Démocratie
Au Congo, l’élection présidentielle
se déroulera-t-elle sans Internet?
Selon une lettre ayant fuité dans les réseaux sociaux, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou, aurait demandé aux directeurs généraux des sociétés de téléphonie mobile, de «bloquer toutes les communications, y compris les S.m.s, pour les journées allant du 10 au 15 mars 2026», «pour des questions de sûreté et de sécurité nationales». Le ministre y aurait adjoint une liste de numéros de téléphone qui resteraient fonctionnels. Si la décision du ministre de l’intérieur et de la décentralisation n’est pas surprenante, en revanche, elle ne s’appuie sur un aucun support juridique pour la justifier. Elle paraît ainsi arbitraire. Aux dernières nouvelles, l’on apprend que ce courrier serait un faux. Tant mieux! Analysons tout de même.
Pour des raisons de sûreté et de sécurité nationales, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation aurait ordonné aux sociétés de téléphonie mobile de couper l’Internet dans le pays entre le 10 et le 15 mars 2026. Evidemment, si une telle décision venait à être prise dans le cadre réglementaire, les conséquences socio-économiques seraient énormes pour les citoyens, les institutions, les organisations et les entreprises. Partant du fait que la loi, notamment la Loi n°2009-09 sur les communications électroniques garantit et protège le droit des citoyens de bénéficier des services de communication électronique sur l’ensemble du territoire national, il y a lieu de se demander pourquoi le gouvernement pourrait-il, du jour au lendemain, décider de priver les citoyens de ce droit, sans s’en référer au juge ou au procureur de la République?










