L’une des conclusions de la sixième et dernière revue du programme économique et financier du Congo, par l’équipe du F.m.i (Fonds monétaire international) met l’accent sur «le renforcement de la mise en œuvre des réformes, afin d’améliorer la gestion des finances publiques et de la dette». Le F.m.i pense que «la diversification économique, indispensable pour le pays et qui repose sur l’investissement privé, dépendra de la mise en œuvre efficace et soutenue de réformes structurelles et de gouvernance».
Mais, les réformes ne sont pas qu’attendues dans le secteur financier, plutôt dans tous les secteurs. Or, réformer n’est toujours pas une action facile à mettre en œuvre. Nous l’avons déjà relevé dans notre précédente édition. Nous y revenons, une fois de plus, parce que c’est un aspect important, sur lequel le pays bute, car sans réformes, il n’y a point d’avenir.
Conduire les réformes est une tâche redoutable pour les gouvernants. Quand bien même c’est pour le bien des populations, encore faut-il réussir à les en convaincre. On vient de le voir dans le secteur de l’électricité où tout est remis en cause. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gouvernement se retrouve désarçonné par la résistance opposée par les partenaires sociaux, notamment les syndicats, aux réformes du secteur de l’électricité. Conséquence, non seulement le statu quo persiste, mais encore celui-ci est menacé de dégradation. Ce sont les populations qui vont continuer à en pâtir. On ne peut pas vouloir d’une chose et son contraire à la fois. On veut de l’électricité, mais on refuse de changer les pratiques qui concourent à la mauvaise gestion de l’électricité. Le coût socio-économique des défaillances du service de l’électricité risque un jour d’atteindre un niveau insupportable de nature à avoir un grand impact au plan politique. Le gouvernement donne l’impression d’avoir du mal à reprendre la main sur ce dossier, en raison de l’intransigeance des syndicats, alors que le pays n’a pas d’autre choix que de réformer ce secteur, pour améliorer le service.
De manière générale, l’inefficacité de la mise en œuvre des réformes se manifestent par la détérioration de la qualité des services produits, le recul de l’efficience, la baisse du niveau de production, etc. Les services courants de base, indispensables à la vie collective et même à la dignité humaine s’en trouvent parfois compromis: l’approvisionnement en eau et l’assainissement; le ramassage des déchets; la protection sociale; les transports et les télécommunications; l’énergie; la santé; l’école; la sécurité publique; l’assistance d’urgence, etc. Quand les services courants de base ne sont pas garantis de manière régulière, c’est la qualité de vie qui s’en trouve affectée. Comment va-t-on parler de développement, si le service d’électricité et l’accès à l’eau potable courante demeurent aléatoires, c’est-à-dire soumis au hasard des circonstances? Au gouvernement de trouver moyen d’accélérer les réformes, pour permettre au pays de progresser.
L’HORIZON AFRICAIN



