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Réforme du secteur de l’électricité: «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage». A propos des accords de concession des barrages hydro-électriques

Commentaire

Réforme du secteur de l’électricité: «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage»

Au moment où le Congo doit passer à la phase concrète de l’application des contrats de concession des centrales hydroélectriques du Djoué, de Moukoukoulou et d’imboulou, par la publication des décrets d’approbation de ces contrats, est engagé une offensive médiatique dans les réseaux sociaux, pour discréditer le travail réalisé jusqu’ici, dans le cadre de la réforme du secteur de l’électricité, décidée par le Président de la République, afin de sortir le pays des difficultés qui empêchent d’instaurer un bon service public d’électricité en faveur des populations. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage», dit l’adage. Les opposants aux accords de concession trouvent des prétextes de dernier moment pour vouloir les faire échouer.

Lorsqu’il s’est agi de donner en concession l’exploitation des barrages hydroélectriques, une commission regroupant deux représentants de toutes les structures et administrations concernées a été mise en place, pour travailler sur les accords de concession. La Présidence de la République y est représentée. Les accords de concession n’ont jamais été une histoire du seul Ministère de l’énergie et de l’hydraulique, même si celui-ci a eu à les parrainer. Le choix des concessionnaires a été fait avec l’éclairage de la commission.
Aujourd’hui, au moment où la Présidence de la République s’apprête à publier les décrets d’approbation des contrats de concession, on avance que ces accords comportent des faiblesses et des manquements imputables au Ministère de l’énergie et de l’hydraulique. Mais, pourquoi ces questions n’avaient-elles pas été épinglées durant le processus de négociation, par la commission mise en place? Quels sont les critères que le Congo a mis en avant pour sélectionner les concessionnaires? Peut-on exiger aujourd’hui ce qui ne faisait pas partie des critères exigés? D’autres questions ne vont-elles pas trouver de réponse, une fois que les concessionnaires commenceront à travailler? Remettre en cause les accords de concession n’équivaudrait-il pas aujourd’hui à un mauvais climat des affaires au Congo?
Autant de questions que les investisseurs peuvent se poser, si le Congo fait volte-face, à cette étape, pour des raisons qui lui sont propres, dans le processus des accords de concession signés. Notre pays sera alors accusé de brigandage, de manque de sérieux dans les affaires. Et finalement, cette réforme du secteur de l’électricité, ne serait-elle qu’une nébuleuse, un serpent de mer? Espérons que non! On ne devrait pas laisser aux détracteurs des contrats de concession, la possibilité de ruiner l’image du pays dans le domaine des affaires. Il faut aller de l’avant.
La politique de réforme du secteur de l’électricité lancée par le Président Denis Sassou-Nguesso date d’il y a vingt ans. L’acte 1 en est la loi n°14-2003 du 10 avril 2003 portant code de l’électricité, qui ouvre le service public de l’électricité à la concurrence, l’Etat veillant sur le respect des normes établies. Sept ans après, va enfin être publié le décret n°2010-822 du 31 décembre 2010 portant approbation de la stratégie de développement des secteurs de l’énergie électrique, de l’eau et assainissement.
Il aura fallu attendre encore dix ans pour que le code de l’électricité connaisse, enfin, une mise en application, en ce qui concerne la concession en matière de production d’électricité. Comme quoi, la réforme du secteur de l’électricité avance à pas de caméléon. En fait, il y a des esprits qui, profitant de l’ancienne politique, continuent de retarder, par tous les moyens, la réforme du secteur de l’électricité, au gré de leurs intérêts.
On se souvient que dans le cadre de la réforme du secteur de l’énergie, le gouvernement a fait dissoudre, en mai 2018, par le parlement, les deux sociétés qui avaient le monopole de la distribution de l’eau et de l’électricité, à savoir la S.n.d.e (Société nationale de distribution d’eau) et la S.n.e (Société nationale d’électricité).
A la place, on a créé deux sociétés anonymes avec conseil d’administration, à savoir L.c.d.e (La congolaise de distribution d’eau) et E2c (Energie électrique du Congo), «pour la gestion du patrimoine public de l’électricité», pour ce qui est de E2c, devenue une société anonyme unipersonnelle avec conseil d’administration, régie par les dispositions du droit Ohada, et dont le capital a été augmenté en mars 2021 à 110 milliards de francs Cfa. Le gouvernement n’ayant plus de tutelle sur cette société. En principe, son directeur général est nommé par décision du conseil d’administration. Faut-il comprendre dans ces conditions, son attitude à ne pas participer aux activités organisées par le Ministère de l’énergie et de l’hydraulique? Décidément, la réforme du secteur de l’électricité risque de ne pas porter chance aux Congolais.
Jean-Clotaire DIATOU

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