Le Pnot (Programme national d’optimisation de la trésorerie) est un programme original mis en place par le gouvernement congolais, consistant en un échange anticipé des titres publics existants, composés d’obligations du trésor assimilables et de titres du trésor assimilables, pour allonger leur maturité de trois à dix ans (2034). Critiqué au départ, ce programme a permis au Congo de se relancer sur le marché financier de la sous-région, au dernier trimestre de l’année 2024, avant qu’il ne soit abandonné début 2025. Le gouvernement gabonais s’en est inspiré et a mis en place ce qu’il a appelé l’Opération Mouélé, qui lui a permis de reprofiler sa dette intérieure et de mobiliser, fin avril dernier, 1.400 milliards de francs Cfa.
Au Congo où sévit la guerre des clans dans la gestion publique, pour le contrôle des pans entiers du fonctionnement de l’Etat, quand un programme est suggéré par un ministre, certains le soutiennent et d’autres le combattent sournoisement ou s’échinent à le mettre en œuvre. C’est le cas du Plan de résilience économique face aux risques de crise alimentaire, mis en place en mai 2022 et qui s’est achevé pratiquement dans l’oubli, sans jamais avoir été mis en œuvre intégralement. Si ce programme était appliqué, ne fut-ce que jusqu’à un certain niveau, il aurait contribué à relever le niveau de production de notre agriculture. Mais…
On peut dire de même de la coopération avec le F.m.i (Fonds monétaire international). Le Programme triennal de redressement économique, lancé en janvier 2022, après la signature de l’accord pour une Fec (Facilité élargie de crédit) d’un montant de 455 millions de dollars américains (soit un peu plus de 228 milliards de francs Cfa), n’a pas bénéficié du soutien maximum du gouvernement, à cause de l’attitude de certains acteurs qui pensent qu’on ne peut jamais développer un pays avec l’aide du F.m.i. D’où la politique volontariste de rechercher de nouveaux partenaires économiques bilatéraux.
Le dernier exemple est celui du Pnot, qui n’a jamais fait l’objet d’un examen et d’une adoption en conseil des ministres. Et pour cause, il fallait éviter de le livrer à la vindicte de la guerre des clans qui empoisonne la gestion du pays. Face au succès du Pnot, qui avait réussi à desserrer l’étau de la dette intérieure au dernier trimestre 2024, on s’est mis à dénigrer ce programme, jusqu’à l’abandonner, après le remaniement gouvernemental intervenu en janvier 2025. Mais, le gouvernement gabonais s’en était inspiré, pour lancer son opération de reprofilage de la dette intérieure, baptisée Mouélé. «L’opération a ainsi permis de dégager plus de 680 milliards de francs Cfa de gain global, dont 494 milliards de francs Cfa de marge de manœuvre budgétaire et de trésorerie, du fait du reprofilage des remboursements et 189 milliards de francs Cfa d’économies sur le coût du financement de l’opération, par rapport au coût habituel constaté sur le marché de la Cemac», souligne le communiqué publié par le gouvernement gabonais après le succès de son opération fin avril dernier. Soulagé, le Président Brice Clotaire Oligui Nguéma a décoré dans l’Ordre national du mérite gabonais, les acteurs qui ont travaillé à la réalisation de cette opération, dont un certain banquier franco-ivoirien, Ibrahim Magassa, qui avait contribué au montage du Pnot au Congo.
Jean-Clotaire DIATOU








