Football
Lourdement condamnés, les dirigeants
de la Fécofoot se pourvoient en cassation
Débuté le jeudi 5 mars 2026, au Palais de justice, le procès criminel contre trois membres de la Fécofoot (Fédération congolaise de football), et trois autres personnes, tenu par la Cour criminelle de Brazzaville, concernant la gestion des fonds covid alloués à la Fécofoot par la Fifa (Fédération internationale de football association), pour la promotion du football féminin, estimés à 500 mille dollars (environ 300 millions de francs Cfa), a pris fin lundi 9 mars 2026 sur un arrêt condamnant lourdement les prévenus, notamment Jean-Guy Blaise Mayolas, président de la Fécofoot, absent à l’audience, qui a écopé de la réclusion criminelle à perpétuité et 100 millions de francs Cfa d’amende, Badji Mombo Wantété, secrétaire général de la Fécofoot, et Raoul Kanda, trésorier général, les deux déjà incarcérés à la Maison d’arrêt, et qui ont pris cinq ans de prison ferme et un million de francs Cfa d’amende, chacun. Après cet arrêt, les avocats de la défense ont décidé de se pourvoir en cassation.
Accusés de détournement de fonds, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux en écriture privée, prise illégale d’intérêt et complicité, trois autres personnes, Marie Cathérine Nandiba, Dasylva Horjeancine Ngouassika Boula et Lionel Mayolas, absents pendant le procès, ont été reconnues coupables dans cette affaire.
L’affaire de la gestion des fonds covid octroyés par la Fifa à la Fécofoot pour soutenir le football féminin a été portée en justice, notamment au T.g.i (Tribunal de grande instance) de Brazzaville, par l’Etat, représenté par le Ministère en charge des sports et trois clubs féminins n’ayant pas à l’époque reçu leurs quote-part. Puis, l’affaire a été soumise à la Cour criminelle de Brazzaville par arrêt de renvoi. Seulement, ni la Fifa ni la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), principal sponsor ayant mobilisé 90 millions de francs Cfa cette année-là dans l’organisation de la Coupe du Congo, ne se sont portées parties civiles dans la procédure engagée par le Ministère en charge des sports contre les dirigeants de la Fécofoot.

Pour les avocats de la défense, ce procès qui, à leurs yeux, comporte de nombreuses irrégularités, a pris l’allure d’un règlement de compte contre les dirigeants de la Fécofoot, puisque la Fifa a ses mécanismes de contrôle et avait procédé à des audits dans la gestion de ses fonds par la Fécofoot. Ils ont rappelé que suivant ses principes, les fédérations membres doivent gérer leurs affaires de manière autonome, sans influence de l’Etat ni des tierces.
Le Ministère public et les avocats de la partie civile ont, par contre, fondé leurs argumentations sur le fait que la Fécofoot, qui reçoit délégation des pouvoirs publics, a l’obligation de rendre des comptes sur les subventions qu’elle reçoit. Ils ont parlé de «la gestion chaotique» de la Fécofoot, des détournements de fonds et du blanchiment d’argent, à travers des sociétés fictives.










