R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme)
La question du conflit hommes-éléphants
au cœur d’un forum à Loango
Si les textes prévoient des compensations en cas de destruction des cultures par les animaux en général et les éléphants en particulier, aucune mesure concrète ne transparaît dans la législation congolaise, lorsqu’un humain est tué par un pachyderme. Un vide juridique au détriment des humains! Le problème a été posé lors d’un forum organisé par la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme), le vendredi 18 avril 2025, à Loango, chef-lieu du Département du Kouilou, à quelque 30 kilomètres au Nord-Ouest de Pointe-Noire. Intitulée, «Forum multi-acteurs sur les initiatives climatiques et la gestion durable des forêts dans le Kouilou», cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet «Consolider la bonne gouvernance, lutter contre les illégalités».
La cérémonie d’ouverture du forum de Loango s’est déroulée sous le patronage de Bienvenu Dangui Makosso, directeur de cabinet du président du Conseil départemental du Kouilou, en présence du sous-préfet de Madingo-Kayes, Herbin Fouti, de Christian Mounzéo, coordonnateur de la R.p.d.h.
Ce forum, qui a réuni une trentaine de participants dans la salle de conférence du Conseil départemental du Kouilou a eu pour objectif principal de «promouvoir la gestion durable des forêts au niveau local en utilisant les mécanismes internationaux de gouvernance forestière et climatique, comme l’Accord de partenariat volontaire (A.p.v), l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (Cafi), le Partenariat forestier et le Programme d’accompagnement au changement (Paco)».
Mais pour y parvenir, il a fallu d’abord une contextualisation établie par les panélistes dont Fabrice Séverin Kimpoutou, attaché à la recherche au sein de la R.p.d.h qui a énuméré les principaux déficits constatés en matière de respect de la législation forestière dont la loi 33-2020 du 8 juillet 2020 portant code forestier ainsi que les mécanismes et outils internationaux dont le Congo est partie prenante.

Et parmi ces déficits, se trouve en bonne place l’absence de solution durable à l’épineux problème du conflit hommes-éléphants. En effet, d’après de nombreux rapports, les personnes dont les cultures sont détruites par ces géants mammifères ne sont jamais indemnisées, alors que le décret 06/970 du 27 septembre 1986 fixait clairement le barème d’indemnisation des cultures dévastées.
Pour le directeur départemental de l’agriculture, Guy Franklin Okanza, et Justice Mabanza, chef de service forêts, représentant la Direction départementale de l’économie forestière, les procédures d’indemnisation ont toujours été engagées sur la base des procès-verbaux établis par la mission conjointe composées de toutes les structures concernées. Et tous les dossiers sont transmis au Ministère de l’économie forestière qui les envoie à son tour Ministère en charge des finances. Quant au suivi des dossiers, la charge revient à la personne victime, ont expliqué les deux cadres. Or, si les éléphants détruisent les cultures pour répondre à leurs besoins estimés à quelque 200 kilos par individu, ils s’attaquent aussi aux humains. Et les cas de mort d’hommes sont légion. À l’instar de Victor Oubanadiéla, un chasseur du village Sialivakou (District de Nzambi), tué en 2021 par une femelle éléphant.









