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S.o.s. pour la reconstruction et le relèvement du Département du Pool

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Dieudonné Antoine-Gangha, l’homme par qui le Congo a obtenu l’organisation du Fespam, auprès de l’Union africaine.

Le Département du Pool dont l’on attend, en vain, un «Plan Marshall» pour sa reconstruction, n’arrive toujours pas à se relever des événements malheureux et tragiques dont il a été le théâtre, entre 1997 et 2017. Deux décennies marquées par des conflits armés. Le dernier s’est terminé par l’accord de paix de Kinkala, signé le 23 décembre 2017, par le gouvernement et le Mouvement du pasteur Ntumi. Après ces conflits armés, le Pool n’est plus cette locomotive du Congo dont parlait le Président Pascal Lissouba. Tout y est à refaire. A ce propos, je me permets de faire suivre aux Congolais en général et aux fils et filles du Pool en particulier, in extenso, cette lettre qu’un fils du Pool, Mbuta Morel Ntalani, leur a adressée.

Je vous adresse ce message avec une profonde tristesse et une grande préoccupation pour notre cher Pool qui, après de nombreuses années de conflits à répétition, présente, aujourd’hui, un visage triste et sombre. Les villages abandonnés par manque d’activité, les maisons envahies par les herbes, et l’oisiveté qui ronge le quotidien de nos jeunes, les poussant à se réfugier dans l’alcool et d’autres substances illicites, sont des réalités que nous ne pouvons plus ignorer.
De plus en plus, nos compatriotes préfèrent migrer en ville, laissant derrière eux un Pool déserté et dévasté. Face à cette situation alarmante, nous lançons un appel vibrant à notre diaspora, censée être un repère important et un catalyseur pour le développement économique de notre département.
Nous attendons de toutes les énergies positives du Pool, un sursaut patriotique pour sauver notre région. Investissons ensemble pour aider notre département à sortir de ce cauchemar. J’ai récemment traversé le Pool et le tableau que j’y ai vu fait grincer les dents. Mobilisons-nous, unissons nos forces et ressources, pour redonner vie à notre terre natale. Ne laissons pas notre Pool sombrer davantage dans l’oubli et la désolation. Pour le Pool, pour notre avenir, engageons-nous dès maintenant».

Quel fils ou quelle fille du Pool obvierait à un tel message?

