L’enquête de l’I.g.p (Inspection générale de police) sur les agents de police cités dans des cas de braquages, de vols à mains armées, d’abus d’autorité, etc, a abouti au déferrement, vendredi 9 septembre 2022, du capitaine de police Romuald Manounou, ancien commandant du G.r.b (Groupe de répression du banditisme), connu sous son sobriquet de Morgane. Un juge d’instruction l’a inculpé «d’association de malfaiteurs, abus de fonction, arrestations arbitraires et extorsion de fonds» et l’a écroué à la Maison d’arrêt.

Depuis l’affaire de Mère Alice, une femme d’affaires détenteur d’un restaurant luxueux au centre-ville de Brazzaville, victime d’un braquage sanglant à son domicile, le 9 août dernier, deux enquêtes de police ont été menées. La première, lancée sur décision du commandement des forces de police, portait uniquement sur ce braquage. Elle avait abouti rapidement à l’interpellation de sept personnes au total. Quatre autres personnes recherchées, dont le présumé cerveau penseur de ce braquage, Belvie Engambé Mbongo alias Avy, étant en fuite.
Parmi les sept présumés auteurs et complices de ce braquage, aujourd’hui écroués à la Maison d’arrêt, il y a deux sous-officiers de police: l’adjudant-chef de police Alain Kanga, alias Alino, ancien chef du Poste de police appelé Contre-rail, à Poto-Poto, et l’adjudant de police Séverin Brice Eyaba, alias Patou Casis. Comme on peut le voir, des policiers se mettent en association de malfaiteurs avec des civils, pour opérer des braquages. L’éthique policière est simplement bafouée. Et penser que ces ces officiers et sous-officiers, présumés criminels, sont nommés à des postes de responsabilité dans la police, c’est l’intégrité morale de toute une corporation qui est menacée.
Dans l’opinion, le nom de Morgane était abondamment cité comme étant impliqué dans l’affaire de Mère Alice. D’où les démentis de la police. «Le capitaine Manounou Romuald alias Morgane et le brigadier-chef Goliélet Herman Stève alias Choupet ont été entendus régulièrement sur procès-verbal et il est établi qu’ils ne sont nullement impliqués dans l’enquête en cours», soulignait le communiqué du commandement des forces de police, publié jeudi 1er septembre, lors de la présentation des sept présumés auteurs de ce braquage.
Mais, l’officier était mal barré, étant cité comme complice dans d’autres affaires similaires et pour ses méthodes brutales dans l’exercice de son métier. Malgré le fait qu’il était suspendu de ses fonctions de commandant du G.r.b, le 25 août, l’opinion n’était pas apaisée sur son cas. D’où le communiqué du Ministère de la sécurité et de l’ordre publics, publié le 27 août, promettant que les «agents de la force publique, présumés auteurs et/ou complices des faits décriés, subiront les sanctions prévues par la loi au cas où leur culpabilité serait établie».
C’est ainsi que sur décision du ministre de la sécurité et de l’ordre publics, une autre enquête sera ouverte et menée par l’I.g.p (Inspection générale de police). C’est dans le cadre de cette enquête que le capitaine de police Romuald Manounou sera entendu et placé en garde-à-vue, mardi 6 septembre, dans les locaux de la C.i.d (Centrale d’intelligence et de documentation), pour la simple raison que l’I.g.p ne dispose pas de conditions sécurisées de garde-à-vue.
Vendredi 9 septembre, le capitane de police a été finalement déféré au Tribunal de grande instance de Brazzaville où un juge d’instruction l’a inculpé «d’association de malfaiteurs, abus de fonction, arrestations arbitraires et extorsion de fonds» et l’a écroué à la Maison d’arrêt. Bref, nommé à la tête d’une unité de police pour réprimer le grand banditisme, Morgane s’était lui-même mué en «grand bandit à col blanc». Plusieurs plaintes de citoyens se considérant comme victimes de ses méthodes brutales auraient été déposées contre lui.

Jean-Clotaire DIATOU

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