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République du Niger : Les putschistes sommés de rétablir l’ordre constitutionnel et de regagner les casernes

Tout est allé vite au Niger où un groupe de militaires de la garde présidentielle ont renversé, mercredi 26 juillet 2023, dans la soirée, le régime du Président élu Mohamed Bazoum. C’est le colonel-major, Amadou Abdraman, de la Garde présidentielle, qui a fait l’annonce de la prise du pouvoir, entouré de quelques officiers. Puis vendredi 28 juillet, dans une adresse au peuple nigérien, le général de brigade Tchiani Abdourahamane, formé en France, au Maroc et aux Etats-Unis, s’est présenté à la tête du C.n.s.p (Comité national pour la sauvegarde de la patrie), comme l’homme fort dirigeant désormais le Niger.

Quelques Chefs d’Etat de la Cedeao avec le Président en exercice, le Nigérian Bola Tinubu.
Quelques Chefs d’Etat de la Cedeao avec le Président en exercice, le Nigérian Bola Tinubu.

Pays d’Afrique de l’Ouest ayant une population de 27,8 millions d’habitants, la République du Niger est replongée dans l’instabilité des coups d’Etat. Depuis son accession à l’indépendance, le 3 août 1960, le pays a connu quatre putschs réussis. Le premier s’est produit en avril 1974, perpétré par le lieutenant-colonel Seyni Kountché, contre le Président Diori Hamani, au pouvoir depuis l’indépendance du pays. Il y a eu ensuite trois autres coups d’Etat.
Pour ne prendre que la période récente, rappelons que le Président Mamadou Tandja, élu en novembre 1999 et réélu en décembre 2004, devait terminer son second et dernier mandat de cinq ans, en décembre 2009. A la place, alors que le pays est en crise avec une rébellion touareg au Nord, il change la Constitution par référendum et prolonge son second mandat de trois ans, donc jusqu’en 2012, sur fond de crise politique.
Mais, le 18 février 2010, il est renversé par une junte militaire baptisée «Conseil suprême pour la restauration de la démocratie», dirigée par le chef d’escadron Salou Djibo, qui organise l’élection présidentielle du 31 janvier 2011.
Celle-ci est remportée, au second tour, le 12 mars, par Mahamadou Issoufou. Après deux mandats, celui-ci cède le témoin de la Présidence de la République à un de ses proches, Mohamed Bazoum, le premier d’une tribu arabe très minoritaire dans le Nord du Niger, à accéder à la tête de l’Etat. Il est malheureusement renversé par un coup d’Etat militaire, le 26 juillet 2023, dirigé par le général de brigade Tchiani Abdourahamane, à la tête du C.n.s.p (Comité national pour la sauvegarde de la patrie). Les putschistes justifient la prise du pouvoir par l’incapacité du régime du Président Mohamed Bazoum à faire face à la situation sécuritaire du pays. «Il y a, cependant, la dure réalité de l’insécurité au Niger, telle qu’elle est vécue par nos Forces de défense et de sécurité et nos laborieuses populations, avec son lot de morts, de déplacés, d’humiliation et de frustration», a déclaré le général Tchiani, dans son adresse au peuple nigérien, le vendredi 28 juillet. Pour lui, «l’approche sécuritaire actuelle n’a pas permis de sécuriser notre pays en dépit des lourds sacrifices consentis par les Nigériens et le soutien appréciable et apprécié de nos partenaires extérieurs». D’où la prise du pouvoir par les militaires, pour redresser la situation.
Mais, cette fois, la C.e.d.e.a.o (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) n’entend pas avaler la pilule. Car, le risque est désormais grand de voir la démocratie reculer dans cette sous-région, après les cas du Mali, de la Guinée-Conakry et du Burkina Faso. A l’issue d’un sommet extraordinaire, dimanche 30 juillet, à Abuja, au Nigéria, sous la direction du nouveau Président nigérian, Bola Tinubu, les Chefs d’Etat de la Cedeao ont donné une semaine aux militaires nigériens qui ont pris le pouvoir à Niamey, pour réinstaller, dans ses fonctions, le Président Mohamed Bazoum, toujours maintenu en résidence surveillée, dans le Palais présidentiel. Et pour ne pas parler en l’air, des sanctions ont été prises contre le pouvoir putschiste nigérien, pour l’obliger à rétablir l’ordre constitutionnel. Pour ces sanctions, il s’agit par exemple de «la fermeture des frontières aériennes et terrestres entre le Niger et les pays de l’U.e.m.o.a (Union économique et monétaire ouest-africain), «l’interdiction de survol de l’espace à tout aéronef en provenance ou à destination du Niger», «la suspension de toutes les transactions commerciales et financières entre les pays de l’U.e.m.o.a et le Niger y compris celles portants sur les produits pétroliers, l’électricité, les biens et services», «le gel des avoirs financiers et monétaires de l’Etat du Niger à la B.c.e.a.o et dans les banques commerciales des pays de l’U.e.m.o.a, etc».
Mais la junte a rejeté toutes ces mesures. Il est soutenu par le Mali, le Burkina Faso et la Guinée-Conakry. Les Chefs d’Etat de la sous-région n’écartent pas l’idée d’une intervention militaire, en cas d’entêtement des putschistes. L’heure est cependant au dialogue. Une délégation de la Cedeao est à Niamey pour négocier avec les putschistes.

Jean-Clotaire DIATOU

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