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mer 28 février 2024 19:32:57
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Protection de l’environnement : Un documentaire sur les autochtones du Nord Congo, au cœur d’un débat sur l’écologie

À travers un documentaire intitulé, «A la vie, à la terre – Congo: les hommes et les arbres», réalisé dans le cadre de la lutte contre la déforestation et projeté le mardi 30 janvier 2024, à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville, la chaîne francophone de télévision, Tv5 Monde, emmène le public au cœur de la grande forêt du Nord Congo où elle rencontre des populations autochtones victimes de l’exploitation forestière et des changements climatiques. La projection du documentaire s’est déroulée en présence de Pierre Taty, directeur de cabinet au Ministère de l’économie forestière. Elle a été suivie d’un débat avec Suspense Averti Ifo, professeur agrégé d’écologie forestière et chercheur en écologie tropicale, Sorel Eta, chercheur ethnologue, sous la modération du journaliste Berdy Pambou, correspond de Tv5 Monde au Congo.

Des populations autochtones, dont la survie dépend des arbres, subissent les transformations de leur milieu de vie généralement occasionnées par l’exploitation forestière et les changements climatiques. C’est le cas des habitants de Longa, dans le Département de la Likouala, une communauté autochtone en voie de disparition, d’après les Nations unies.
Concernant l’exploitation forestière, le prof Suspense Averti Ifo affirme, en tant que chercheur, qu’il est du côté où il faut fermer le territoire national à cette pratique. «Nous ne connaissons pas encore totalement nos forêts en termes de biodiversité. La forêt est un grand mystère. Il y a une différence entre ce qui est dit sur le papier et ce qui est vécu sur le terrain. J’ai visité plusieurs sociétés forestières du Nord comme du Sud Congo. Lorsqu’on dit sur le papier que la loi autorise le prélèvement d’un seul pied en hectare, comment il se fait, ce prélèvement-là? Souvent, pour prélever un seul pied, on mobilise parfois plusieurs engins. On peut même ouvrir toute une piste qu’ils appellent piste de débardage et autres et ça détruit», a-t-il déclaré. Il y a, également, le timing du cycle de l’arbre qui va de 30 à 60 ans. Ainsi, un arbre exploité aura besoin de ce temps pour revenir au même point. Seulement, cela a un coût sur les peuples autochtones, notamment les habitants de Gbagbali, qui n’ont plus accès aux forêts et ne peuvent plus pratiquer certaines activités comme la chasse. Plus d’une dizaine d’aires protégées ont été créées dans l’ensemble du territoire congolais, pour garantir la préservation des forêts et des espèces animalières dont certaines sont en voie de disparition, telles que les éléphants.
À ce propos, l’ethnologue Saurel Eta, spécialiste de la communauté autochtone Aka, affirme qu’en privant à ces populations d’accéder aux forêts, on les empêche de préserver leur culture qui ne pourrait plus être transmise aux générations futures et sera emmenée à l’oubli. Pourtant, «cette culture est une richesse inestimable non seulement pour le Congo, mais aussi pour l’humanité tout entière», a-t-il confié. Il assure que les populations autochtones sont capables de contribuer au développement du Congo, avec leur savoir inestimable des arcanes de la forêt. «En les mettant dehors, nous sommes en train de nous auto-poignarder», affirme-t-il.
En réponse, Pierre Taty pense que, «dès lors que ces populations commencent à intégrer la dimension commerciale dans leur mode de vie, ce ne sont plus les mêmes et dès cet instant, ils sont rattrapés par la loi. Donc, au delà des émotions, nous devons nous dire que tous, Congolais, sommes frappés par les mêmes lois et quand il y a des écarts de comportement, la loi nous rattrape».
Tout compte fait, la forêt est un élément important de notre environnement. Avec l’évolution de la population, l’exploitation forestière, la construction des infrastructures, le développement de l’agriculture, on ne peut pas faire autrement que de la toucher. Mais, il faut le faire de la manière la plus intelligente qui soit, pour un développement durable, à travers les générations, afin de préserver la faune, la flore et les populations environnantes.

Céleste Exaucé
SINDOUSSOULOU

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