Uphrem Dave Mafoula, président du parti Les souverainistes
«2025 incarne la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau»
Candidat malheureux à l’élection présidentielle du 21 mars 2021, Uphrem Dave Mafoula, président du parti L.s (Les souverainistes), situé à l’opposition, a animé un point de presse, jeudi 30 janvier 2025, à l’Hôtel Mikhael’s, à Brazzaville. L’opposant a axé son point de presse sur le bilan du Président Denis Sassou Nguesso, qu’il a sévèrement critiqué, «alors qu’il ne lui reste que 14 mois, avant de quitter définitivement le pouvoir». Selon lui, «2025 incarne la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau». Le point de presse aux allures d’un meeting en salle était rehaussé par des cades, militants et sympathisants du parti L.s.
A l’entame de son propos, Uphrem Dave Mafoula «a adressé au peuple congolais» et à la presse, ses vœux personnels ainsi que ceux de son parti. «Je formule des vœux sincères et républicains, afin que l’année 2025 soit, pour vous, journalistes, et pour le peuple congolais, une année de discernement, une année qui sera marquée par une prise de conscience des problèmes et des contraintes qui pèsent sur notre pays», a-t-il déclaré.
Toujours sur le chapitre des vœux, il n’a pas oublié les acteurs politiques purgeant des peines d’emprisonnement ferme, notamment le général Jean-Marie Michel Mokoko et l’ancien ministre André Okombi Salissa. «A vous chers aînés, je vous adresse également mes vœux pour une nouvelle année empreinte d’espoir et de force. Sachez que mon soutien vous accompagne dans cette épreuve et je reste fermement engagé à continuer le combat pour lequel chacun de vous a fait don de soi», a-t-il dit.

Puis, pendant près de deux heures, il a parlé de la gouvernance du pays par le pouvoir actuel. «Dans les arrêts de bus et les stations de vente de produits pétroliers, le Président de la République est critiqué», rapporte-t-il. «L’année 2025 est une année déterminante, dans ce sens qu’elle prépare la prochaine élection présidentielle prévue en 2026. Elle est une année spéciale, parce que la somme des chiffres qui la constitue, à savoir 2 ,0, 2,5, donne le chiffre 9, un chiffre particulièrement riche sur le plan symbolique. Etant le dernier des chiffres, je peux affirmer que 2025 incarne la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau, car les turbulences que connaît le régime actuel indiquent la fin d’un modèle politique et appellent à l’émergence dans les années 80 et qui a duré plus de 60 ans», a-t-il déclaré.
«Notre pays se trouve actuellement confronté à la crise morale, politique, économique, financière et sociale la plus aigué de son histoire. Malgré ses nombreuses potentialités en ressources naturelles et humaines et ses atouts manifestement supérieurs à ceux de nombreux autres pays africains en développement, notre société se trouve au bord d’une implosion… La vérité, c’est que notre pays est à l’arrêt, il est bloqué, une situation qui résulte de l’impuissance politique d’un seul individu, à savoir le Président Denis Sassou Nguesso. Cela devient intolérable», pense-t-il.
La cause? «L’absence d’une stratégie à long terme qui aurait pu poser les fondements d’une société moderne et performante». Conséquence, selon lui: «La République s’est délitée et le vivre-ensemble s’est étiolé sous le rouleau compresseur d’une gouvernance médiocre et hasardeuse, qui a pris le pays en otage depuis plusieurs décennies. Une gouvernance inapte à satisfaire les besoins fondamentaux garantissant le bien-être et la dignité des Congolais, une gouvernance à vue qui s’est traduite par une totale absence de politique sociale et qui a conduit à l’émergence d’une société où sévissent la personnalisation du pouvoir et ses conséquences négatives, à savoir: la corruption, le clientélisme, le népotisme et l’utilisation de l’appareil d’Etat comme moyen d’enrichissement et d’autopromotion des gouvernants».









