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Vœux à la presse: quand Uphrem Dave Mafoula soupèse le mandat actuel de Denis Sassou-Nguesso !

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Uphrem Dave Mafoula, président du parti Les souverainistes.
Vœux à la presse du parti Les souverainistes

Quand Uphrem Dave Mafoula soupèse le mandat actuel de Denis Sassou-Nguesso !

Ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle de mars 2021, Uphrem Dave Mafoula, président du parti Les souverainistes, situé à l’opposition, a présenté ses vœux à la presse, lors d’une rencontre, samedi 27 janvier 2024, à l’Hôtel Mikhaël’s, à Brazzaville, dans une salle aux allures de meeting, où ses militants sont venus nombreux. Dans son mot liminaire de huit pages, il a peint la situation socio-politique du pays et esquissé quelques pistes de solution. Pour lui, trois ans après la réélection du Président Denis Sassou-Nguesso, le Congo «sombre dans la détresse».

Dès l’entame de son propos, Uphrem Dave Mafoula a exprimé «toute sa gratitude» à la presse, pour le travail qu’elle accomplit chaque jour, avant de présenter ses vœux. Il a reconnu les difficultés auxquelles la presse congolaise est confrontée. «En prenant la parole devant vous dans cette salle, j’ai une pensée particulière pour tous les médias privés qui, malgré leur volonté de fournir une information fiable et objective, dans ce secteur concurrentiel, se retrouvent souvent limités faute d’un accompagnement conséquent de la part des pouvoirs publics», a-t-il signifié.
Uphrem Dave Mafoula (Ph d’archives)
«Je pense également aux conditions difficiles de travail auxquelles sont exposés les professionnels des médias évoluant dans le secteur public. A cela, il faut ajouter les pressions de toutes formes qu’ils subissent chaque jour dans l’exercice de leur fonction», a-t-il indiqué. Pour lui, «la presse doit être libre. Il est essentiel de le rappeler, la liberté de la presse est un pilier fondamental de toute démocratie. C’est pourquoi il est primordial de la respecter, de la protéger et son pluralisme doit être encouragé. En tant que parti de l’opposition, nous soutiendrons toujours le principe de subventions à la presse, parce qu’il permet de garantir l’indépendance des médias et de préserver leur rôle de quatrième pouvoir, le pouvoir de dénoncer les injustices et de faire émerger la vérité», a-t-il déclaré.
Puis, il a abordé la situation socio-politique nationale. «Il est des moments où notre amour pour le Congo est mis à rude épreuve. Des moments où nous ne pouvons plus rester silencieux face à la trajectoire de déclin dans laquelle nos dirigeants actuels ont placé notre pays. Des moments où nous devons prendre la parole et agir. Car, oui, lorsqu’on aime son pays, on refuse de l’abandonner sur la trajectoire de déclin. On refuse de laisser les erreurs et les mauvaises décisions de ses dirigeants précipiter ses espoirs vers le bas. Car notre pays est notre héritage. C’est notre fierté, notre identité et notre avenir», a-t-il fait savoir. «Nous avons envers lui un devoir, celui de le protéger, de le défendre et de le voir atteindre les progrès nécessaires, afin de créer des meilleures conditions de vie pour nous et pour les générations futures», a-t-il indiqué.
«Mesdames et Messieurs vous qui êtes les observateurs de la vie politique de notre Nation, vous vous rendez bien compte que nous sommes aujourd’hui à un tournant crucial de notre histoire parce que nous vivons la seconde partie du mandat du Président de la République Monsieur Denis Sassou-Nguesso. Et à deux ans de l’élection présidentielle, il est de notre devoir en tant que parti politique de l’opposition, d’être au rendez-vous de l’analyse et de la réflexion sur la situation que connait notre pays, de ces nombreux maux qui le gangrènent et menacent son avenir», a-t-il poursuivi.
«Depuis trois ans, nous sommes témoins de l’inertie du gouvernement et de son incapacité à donner des réponses aux problèmes des Congolais. Alors, je me dois de vous faire part de mes préoccupations et de mes inquiétudes», a-t-il souligné.