De mon côté, j’ai profité du long week-end de la Pentecôte, pour me rendre dans le Pool où j’ai vu le même sombre et triste tableau. Par exemple, la route Nganga-Lingolo/Linzolo, jadis bitumée, est redevenue une route en terre, avec des crevasses, de grands trous, des ornières et d’amas de sable où ne peuvent circuler à la rigueur que quelques véhicules 4×4. Aller aux chutes de la Lufulakari et à Voka via Kimpanzu est plus qu’un parcours du combattant. La route Kinkala-Boko, dont le bitume commence à partir dans beaucoup d’endroits, est envahie par de hautes herbes qui la rétrécissent. Comme l’on disait jadis au temps de la colonisation, l’on n’y rencontre plus de cantonniers dont «l’on ne voyait jamais la sueur», parce que levant la tête au passage de tout véhicule. Quant à la route Kinkala-Ngambari-Mindouli, elle est carrément abandonnée. Pourtant, sa reconstruction a été évoquée l’année dernière en conseil des ministres. Mais, on ne voit rien venir. Quant à la route Mindouli-Kindamba et à la bretelle Kinkala-Matoumbou, on ne sait pas si on y pensera un jour, pour les construire.
D’autre part, comment explique-t-on l’abandon de la Commission ad’hoc mixte paritaire qui, depuis 2018, travaillait au retour de la sécurité dans le Pool, afin de favoriser la libre circulation des personnes et des biens et réimplanter les services publics dans tous les districts du département ? Or, aujourd’hui, la présence permanente des checks points militaires ne rassurent pas les populations traumatisées par les violences subies dont des viols à l’encontre des jeunes filles et des femmes en 1997 et 1998?
Comme je l’avais écrit, il y a quelques années, pourquoi le Pool hier scolarisé à 100%, regorgeant ipso facto de cadres compétents, dévoués et patriotes, est-il devenu le département où l’on compte aujourd’hui une génération d’illettrés, d’analphabètes, de jeunes sans pièces d’Etat-civil, de jeunes non diplômés qui, pour survivre, s’adonnent à des métiers sans lendemain, comme la fabrication de charbon qu’ils acquièrent en brûlant des gaulettes, de jeunes pousses, des branches des arbres qu’ils auront auparavant abattus dans les forêts et les savanes ? Ce qui cause un préjudice énorme à l’environnement voire à la biodiversité.
Pourquoi le Pool dont certains de ses enfants à l’instar de Boueta-Mbongo, Mabiala-Ma-Nganga, Ma Ngunga, André Matsoua Grenard ont soit versé du sang dans leur lutte contre le colonisateur, ont soit lutté pour promouvoir le respect et la dignité de l’homme noir, soit poussé délibérément aux oubliettes?
En s’efforçant d’esquisser une réponse à ces interrogations, tout observateur de la politique congolaise pourrait s’instruire sur les causes qui minent la société congolaise. Des gens et des événements sont, certes, présents au cœur des drames. Mais, peut-être serait-il judicieux d’insinuer que leurs esprits ne manqueront pas de buter sur un invisible pernicieux qui fait prévaloir la loi du mal et son accomplissement dans la destruction, au détriment du rêve humain et social, manifeste dans les actions et entreprises diverses de la population du Pool toujours.
Ainsi, en dépit du règne temporaire et de la négativité auquel est soumis le Pool, il est un aspect indéniable qui détermine le passé et l’avenir de sa population, et qui assurera le triomphe de l’esprit de tout un peuple, au-delà du Pool: c’est bien l’action qui, soutenue par des valeurs sociales et culturelles, fait son identité autant qu’elle a contribué à créer son cadre physique et son évolution historique.
En réalité, cette violence n’expose pas seulement un état d’esprit vis-à-vis de ce département, mais elle indique aussi fondamentalement le rejet de la démocratie. Il est donc souhaitable et nécessaire que les forces du bien reconquièrent les valeurs qui garantissent l’épanouissement humain et reconstruisent le Congo sur la base des principes démocratiques, pour éradiquer à jamais les dispositions par lesquelles quelques acteurs politiques et quelques politiciens véreux congolais de tout acabit ont souvent visé à étouffer la joie de vivre de tout un peuple. C’est pourquoi il sied d’inviter toutes les forces vives de la Nation, surtout les leaders politiques tant de l’opposition que de la majorité présidentielle, à contribuer au maintien et au renforcement de la paix qui est plus qu’une exigence, en produisant et en fortifiant des mécanismes qui empêcheront, entre autres, la prolifération des armes au sein de la société congolaise, ainsi que l’usage des armes comme moyen de détruire les populations et les biens.
Il est donc temps de travailler patiemment, chacun à son modeste niveau, à l’éclosion d’une élite au sens politique, intellectuel et spirituel du terme. Sans elle, point d’émancipation. Il nous incombe aussi, à nous fils et filles du Pool, citoyens congolais à part entière et non de seconde zone, au pouvoir ou hors du pouvoir, autorités religieuses, sénateurs, députés, ministres, fonctionnaires, opérateurs économiques, cadres, ouvriers, paysans, retraités, sans-emplois, étudiants, jeunes et vieux, de taire nos égoïsmes et nos divergences politiques. Comme il nous incombe aussi, le devoir de tout mettre en œuvre, afin de faire renaître dans l’unité, la fraternité et la paix, notre très cher département, de ses cendres, tel un phénix.

Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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