Témoignage
Les origines de Bernard Bakana Kolélas
Ces derniers jours , nous avions noté, qu’une désinformation, tambour battant, sur les origines de Bernard Bakana Kolélas, se développe sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que des précisions s’imposaient de notre part, pour éviter le sabordement de la vérité historique. Nous n’avions rien contre l’ethnie téké d’où Bernard Bakana Kolélas tirerait ses origines, d’après ces compatriotes mal informés. Le téké est une belle ethnie dotée d’une richesse culturelle immense qui n’est plus à démontrer. La tradition culturelle téké nous apprenait que les Kongo et les Tékés auraient un même ancêtre, ceci s’explicitait, en langue téké, par les quatre concepts suivants: «Muté ngunu; Muko ngunu». En dépit de cela, il était indispensable de situer la descendance de Bernard Bakana-Kolélas, qui est sundi-lari.
Dans un passé récent, des inepties mal intentionnées avaient été dites sur les origines de la mère biologique de Parfait Kolélas. Alors que la biographie du leader charismatique de l’U.d.h-Yuki, très explicite à ce sujet , était bien disponible. Cette dernière désignait bien Jacqueline Kolélas née Mounzénzé comme étant la génitrice. Cette dernière, née de Moukongo-Milongo et de Céline Banzouzi, avait ses origines enfouies à Mpika-Mbana, un village localisé dans le District de Goma Tsé-Tsé. Mme Jacqueline Kolélas était née et élevée dans la pure tradition lari d’où elle tirait ses origines.

Quelles sont les origines de Bernard Bakana Kolélas? Comment explique-t-on les traces de sa présence à Étoumbi, dans le Département de la Cuvette-Ouest? Pourquoi et quand la famille de Bernard Bakana Kolélas s’était installée au village Nsouélé?
Nous allons répondre à ces trois questions, en nous référant au livre que nous avions publié le 7 octobre 2022, à Paris (France) aux Éditions Les 3 colonnes. Ce livre titré «Bernard Bakana Kolélas ou le rendez-vous d’un homme avec son destin» est une mine de renseignements sur la vie de Bernard Bakana Kolélas, né à l’aube, dans la première lueur du 12 juin 1933, à Mboloki, un village qui est situé à quelques kilomètres du bourg de l’ancien chef de terre Mbondzi, dans le District de Kinkala, dans l’actuel Département du Pool.
Son père, Nkouka ma Koutou, un chef de village et couturier réputé dans la contrée de Mboté, habitait le village Bila, dans le District de Kinkala, non loin de la Gare Mayongongo, sur le C.f.c.o (Chemin de fer Congo-Océan). Nkouka ma Koutou était du clan Ntsembo, et fils de Ngavouka ma Koutou, un chef coutumier renommé pour ses prodiges. Un des frères de celui-ci, Samba Ndongo, fut le chef de canton sundi et joua un grand rôle dans le mouvement matsouaniste de revendications des droits de l’homme dont il fut l’un des chefs de file.
La mère de Bernard Bakana Kolélas, Loumpangou Lua Bizenga, était du clan Ndamba. Elle avait deux frères, Ngoma-Bizenga et Kihoumounou-Bizenga. Le dernier-cité a laissé son nom à une place admirable et mémorable dans la contrée de Madzia, qu’on appelle Kihoumounou. L’oncle maternel de Bernard Bakana Kolélas y vécut et y installa une grande menuiserie. L’union entre son père et sa mère ne fit pas long feu. Sa mère se remaria et Bernard Bakana Kolélas fut élevé par son père nourricier, Binana Bia Mbouala, grand tisserand qui va l’entourer de beaucoup d’affection. Le père Binana vivait dans le bourg du chef Boudzoumou (Mounvouka-Boudzoumou) entre les rivières Ngounounkoutou et Ngabantari, pas très loin de Mboloki, dans la contrée de Kibouendé.

Qu’est-ce qui explique la présence de Bernard Bakana-Kolélas à Étoumbi, dans l’actuel Département de la Cuvette-Ouest?
Après avoir purgé quatre années à la prison de Ouesso (Département de la Sangha), Bernard Bakana Kolélas est libéré en novembre 1973, à la suite d’une amnistie, mais il ne rejoint pas son domicile de Brazzaville. Il sera placé en résidence surveillée à Étoumbi. Ce n’est qu’en août 1975 qu’il sera autorisé à rejoindre Brazzaville où il retrouve son domicile de Bacongo.
Comment expliquer la présence de la famille de Bernard Bakana Kolélas au village Nsouélé?
C’est en 1934 que la famille de Bernard Bakana Kolélas ira s’installer à Nsouélé. Cette dernière avait quitté le District de Kinkala, sous la persécution, pour une zone où elle se croyait être à l’abri. Malheureusement, elle dut sortir de son illusion. En effet, son oncle Ngoma-Bizenga et son frère André Kibongui furent jetés à la prison de Brazzaville où ce dernier fut un proche d’André Grenard Matsoua. C’est la période où l’affaire Matsoua bat son plein. Les prisons du pays regorgent de détenus parmi les adeptes matsouanistes. Ils refusent de payer les trois francs exigés par la nouvelle Société indigène de prévoyance sociale (S.i.p), fondée par les administrateurs coloniaux, pour remplacer l’Amicale (Association amicale des originaires de l’Afrique équatoriale française) interdite. L’Amicale est un mouvement politique et social fondé en 1926, à Paris (France), par André Grenard Matsoua.
La désobéissance civile décrétée depuis la dissolution de l’Amicale par les administrateurs coloniaux devenait le mot d’ordre parmi les adeptes matsouanistes essentiellement lari. C’est donc à l’âge de quatre ans que Bernard Bakana Kolélas va quitter sa mère et son père nourricier pour rejoindra sa famille maternelle à Nsouélé. La famille de Bernard Bakana Kolélas s’était retrouvée esseulée numériquement, mais bien intégrée dans les familles tékés qui peuplaient le chapelet des villages qui formaient le gros bourg. Une grande familiarité liait profondément les habitants de Nsouélé.








