Les 22 et 24 février 2026, l’A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie), une plateforme de l’opposition dirigée par l’ancien ministre Mathias Dzon, a tenu à son siège situé à Ouenzé, le cinquième arrondissement de Brazzaville, un symposium pour dresser le «véritable bilan des 42 ans de gestion opaque de l’État et du P.c.t». Cette rencontre, qui a regroupé les dirigeants des partis membres de l’A.r.d et leurs cadres, a également permis de réfléchir aux solutions permettant à la République du Congo de «sortir de sa crise profonde». Parmi les principales recommandations faites, l’A.r.d plaide pour la tenue, «en urgence, d’un dialogue politique national inclusif, présenté comme le préalable indispensable à un climat politique apaisé et à l’ouverture d’une transition consensuelle». Pour l’A.r.d, l’élection présidentielle de mars prochain n’est rien d’autre qu’un «coup d’Etat électoral».
À quelques semaines de l’élection présidentielle de mars 2026, l’A.r.d dresse un constat sévère de la gestion du pays au cours des quatre dernières décennies. Une des plateformes de l’opposition, elle dénonce une «République fragilisée par les clivages identitaires, le clientélisme au sommet de l’État et l’effritement de l’unité nationale». Les dirigeants de cette plateforme accusent les autorités nationales de «détourner la paix et le vivre-ensemble à des fins partisanes, tout en recourant à la force, pour intimider citoyens et opposition».
S’y ajoutent, selon la plateforme, «le pillage systématique des ressources publiques, l’enrichissement illicite de certains responsables et la mauvaise gestion des finances de l’État, entraînant pauvreté persistante, le désespoir de la jeunesse et la prédation des biens publics».
L’A.r.d pointe également une gouvernance «concentrée entre les mains d’un cercle restreint, au détriment d’une perception de l’État comme patrimoine commun de tous les Congolais». Le parti indexe la hausse du coût de la vie, l’augmentation des prix alimentaires et la forte dépendance du pays aux importations alimentaires, malgré les vastes ressources naturelles dont il dispose, pour développer son agriculture. «Il est essentiel que l’opposition authentique se rassemble, pour renforcer sa voix et permettre au peuple congolais de participer activement. Seul un peuple uni et conscient peut transformer nos propositions en actions concrètes», a déclaré Mathias Dzon.
Pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de «descente aux enfers du Congo», l’A.r.d estime qu’il est urgent d’engager un ensemble de réformes structurelles. Elle plaide pour l’organisation d’un «dialogue politique national réellement inclusif, susceptible d’aboutir à l’ouverture d’une transition consensuelle et apaisée, limitée à deux ans au maximum. Cette période serait conduite par un gouvernement de transition resserré à vingt-sept membres».
L’A.r.d préconise également l’assainissement des finances publiques, la réforme en profondeur du système électoral, afin de renforcer sa crédibilité ainsi que la mise en place d’institutions dédiées à l’intégrité publique, chargées de lutter contre la corruption et les discriminations, tout en garantissant une plus grande transparence financière.
Enfin, l’A.r.d propose la création ou le renforcement de corps spécialisés au sein des forces de sécurité, notamment dans les domaines scientifique, économique et financier, douanier, cybercriminel, antiterroriste, de lutte contre les stupéfiants et de protection de l’environnement. Notons que c’est dans une ambiance électrique que la lecture du rapport sur le «bilan des 42 ans de gestion opaque de l’État et du P.c.t» a été faite par Elo Dacy, allant jusqu’à dénoncer l’appartenance ethnique des hauts cadres dirigeant les administrations et structures de l’Etat.
Céleste Exaucé
SINDOUSSOULOU









