Rapport 2025 de la Banque mondiale
sur la situation socio-économique du Congo

Pour accroître le niveau de vie au Congo,
il faut améliorer la gouvernance

Une fois encore, c’est la gouvernance qui est indexée en République du Congo. En effet, la 12ème édition du très attendu rapport de suivi de la situation économique et financière du Congo par la Banque mondiale conclut que «pour accroître le niveau de vie au Congo, il faut améliorer la gestion du capital produit, humain et naturel». Pour la première fois depuis 2015, le revenu par habitant a connu une hausse. Mais cette embellie reste fragile: le taux de pauvreté demeure élevé et la reprise n’a pas encore créé les emplois attendus, dit le rapport. «Nous avons besoin d’une croissance inclusive portée par la majorité des enfants de la République du Congo», a insisté Kabinet Kaba, l’un des économistes rédacteur de ce rapport, qui appelle à une meilleure articulation entre croissance économique, emploi et développement humain.

Le rapport de la Banque mondiale sur le Congo a fait l’objet d’une présentation officielle et solennelle, mardi 23 septembre 2025, lors d’une cérémonie à l’Hôtel Hilton des Tours jumelles de Brazzaville, sous le patronage de Ludovic Ngatsé, ministre de l’économie, du plan et de l’intégration régionale, en sa qualité de gouverneur de la Banque mondiale pour la République du Congo, en présence de Mme Emilienne Raoul, présidente du Cese (Conseil économique, social et environnemental), Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour la Région Afrique de l’Ouest et du centre, Abdourahamane Diallo, coordonnateur résident des Nations unies au Congo, Mme Nancy Chenard, secrétaire générale de l’Unicongo (Union patronale et interprofessionnelles du Congo), représentant le secteur privé et bien d’autres invités.
Le ministre Ludovic Ngatsé, Mme Nancy Chenard, secrétaire générale de l’Unicongo et Cheick Fantamady Kanté.
Dans son allocution de circonstance, Cheick Fantamady Kanté a insisté sur la nécessité de la mise en œuvre des réformes dans la gouvernance au Congo, pour renforcer la gestion de la dette et de la trésorerie à court terme, améliorer le capital humain et la gouvernance à long terme. Le rapport innove en intégrant la notion de capital national produit, humain et naturel, afin de mieux mesurer la richesse réelle du Congo. «En conjuguant l’analyse du P.i.b et celle de la richesse nationale, il est possible de concevoir des stratégies favorisant un développement durable et inclusif», a-t-il affirmé.
Prenant la parole, le ministre Ludovic Ngatsé a rappelé la résilience de l’économie congolaise face aux chocs récents, notamment la guerre en Ukraine. Avec une croissance de 2,1% en 2023 et une amélioration des recettes fiscales, le Congo réduit peu-à-peu sa dépendance au pétrole, suivant la volonté du gouvernement de diversifier l’économie nationale. Les recettes fiscales sont passées de 806,9 milliards en 2023 à 1.075,3 milliards en 2025, soit une hausse de 268 milliards, alors que les recettes pétrolières reculaient de 1.328 à 1.247 milliards de francs Cfa. «Ces chiffres confortent notre stratégie de diversification», a-t-il déclaré, tout en reconnaissant les défis liés au secteur pétrolier: vieillissement des champs; absence d’investissements majeurs et volatilité des prix mondiaux.
Le ministre Ngatsé a détaillé plusieurs réformes en cours: développement des zones économiques spéciales et agricoles protégées; amélioration de l’accès à l’électricité (avec l’appui de la Banque mondiale via le Pasel); promotion des investissements; valorisation du capital naturel et réhabilitation des infrastructures de transport.
Une vue des participants pendant la présentation du rapport de la Banque mondiale
De son côté, Mme Nancy Chenard a insisté sur les secteurs économiques porteurs: mines; B.t.p (Bâtiments et travaux publics); télécommunications; agriculture et tourisme. «Le Congo dispose de dix millions d’hectares de terres arables dont moins de 5% exploitées. Le potentiel est immense», a-t-elle souligné. Mais, elle a aussi pointé les freins qui empêchent l’épanouissement de la vie économique nationale, surtout pour le secteur privé: climat des affaires; parafiscalité; contrôles abusifs et multiplicité des taxes. «Le secteur privé ne demande qu’à créer de la richesse, mais il faut un cadre plus favorable», a-t-elle plaidé.
Signalons que la cérémonie de présentation du rapport a donné lieu à un échange sur les enjeux majeurs qui sous-tendent le développement économique du pays. Selon le rapport de suivi de la situation économique et financière de la République du Congo, présenté par les économistes Kabinet Kaba et Chris Belmert Milindi Katindi, l’économie congolaise a poursuivi en 2024 une reprise progressive, avec un taux de croissance du P.i.b réel supérieur à celui de 2023. Le rapport souligne que si le secteur pétrolier demeure central, les secteurs non-pétroliers (agriculture, B.t.p, services), progressent lentement, freinés par des contraintes persistantes telles que l’accès à l’électricité, au financement et au carburant.
Photo de famille autour du ministre Ngatsé, Mme Raoul et Cheick Fantamady Kanté
En conclusion, le rapport recommande d’investir dans l’éducation, la santé et la gouvernance, tout en préservant les écosystèmes. Le Congo dispose d’atouts majeurs (forêts, minerais, potentiel énergétique), mais il doit mieux les valoriser, pour transformer sa croissance en emplois et en réduction de la pauvreté. Parmi les recommandations faites dans ce rapport, au gouvernement congolais, il y a la nécessité de «promouvoir la participation du secteur privé dans les infrastructures grâce à des P.p.p (Partenariats publics-privés) bien structurés, afin d’accroître les capacités de financement et de prestation» et de «donner la priorité au capital humain, en augmentant et en ciblant mieux les budgets consacrés à la santé et à l’éducation, en définissant des stratégies d’investissement à long terme, en associant le secteur privé et en canalisant efficacement les ressources vers l’enseignement et la formation techniques et professionnels et l’enseignement supérieur, en fonction des besoins du marché du travail». L’atelier s’est clôturé sur une volonté commune: renforcer la collaboration entre l’État, les partenaires au développement et le secteur privé, afin de bâtir une économie diversifiée, résiliente et inclusive.
Bref, ce rapport ne dit pas grand-chose de nouveau. Il revient pratiquement sur les mêmes recommandations, donnant le sentiment que les politiques congolais ne font pas l’effort décisif d’améliorer la gouvernance de leur pays, pour élever le niveau de vie de ses populations, toujours confrontées en grande partie à la pauvreté. Enfin, la répétition, c’est la mère des sciences, dit-on. Rapport après rapport, la Banque mondiale ne se fatiguera pas de répéter qu’il faut améliorer la gouvernance.
Céleste Exaucé SINDOUSSOULOU
Téléchargez le rapport en cliquant ci-dessous

Rapport Banque mondiale septembre 2025

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