«Mes chers compatriotes, trois ans se sont écoulés depuis la réélection du Président de la République à la tête de notre pays. Trois longues années durant lesquelles certains de nos concitoyens, avec un peu d’optimisme, ont espéré un changement, une amélioration de notre situation. Mais au lieu de cela, nous avons vu et nous en sommes témoins, que notre pays sombre dans la détresse. La vérité est que rien ne va dans notre pays, puisque les promesses faites lors de sa campagne électorale, par le Président élu, n’ont pas été tenues. Et lorsqu’elles ont trouvé un semblant de réalisation, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des attentes des Congolais. Les problèmes qui secouent notre pays qui, il faut le rappeler, résultent des choix politiques du Président de la République depuis des décennies, persistent et s’aggravent. Le chômage est endémique, l’éducation et le sport sont en crise, l’insécurité règne en maître, la pauvreté ne cesse de s’installer de plus dans nos foyers, que dire de l’eau et l’électricité qui sont pourtant deux ressources essentielles à la vie humaine, mais qui demeurent souvent rares dans les grandes villes comme Brazzaville et Pointe-Noire? Les inégalités se creusent davantage, les scandales politiques et les affaires de corruption se multiplient, laissant ainsi les Congolais dans un profond sentiment d’injustice et de colère», a-t-il ajouté.
«Comme nous n’avons cessé de le dire, ce quinquennat avait mal commencé. Aujourd’hui, nous nous inquiétons encore plus de comment il finira. Dans cette nouvelle Afrique où les nouveaux dirigeants sont enclins aux évolutions économiques, sociales et politiques de leurs pays, nous nous étonnons que face à ces mutations et face à la reproduction des mêmes erreurs politiques que le parti au pouvoir se refuse de s’ouvrir à l’autocritique, que le Président et son Premier ministre se protègent de toute remise en question, se privant ainsi de toute opportunité d’évolution et de toute possibilité de régénération», a-t-il poursuivi.
«Durant toute l’année 2023, ce gouvernement n’a cessé d’amplifier des mesures antisociales. Rappelons-nous de l’augmentation des prix des carburants qui a provoqué la colère des Congolais dans l’ensemble du pays. Cette mesure a clairement démontré que le gouvernement a fermé les yeux sur les difficultés financières de la majorité des Congolais, alors qu’ils faisaient déjà difficilement face à la hausse du coût de la vie et à la reprise économique difficile post-covid», a-t-il déclaré.
«Pour couronner le tout, nous avons vécu un évènement tragique qui a choqué et endeuillé le pays. Ce drame D’Ornano qui a coûté la vie à nos jeunes, aurait pu être évité, si le gouvernement n’avait pas faibli dans sa capacité d’anticipation. Qu’il me soit permis de redire, ici, ma solidarité tout entière à la jeunesse congolaise et à l’égard des familles des disparus. Aussi, j’aimerais préciser que le devoir de mémoire m’oblige à solliciter des pouvoirs publics de rebaptiser ce lieu. Cet évènement tragique du 21 novembre 2023 nous ramène à changer notre perception de l’histoire du Stade D’Ornano et à la revisiter», a-t-il affirmé.
Uphrem Dave Mafoula pense qu’«il est encore plus préoccupant quant au mimétisme du Président de la République, dont la fermeté du discours ne fait l’ombre d’aucun doute, mais contraste cependant avec les actes. Ce qui le dépouille de toute crédibilité». «Alors que l’année 2024 est déclarée, par lui, comme année de la jeunesse, nous assistons déjà à la molestation des jeunes. En effet, ce qui s’est passé avec les jeunes médecins formés à Cuba est inadmissible dans un Etat qui se dit ou qui se veut Etat de droit. En vrai, ces jeunes ne demandent rien d’autre que d’être rétablis dans leurs droits. Ils ont été formés non pas pour rester à la maison, mais plutôt pour servir le peuple congolais. Cette jeunesse qui subit encore des violences, c’est l’avenir de notre Nation. Il est inconcevable qu’elle soit continuellement transpercée par des doutes et des interrogations sur ce qu’elle vit aujourd’hui et sur son avenir», a-t-il indiqué.
Répondant aux journalistes, le président du parti Les souverainistes a souligné que «pour résoudre la question de l’eau et celle de l’électricité, il faut une volonté politique… Ce n’est pas un miracle, c’est plutôt un problème de volonté politique: aimer le peuple et lui offrir un minimum des conditions pour sa survie», a-t-il répondu.
Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA

Reportage vidéo de la cérémonie de vœux

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