En ce début de l’année 2025, il m’est loisible de nous inviter, nous tous, filles et fils du Congo, à une méditation sur l’unité, de notre peuple, sur l’Unité, le premier mot de notre devise nationale. Il y a plus de soixante ans, dans ses messages de Noël et de nouvel an, le premier Président de notre République, l’Abbé Fulbert Youlou, avait mis en exergue l’unité nationale retrouvée après les malheureux événements de 1959 au cours desquels les militants de son parti, l’U.d.d.i.a, et ceux du M.s.a, parti du Vice-Président Jacques Opangault, s’étaient entredéchirés et entretués. A ce propos, il avait déclaré: «L’unité nationale retrouvée était nécessaire pour le plus grand bonheur de tous les citoyens», car ainsi que l’affirmait Teilhard De Chardin, «l’humanité éprouve le besoin vital de se rejoindre sur elle-même, dans la mesure où elle prend conscience de son unité».

D’ailleurs, tous les Présidents qui ont succédé au Président Abbé Fulbert Youlou, en l’occurrence les Présidents Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Jacques Joachim Yhomby-Opango, Denis Sassou-Nguesso et Pascal Lissouba n’ont cessé ou ne cessent de prôner l’unité nationale. Par exemple, le Président Denis Sassou-Nguesso affirmait en 1991: «Voilà pourquoi il nous faut l’unité et la paix, pour reconstruire notre pays. Réunir toutes les conditions d’un consensus national a toujours été au centre de nos préoccupations. Nous n’avons jamais cessé de flétrir tout ce qui peut troubler la paix de nos compatriotes, tout ce qui peut nuire à l’unité nationale».
Mais en 64 ans d’indépendance, qu’est-il advenu de cette unité et de cette paix tant prônées par les uns et les autres? Moi, je réponds en mon âme et conscience que la paix est vernissée et que l’unité est fissurée, suite aux différentes guerres ou événements malheureux que nos politiciens dont l’une des règles cardinales est «diviser pour régner», ont imposées malheureusement au paisible peuple congolais qui aurait bien voulu vivre pour sa devise: «Unité-Travail-Progrès».
Ces guerres ou événements malheureux, comme ceux qui ont détruit le Département du Pool en 1998; ces événements malheureux, stupides et fratricides dont le Premier ministre Bernard Kolélas avait tiré les conséquences en affirmant: «L’une des conséquences des événements, c’est l’explosion d’une flambée tribale qui fait qu’aujourd’hui, les Congolais fuient d’autres Congolais, alors qu’ils vivaient jusque-là ensemble et que le voisin ou le collègue de travail qui, hier, était un ami, est tout-à-coup devenu un ennemi irréductible, du simple fait qu’il n’est pas du terroir».
La haine tribale a cristallisé les oppositions et porte à son paroxysme, la violence des affrontements. Aujourd’hui, le tribalisme, le népotisme, le régionalisme et le clanisme sont légion dans notre pays. En effet, beaucoup de nos compatriotes se regardent en chiens de faïence. N’est-il pas le temps de donner à chacun de nous «le pain de la paix, de la science et du progrès», dixit l’Abbé Antonio Mabiala et j’ajoute, le pain de l’unité?
Jusques à quand les uns et les autres, continuerons-nous par notre mutisme, voire notre désintéressement, à être des complices ou des coupables tacites de ce que l’on appelle «crimes de sang»? La paix et l’unité doivent, coûte-que-coûte, être retrouvées et reconstruites; elles sont on ne peut plus nécessaires, pour le plus grand bonheur de nous tous, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, de Bétou à Boko, et d’Impfondo à Pointe-Noire.
