Election présidentielle
L’A.r.p.c.e, le C.s.l.c et la C.n.e.i soucieux de l’usage responsable des réseaux sociaux
L’A.r.p.c.e (Agence de régulation des postes et des communications électroniques) a organisé, lundi 9 mars 2026, à son siège au centre-ville de Brazzaville, en partenariat avec le C.s.l.c (Conseil supérieur de la liberté de communication) et la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante), une séance d’information et de sensibilisation sur l’usage responsable des réseaux sociaux en période électorale, au profit des journalistes et des représentants des candidats à l’élection présidentielle. Ayant réuni une cinquantaine de participants et animée, en présentiel et en distanciel, par des experts de TikTok et de Meta, la maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram, et un spécialiste du fact-checking, la séance d’information et de sensibilisation vise à prévenir les risques liés à la désinformation en période électorale.
Ouverte et clôturée par Médard Milandou Nsonga, président du C.s.l.c, en présence de Modeste Mbossa, directeur de cabinet du président de la C.n.e.i et de Serge Madzela, directeur de l’économie et des marchés à l’A.r.p.c.e, représentant le directeur général, la formation s’est articulée autour de plusieurs panels interactifs. «Aujourd’hui, plus de 1,5 million de comptes Facebook et plusieurs centaines de milliers de comptes TikTok sont actifs en République du Congo. Ces plateformes jouent un rôle déterminant dans la circulation de l’information et dans la formation de l’opinion publique», a dit Serge Madzela dans son mot de circonstance. Il a insisté sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux défis que pose la communication en ligne, tels que la désinformation électorale, l’usurpation d’identité, la diffusion de contenus générés par l’intelligence artificielle et l’incitation à la haine et à la violence.


De son côté, le représentant du président de la C.n.e.i a mis en garde contre les risques que représentent la désinformation et les faux comptes: «La publication anticipée des résultats ou faux résultats, la diffusion de contenus audiovisuels altérés et la fabrication de faux comptes usurpant l’identité des candidats ou des institutions constituent des menaces avérées pour notre démocratie». Modeste Mbossa a invité les partis politiques et les candidats à communiquer les adresses officielles de leurs comptes dans les réseaux sociaux et à signaler les comptes frauduleux, afin de faciliter leur suspension.

Ouvrant la formation, Médard Milandou Nsonga a souligné la convergence des trois institutions autour de cette initiative: «Les défis posés par la mutation numérique de notre espace public exigent une réponse concertée, coordonnée et inclusive. Dans un environnement numérique où la désinformation et l’usurpation d’identité peuvent altérer gravement le débat public, la maîtrise des outils numériques devient une condition sine qua non de l’exercice éclairé de la liberté de communication». Il a rappelé aux responsables de communication des formations politiques et aux journalistes l’importance des compétences acquises, pour protéger leurs organisations et garantir la qualité de l’information en période électorale.

Après chaque communication appuyée par une projection en power point, il y a eu des échanges. Thys Kazad, responsable des politiques de Meta pour l’Afrique francophone, a animé, en visioconférence, un atelier sur la modération de contenu. L’expert a notamment expliqué que la société américaine, Meta, s’emploie à réduire la visibilité des contenus trompeurs publiés à des fins malveillantes et à les supprimer, lorsqu’ils représentent un danger imminent. Il a, également, rappelé que durant les périodes électorales, l’objectif de Meta est «d’empêcher toute ingérence dans les élections sur notre plateforme et de permettre aux citoyens de se faire entendre plus facilement dans le processus politique».
Experte de Tik Tok, Yovanka Paquete Perdigao a, également, présenté en visioconférence les dispositifs de la plateforme pour prévenir la désinformation. Les représentants de Meta et de Tik Tok ont, à cette occasion, exhorté les participants à signaler régulièrement les contenus et comptes malveillants, afin de faciliter leur suspension et de préserver un espace numérique plus sûr.
Deux sessions spécialisées ont également renforcé les compétences des participants. Esdras Tsongo, spécialiste du fact-checking venu de la RD Congo, a détaillé les méthodes et outils de vérification de l’information, tandis qu’Othniel Pilipili, expert en cybersécurité, a exposé les stratégies de lutte contre la tromperie en ligne et l’usurpation d’identité numérique.











