Commentaire
Election présidentielle: l’éléphant arrive !
Dans moins de six mois, les Congolais ont rendez-vous avec l’isoloir, pour choisir l’un d’eux qui aura l’immense honneur de présider aux destinées de leur pays, pour les cinq prochaines années. Dans cette perspective, les Etats-majors politiques retrouvent peu-à-peu l’ambiance des périodes électorales, tant il est vrai qu’on parle de plus en plus de l’élection à venir. La plateforme Majorité présidentielle ne fait pas exception. Elle a déjà mijoté sa grande stratégie, en adoptant, le 27 mai dernier, ses documents de base (statuts, règlement intérieur), avec pour logo l’éléphant, en plus de la déclaration à travers laquelle les dirigeants des partis membres s’engagent à œuvrer pour la réélection du Président Denis Sassou-Nguesso. Depuis cette date, ils attendent d’officialiser la structuration de leur plateforme qui devait, en principe, intervenir avant la fin du mois de juin. Or, le temps presse et l’élection arrive à grand pas. Certains ne comprennent pas pourquoi la sortie officielle de la plateforme Majorité présidentielle tarde à se faire.
Depuis l’élection présidentielle de 2002, la candidature du Président Denis Sassou-Nguesso est toujours portée par une plateforme au-dessus des partis, sous le logo de l’éléphant. Rien d’étonnant à cela. Son aura personnelle rassemble au-delà de son propre parti, le P.c.t (Parti congolais du travail). Et donc, pour permettre à tous ses soutiens de se mobiliser et de ratisser large, il n’y a rien de mieux que cette plateforme.

Certains estiment qu’il faut attendre le congrès du P.c.t, parti membre, avant de passer à la sortie officielle de la plateforme Majorité présidentielle. D’autres pensent que le congrès est un événement interne à ce parti frère et son enjeu n’a rien à voir avec la mise en place de la plateforme destinée à porter la candidature de la majorité. Ce congrès est prévu en décembre et on sera alors à moins de trois mois de la présidentielle. Attendre sa tenue risque donc de faire perdre du temps à la stratégie électorale de la majorité, surtout qu’en cette phase de révision des listes électorales, la Coordination nationale de cette plateforme, sous la direction de Pierre Moussa, secondé par Alphonse Claude N’Silou, est jusque-là atone. Pourtant, le porte-parole, Roland Bouity-Viodo, avait rassuré, en mai dernier, que les dirigeants de la plateforme Majorité présidentielle sont engagés «à œuvrer dans un esprit de consensus, pour poursuivre l’accompagnement et le soutien au Chef de l’Etat jusqu’aux prochaines consultations électorales».

A la place, des initiatives ont fait leur apparition pour symboliser la candidature du Président Denis Sassou-Nguesso. L’Affiche le Patriarche et le Timonier sont les deux dynamiques qui rivalisent d’ardeur actuellement sur le terrain, comme pour chercher à convaincre sur leurs capacités électoralistes. Elles ont sans doute le mérite, comme au spectacle, de chauffer la salle. Mais, le nzokou, le nzahou, l’éléphant arrive, espèrent les nombreux militants et sympathisants des partis de la majorité présidentielle.
En effet, réduire le candidat de la Majorité présidentielle aux dimensions de ce qu’on voit actuellement, c’est chercher à faire passer une roquette pour un missile. Les théoriciens et pratiquants de l’art militaire ont compris. On a un candidat missile, il ne sert à rien de parler de roquettes. S’il faut être sérieux et les dirigeants de la majorité n’entendent qu’à l’être, on n’oserait jamais pareille comparaison. Voilà pourquoi la rampe de lancement du missile est attendue. Cette rampe de lancement n’est rien d’autre que la plateforme Majorité présidentielle et son logo, l’éléphant. C’est à partir de là que seront échafaudées les contre-attaques aux critiques qui fusent aujourd’hui sur le bilan de son quinquennat.