Il est inéluctable que notre société congolaise est faite de masses, dixit le Président Marien Ngouabi. Or, les masses qui font l’histoire ont besoin d’élites pour les conduire et pour les défendre. Je souhaiterais que nos ministres, nos députés et nos sénateurs en soient très conscients. En tout cas, il est plus que nécessaire que les élites se pénètrent de leur rôle qui est, à mon humble avis, déterminant pour l’harmonie, la paix et l’unité nationale. Il nous faut donc la paix, la véritable paix non vernissée au Congo, la véritable «paix des cœurs et des esprits», dixit le Président Denis Sassou-Nguesso. C’est pour chacun de nous, un grand devoir d’œuvrer pour cette paix, afin d’avoir un Congo radieux et uni où se développeraient en chacun de nous, la maîtrise de soi-même, la capacité d’effort, l’esprit de dialogue, de tolérance, de paix, de pardon, d’unité et de liberté.
Car, il nous faut, au Congo, des hommes civils harmonieux qui auront ente autres, des missions claires et précises comme celles de promouvoir le dialogue, l’unité, la concorde et la paix, d’organiser la Nation, de perfectionner son économie, son développement et d’installer in fine dans la société, un cadre plus juste et plus humain.
En tout cas, le Congo sera ou ne sera pas; nos plans et nos réformes seront vains, si, quelle que soit notre idéologie politique ou religieuse, quel que soit notre parti politique, nous ne rassemblons pas nos énergies, nous ne conjuguons pas ensemble nos efforts quotidiens, et nous ne cherchons pas à nous situer aux dimensions de notre tâche commune.
Que chaque Congolais, en s’efforçant de développer ses capacités personnelles, se sente comme un pionnier responsable de l’avenir de la Nation congolaise et tende à la rendre meilleure, tout en s’améliorant chaque jour, lui-même. Alors, l’effort de soi sur soi entraînera à lutter contre cette gangrène qui désintègre peu-à-peu le noyau social, installe la paralysie qui contrecarre le développement harmonieux dans la paix, de notre pays. Notre avenir et celui de la Nation congolaise sont intimement liés et complémentaires. Il nous faut donc construire. Car construire ne se limite pas seulement à la distribution des cadeaux ou à l’érection des infrastructures. Construire, à mon humble avis, c’est dynamiser les couches sociales, non pas pour diviser, afin de régner, mais pour les renforcer, afin qu’elles contribuent à l’édifice national. Construire, c’est protéger le peuple entier et non le détruire par la violation sur des populations innocentes.
Ainsi, notre contribution à l’œuvre commune, plusieurs fois multiple, peut être efficace. Entre la satisfaction de nos désirs, de nos appétits, de nos égoïsmes et de nos caprices entraînant le chaos et la ruine d’une part et le dur travail, les sacrifices pour la construction nationale, d’autre part, nous avons à choisir. A ce propos, j’affirme avec le Premier ministre André Milongo que «la conception du pouvoir n’est pas celle du pouvoir pour le pouvoir, pour s’ouvrir les vannes de l’enrichissement, par la rapine de l’Etat, mais celle de servir le peuple qui nous aura accordé son suffrage». Qui plus est, «l’avenir n’appartient qu’à ceux qui risquent tout pour un idéal. Et la sagesse n’est pas de vivre pour ne rien faire, pour s’amuser stupidement, mais c’est de vivre héroïquement», dixit Carrel.
Enfin, je conclurai avec le Président Abbé Fulbert Youlou que «celui qui remplit cette condition est sûr d’accomplir sa destinée, de contribuer à l’œuvre commune de l’évolution nationale, de hâter parmi nous, le règne de la vérité qui seule engendre le vrai bonheur. N’attendons pas de ressentir le vertige de l’abîme, mais écoutons, dès à présent, cette voix qui nous encourage à nos tâches nouvelles. Il est donc de toute urgence nécessaire de nous redresser pendant qu’il est encore temps. Il est de toute urgence nécessaire d’agir et de ne se comporter qu’en fonction du plus grand national».
Donnons donc la priorité au Congo et à l’unité du peuple congolais dans la paix. Vivons toujours pour notre devise: «Unité-Travail-Progrès».

Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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