Décédée le 11 février 2026, à l’âge de 89 ans, à Brazzaville, Mme Emilie Manima, sage-femme de profession, a marqué l’histoire politique de notre pays, en étant la première femme membre du gouvernement. Elle fut nommée en effet, le 9 janvier 1975, par le Président Marien Ngouabi, comme ministre des affaires sociales. Le 11 mars 1978, elle est nommée, par le Comité militaire du parti (C.m.p), comme directrice de santé maternelle et infantile, de l’éducation pour la santé.

Parler d’un être cher qui nous a quittés, qui est parti, c’est exprimer ce qu’il nous a inspiré. Personnellement, Mme Emilie Manima m’a inspiré, de son vivant, deux vertus: la première vertu est l’amour, cet amour qu’elle avait pour les gens et qu’elle savait transmettre et cultiver autour d’elle; cet amour que nous avions pour elle et qui lui permettait de créer et d’entretenir le lien, en dépit de la distance ou des années qui passent; cet amour qui lui a permis de semer le bonheur dans nos cœurs.
La deuxième vertu est l’humilité; cette vertu qui, aujourd’hui, ne jouit pas d’une grande estime, mais que Mme Emilie Manima possédait en elle et dont elle a fait montre partout. Elle appliquait à la lettre cette pensée de Charles de Foucauld: «Que ceux qui sont les premiers se tiennent toujours, par l’humilité et la disposition d’esprit, à la dernière place, en sentiment de descente et de service».
Un adage dit: «Partir, c’est mourir un peu et mourir, c’est partir définitivement». Même si la mort se mérite, celle de Mme Emilie Manima ne l’est pas; elle est arrivée trop tôt. Ainsi, parler d’un être cher qui nous a quittés, qui est donc parti définitivement, c’est à la fois un moment douloureux, en pensant à ce qui ne sera plus, et un moment d’émotion, en pensant à tout ce qui a été entre nous. Parler d’un être cher qui nous a quittés, c’est aussi entretenir son souvenir:
– le souvenir de son humanité et de sa bienveillance;
– le souvenir de son attention aux autres, de son altruisme pour les autres et de son intérêt sincère pour les autres;
– le souvenir de sa générosité, de son intégrité, de son intelligence et de sa capacité à se réinventer;
– le souvenir de son talent à créer le lien et à le maintenir;
– le souvenir de son rire, de ses blagues, de son sourire à la fois tendre, doux et sincère.
Parler, enfin, d’un être cher qui nous a quittés, c’est surtout, en dépit de notre chagrin, de notre tristesse, de notre douleur, la plus belle manière de lui exprimer notre amour et de lui dire qu’à travers nous, elle continuera d’exister. Les grandes douleurs, ne sont-elles pas muettes?
«Oui, notre très chère maman Emilie Manima, tu continueras d’exister. Car, comme pour paraphraser Charles Péguy, je te dis que: «La mort n’est rien. Tu es seulement passée dans la pièce d’à côté. Nous continuerons à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Nous penserons toujours à toi; nous prierons pour toi. Nous prononcerons toujours ton nom, partout, comme il a toujours été, sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre. La vie signifie ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé. Pourquoi serais-tu hors de nos pensées, simplement parce que tu es hors de notre vue ? Non, tu n’es pas loin ; tu es juste de l’autre côté du chemin».
Maman Emilie Manima, tu nous avais dit, un jour, que tu n’aimais pas les coups d’encensoir. Cela faisait mal à la tête. Mais tu ne peux nous empêcher, en ces jours où Dieu t’a rappelée à Lui, que nous, tes enfants, tes parents et tes amis, nous t’encensions en reconnaissant et en célébrant en toi, la première Congolaise Ministre dans notre pays, la très grande fonctionnaire dévouée qui nous as quittés trop tôt, bien trop vite; mais ta mémoire restera gravée dans nos cœurs et dans ceux de tous tes amis. Au revoir, notre très chère sœur et maman Emilie Manima. De là où tu es, continue à semer l’amour dans nos cœurs et à nous aider par tes prières. Repose en paix! Que la terre te soit légère!».
Dieudonné
ANTOINE-GANGA

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