Gouvernance forestière
Un forum à Brazzaville, pour des solutions durables aux illégalités forestières
Comment mettre fin aux illégalités qui gangrènent la gouvernance forestière au Congo-Brazzaville, malgré la pertinence des textes en harmonie avec les mécanismes et outils internationaux? La question sera au centre d’un forum qui se tient du lundi 23 au mardi 24 juin 2025, à Brazzaville, selon un communiqué de presse rendu public le mercredi 18 juin dernier, par la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme) et l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme). Y prennent part les représentants des C.l.p.a (Communautés locales et populations autochtones), des compagnies d’exploitation forestière, des institutions de la République en charge des questions forestières, des O.s.c (Organisation de la société civile) et de la presse.
Dénommé «Forum national multi-acteurs sur les initiatives climatiques et la gestion durable des forêts», l’événement qui se tient à Brazzaville a pour objectif principal de «promouvoir une gestion durable des forêts, en intégrant les mécanismes de gouvernance forestière et climatique». L’ambition semble noble. Mais, la réalité sur le terrain n’est pas de nature à promouvoir, moins encore à favoriser une gestion durable des forêts congolaises. Tant «les textes ne sont que très faiblement appliqués par les parties prenantes. En effet, des rapports d’O.n.gs et d’institutions tant nationales qu’internationales font état de ce que les illégalités forestières demeurent entières sur toute l’étendue du territoire national», peut-on lire dans le communiqué de presse.
Et parmi ces illégalités, la R.p.d.h et l’O.c.d.h épinglent «le non-respect des cahiers de charges, le mauvais usage du Fonds de développement local (F.d.l), l’abandon du bois, les violations flagrantes des droits des travailleurs et bien d’autres pratiques illégales». Ce qui donne l’impression qu’en dépit de la pertinence des textes et politiques mis en place, «le secteur forestier congolais est sous l’emprise d’un cartel s’enrichissant au détriment du pays et de ses populations», assènent les deux O.n.gs de défense des droits humains.

Or, cet état de situation est provoqué par plusieurs causes, parmi lesquelles «se trouvent, en bonne place, le non-respect, par les sociétés, de leurs obligations conventionnelles, l’absence de suivi effectif des pouvoirs publics, la corruption, le trafic d’influence, l’impunité, mais surtout l’absence des textes d’application des lois adoptées», énumère le communiqué de presse.
Ainsi, le forum multi-acteurs de Brazzaville se dessine comme le rendez-vous du grand déballage. C’est l’occasion tout indiquée pour les parties prenantes de dire, sans langue de bois, chacune en ce qui la concerne, les défis auxquels elles font face, dans la mise en œuvre des politiques gouvernementales en matière de gestion des forêts. Ce qui, du coup, devrait déboucher sur des recommandations pertinentes issues de discussions franches et conviviales inter-institutionnelles, pour que la nouvelle gouvernance forestière soit davantage inclusive, concertée et participative, conformément aux textes en place, afin que l’exploitation des forêts profite aux C.l.p.a à travers les cahiers de charges particuliers destinés à l’amélioration de leurs conditions de vie (construction d’infrastructures sociales de base) et au F.d.l (Fonds de développement local) dont le rôle est de doter les communautés d’activités génératrices de revenus.









