Révision des listes électorales
L’opération engagée par le gouvernement
est contestée par certains partis
Dans un arrêté publié le 8 août 2025, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, a annoncé que la révision des listes électorales se déroule durant les mois de septembre et octobre, en préparation de l’élection présidentielle de mars 2026. «Il est procédé, du 1er septembre au 30 octobre 2025, sur toute l’étendue du territoire national, à la révision des listes électorales, en vue de l’élection présidentielle, scrutins des 17 et 22 mars 2026», a-t-il dit dans l’arrêté ministériel. Dans un deuxième arrêté, il a nommé les membres des bureaux des Commissions administratives de révision des listes électorales, dans les districts et arrondissements du pays. Mais, au niveau de la classe politique, des voix se font entendre qui contestent l’organisation de l’opération de révision des listes électorales, telle qu’engagée par le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation.
Selon la décision ministérielle, l’opération de révision des listes électorales se déroule du lundi 1er septembre au jeudi 30 octobre 2025, dans les districts et arrondissements du Congo. Le ministre Raymond Zéphirin Mboulou a prescrit en même temps une mission de formation des membres des Commissions administratives de révision des listes électorales. Cette formation va durer sept jours. Voilà les trois décisions prises par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, relatives à l’organisation de l’opération de révision des listes électorales.

Les Congolais en âge de voter doivent donc se mobiliser pour vérifier leurs noms sur les listes électorales ou se faire enregistrer. Les partis politiques, qui concourent à l’expression du suffrage universel, sont appelés à y participer en appelant leurs militants et sympathisants à se faire enregistrer, comme certains de la majorité présidentielle le font déjà. C’est une opération administrative dont les détails ne sont pas donnés. Puisqu’il s’agit d’une révision administrative et non d’un recensement ni d’un enrôlement, on suppose qu’il y aura affichage des listes électorales dans les mairies d’arrondissement et les chefs-lieux de districts et les Congolais en âge de voter, c’est-à-dire ayant 18 ans en mars 2026 et plus, vérifieront leurs noms sur les listes électorales et s’ils ne les voient pas, ils se feront enregistrer et les listes définitives où leurs noms se trouvent seront affichées. Des cartes d’électeurs seront ensuite imprimées et distribuées aux électeurs avant le scrutin.
Mais, le déclenchement de l’opération de révision des listes électorales par le Ministère de l’intérieur et de la décentralisation a été accueilli avec beaucoup de réserve au niveau des partis de l’opposition dont certains se sont déjà exprimés. Ils relèvent le fait accompli du gouvernement qui n’explique pas pourquoi, au prochain scrutin, la biométrie n’est pas prise en compte, alors qu’il fait l’objet, depuis la tenue de la Concertation politique de Dolisie en 2013, d’un consensus entre le gouvernement et la classe politique. Ils s’interrogent sur la nature du fichier électoral sur lequel le gouvernement fait baser la révision des listes électorales: de quand date ce fichier électoral? Le Pape (Parti du peuple) dénonce le fait que «le pouvoir veut, une fois de plus, voler notre avenir, en lançant une révision de listes électorales bâclée, sans biométrie, sans garanties, sans dialogue national. Ce stratagème n’est rien d’autre qu’une manœuvre pour préparer un nouveau mandat illégitime et prolonger nos souffrances», déclare ce parti.









