Le deuxième samedi du mois de mars de chaque année, le monde célèbre la journée mondiale du rein. Ainsi, à l’occasion de cette journée, une conférence-débat a été organisée, jeudi 13 mars 2025, à l’Hôtel Saint-François de Paul, à Brazzaville, sur l’importance de la santé rénale. Elle a réuni les cadres et agents du domaine de la santé. Le thème retenu cette année est: «Vos reins vont-ils bien? La détection précoce protège la santé des reins». Parmi les officiels, il y avait le prof Tony Eyéni, directeur du Programme national de lutte contre l’insuffisance rénale, le Dr François Libama, conseiller en charge des programmes au Ministère de la santé et de la population, et Amadou Nouhou, délégué du représentant de l’O.m.s au Congo.
Le rein est un organe de l’appareil urinaire qui a des fonctions hormonales de régulation de la pression sanguine et d’élimination des toxines. Cet organe est souvent très exposé à des maladies qui touchent, d’après le Programme national de lutte contre l’insuffisance rénale, 35% de la population congolaise, avec 596 nouveaux cas par an, faisant des maladies rénales, la 7ème cause de mortalité dans le pays.
Dans ce contexte, les participants à la conférence-débat sur l’importance de la santé rénale ont mis l’accent sur la sensibilisation de la population, car la mortalité causée par les maladies rénales est élevée et la prise en charge est coûteuse. D’après Amadou Nouhou, la prévention doit être soutenue par «la détection précoce et la prestation des services adaptés aux populations à risque et un accès équitable aux soins de qualité. Le développement de l’innovation pour les nouvelles thérapies, l’accès à une prise en charge efficace, le combat contre la stigmatisation, l’encouragement aux diagnostics précoces et aux traitements et, enfin, le plaidoyer pour la mobilisation des ressources».

Des efforts ont été déployés par le gouvernement, avec notamment l’inauguration, en 2018, de l’Unité d’hémodialyse de l’Hôpital général Édith Lucie Bongo d’Oyo et en 2024, du Centre d’hémodialyse du C.h.u de Brazzaville, alors que celui de Pointe-Noire attend encore de voir le jour. Mais, il y a aussi des centres privés, comme le Centre de dialyse de Mpita à Pointe-Noire, l’Unité de dialyse de la Clinique Securex à Brazzaville, etc. Comme quoi, le Congo essaie de rattraper ainsi son retard dans ce domaine.
La maladie rénale chronique est souvent associée à plusieurs facteurs comme le diabète et l’hypertension artérielle. On note également la mauvaise alimentation, le surpoids, l’obésité, le manque d’exercice physique, l’alcool et le tabac. De plus, «les maladies des reins sont en général silencieuses», explique le Dr Loumingou. «Nous pouvons être atteints d’une maladie des reins pendant plusieurs mois, voire des années sans le savoir. Ce qui est très dangereux, car la maladie avance peu-à-peu à un stade terminal. La maladie des reins se diagnostique essentiellement par des examens. Toute personne doit faire au moins une fois par an, un examen simple d’urine moyennant 500 francs. À ce prix, on peut commencer à dépister, à diagnostiquer une maladie simple, mais qui a des conséquences graves».
D’après l’O.m.s (Organisation mondiale de la santé), une personne adulte sur dix souffre d’une affection rénale, soit près de 850 millions de personnes dans le monde. Sans action efficace, les maladies rénales pourraient devenir la 5ème cause de décès à l’horizon 2040. Chaque personne doit prendre conscience de l’importance du dépistage et de la prévention des maladies rénales, véritables menaces silencieuses pour la santé.
Céleste Exaucé
SINDOUSSOULOU









