Ils étaient donc quatre. Un quatuor qui a fortement décidé du sort des millions d’éphémères. Un groupe de quatre voix qui montre la voie. Du moins, espère-t-il; un groupe de quatre personnes inséparables. Il en est ainsi de la gestion du pouvoir, particulièrement au midi; des groupes d’influence qui se forment et se déforment, au gré des circonstances, parfois au gré des billets de banque ou de portefeuille politique. Après tout, tout homme a un prix; il suffit de le connaître. Et il arrive qu’à l’occasion d’un forum politique, l’un des membres soit désavoué par les autres. Et du fait de la nature, parfois, il ne reste qu’un duo. Parce qu’il faut faire attention aux mots.
Il se trouve qu’à l’origine, le quatuor était un «groupe de musiciens qui ne se considéraient pas comme un ensemble permanent et n’existaient qu’en tant que groupe d’exécution, le temps de jouer l’œuvre». Même en politique, il y a de ces retrouvailles circonstancielles.
En musique, classique ou populaire, un quatuor est formé de quatre instruments ou voix différentes. Pour la musique classique, c’est souvent deux violons, un alto et un violoncelle. Pour un quatuor vocal, c’est un soprano, un alto, un ténor et une voix basse. C’est cette conjonction d’éléments épars qui crée l’harmonie. Il devrait en être ainsi pour tous les prétendants au commandement des éphémères, unir ce qui est épars. Parce que lorsqu’un quatuor n’a pas cette diversité d’instruments ou de voix, c’est-à-dire lorsqu’un groupe politique, aussi petit soit-il, est géographiquement homogène, il court le risque du repli identitaire et peut, par conséquent, créer de la méfiance. La gestion de la diversité est la clé de voûte de la cohésion nationale; l’entre-soi en est la fermeture.
Prométhée


