîte, paraît bien mérité! Larguée des sonos modernes, savamment dosées pour ne pas agresser les oreilles, la musique passe pour la botte secrète du coin. «Nous sommes en passe de gagner notre pari, celui d’offrir aux Ponténégrins, des prestations d’une Royce au prix d’une Peugeot», claironne fièrement, avec un sens aigu de la métaphore, le gérant Clément Louemba, dit Ministre, qui nous a accueillis, gentiment. Renchérissant à la cantonade, Georges Makosso, son adjoint s’exclame: au «Café du Chef, le Chef c’est le client»!
Pour animer des soirées à thème, «Le Café du Chef» invite des artistes, comme la «soirée Liputa», chaque 8 mars de l’année, en hommage à la journée internationale des droits de la femme. Et dans la foulée, au gérant de nous apprendre, qu’exceptionnellement, cette célébration est ajournée au 28 mars prochain, à Pointe-Noire comme à Brazzaville.
«Un esprit sain dans un corps sain», dit l’adage. Or, le divertissement participe sans conteste à l’épanouissement et à la santé du citoyen. Cependant, pour être bénéfique à la société, celui-ci doit être encadré par une charte de valeurs, à l’instar de celle en vigueur ici, luttant contre la dépravation des mœurs. Souhaitons vivement que le concept fasse école!

Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur culturel.

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