Littérature

«Makwambalé», un premier
roman d’Au-Giral-Amed Ebomb-Simba

La scène littéraire congolaise s’est enrichie, vendredi 27 février 2026, d’un événement littéraire relative à la présentation et la dédicace du roman «Makwambalé», «Tome 1 – J’ai entendu des voix», d’Au-Giral-Amed Ebomb-Simba. Publié en 2025 aux Editions Lys Bleu à Paris (France), l’ouvrage de 124 pages a été présenté au public lors d’une conférence sous la modération de l’écrivain Florent Sogni Zaou, président de Pen centre Congo-Brazzaville, une organisation de promotion culturelle à travers le livre et l’édition, en présence d’un auditoire composé de férus du livre, d’écrivains et d’universitaires.

La rencontre, qui s’est tenue à la Librairie Les Manguiers du Quotidien Les Dépêches de Brazzaville, a pris l’allure d’un véritable laboratoire critique. Trois intervenants, Obambé Ngakosso, Rosin Loemba et Edmond Serge Liboko, ont successivement «démantibulé» le roman d’Au-Giral-Amed Ebomb-Simba, selon l’expression consacrée. Chacun, à partir de son champ d’expertise, a éclairé les différentes strates d’un roman qui interroge à la fois la tradition, le pouvoir et la conscience humaine.
Pendant la conférence de présentation du roman d’Au-Giral-Amed Ebomb-Simba
Obambé Ngakosso s’est d’abord attardé sur le paratexte, notamment la symbolique de la couverture dominée par un rouge vif. Pour lui, cette chromatique n’est nullement anodine: elle renvoie à une symbolique forte dans les traditions africaines où le rouge incarne à la fois la puissance, le sacré et la conflictualité. Il a, également, interprété la présence de deux coqs sur l’illustration, comme une métaphore du duel latent entre le roi et le prince, figures centrales du récit. Le critique a souligné la profondeur de la fresque narrative, saluant «un coup d’essai» qu’il qualifie de «coup de maître», tout en invitant les lecteurs à une lecture attentive, tant le texte se nourrit d’allusions et de symboles.
Rosin Loemba, pour sa part, a proposé une lecture plus structurale et philosophique de l’œuvre. Selon lui, Makwambalé s’ouvre sur une atmosphère mystérieuse marquée par une perturbation du royaume et l’apparition d’un prince revenu d’exil. Ce retour, loin d’être anecdotique, devient le prétexte d’une réflexion sur les «voix intérieures» qui gouvernent l’être humain.
Au-Giral-Amed Ebomb-Simba dédicaçant son roman, Makwambale
Le critique voit dans ce roman une interrogation sur l’autonomie psychique et les influences invisibles qui orientent les décisions individuelles. Si l’ouvrage tend parfois vers l’essai philosophique, il n’en demeure pas moins, selon lui, une tentative audacieuse de théorisation romanesque de la conscience.
Le regard d’Edmond Serge Liboko s’est voulu résolument technique. S’attachant aux aspects grammaticaux, syntaxiques et éditoriaux, il a relevé certaines insuffisances, notamment en matière de ponctuation et de cohérence formelle. Il a, également, soulevé la question du volume, estimant qu’un roman annoncé comme «Tome I» gagnerait à présenter une pagination plus substantielle. Toutefois, au-delà de ces réserves, il a salué l’unité intellectuelle du projet et l’ingéniosité dont a fait preuve le jeune auteur.
Pour sa part, l’auteur, Au-Giral-Amed Ebomb-Simba, a opté pour la concision et l’humilité. «Quand une voix lourde émet son écho, une oreille légère écoute», a-t-il déclaré, rendant hommage aux aînés dans le monde de la littérature et aux critiques présents. Une formule qui résume l’esprit de la soirée: dialogue intergénérationnel; exigence critique et célébration de la création littéraire. Avec le roman «Makwambalé», la littérature congolaise contemporaine accueille une voix nouvelle, engagée dans l’exploration des tensions entre tradition et modernité, pouvoir et libre arbitre. Une œuvre inaugurale qui, déjà, suscite débats et attentes quant aux tomes à venir.
Joseph MWISSI NKIENI

Reportage

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