Sport

Séisme dans le football congolais, avec l’arrestation de deux dirigeants
de la Fécofoot

Alors que Jean-Guy Blaise Mayolas, le président de la Fécofoot (Fédération congolaise de football) serait recherché, la Justice congolaise a procédé, vendredi 27 février 2026, à Brazzaville, à l’arrestation du secrétaire général, Badji Mombo Wantete, et du chef du département finances, Raoul Kanda. La nouvelle de l’arrestation des deux dirigeants administratifs du football congolais a été donnée le même jour par un communiqué de presse estampillé Comex (Comité exécutif) de la Fécofoot, suscitant l’indignation dans les milieux sportifs et aussi la joie de ceux qui soutiennent la décapitation de l’instance nationale de football, pour aller vite à l’assemblée générale, afin d’élire de nouveaux dirigeants.

Le communiqué de presse de la Fécofoot lève un peu le voile sur les raisons à l’origine de l’arrestation du secrétaire général et du chef du département finances, qui ont été interpellés à leurs domiciles respectifs, à 5h du matin, selon le communiqué. «Bien  que nous ayons connaissance de l’existence d’une procédure pénale en cours, nous tenons à souligner que les deux agents ont toujours manifesté leur entière disponibilité à répondre aux diverses convocations à eux adressées par la justice congolaise», précise le communiqué de presse.
Selon certaines informations, le Ministère en charge des sports avait initié une plainte au Tribunal de grande instance de Brazzaville contre les dirigeants de la Fécofoot, notamment le président, le secrétaire général et le chef du département finances, pour détournements de fonds. Avant cette plainte, il y avait déjà aussi deux plaintes émanant des équipes, dont une de football féminin, sur le détournement de fonds covid, contre les dirigeants de la Fécofoot, qui étaient alors régulièrement convoqués au tribunal.
Jean-Guy Blaise Mayolas et Badji Mombo Wantete
Les deux premières plaintes n’auraient pas prospéré, face aux arguments de défense présentés par les dirigeants de la Fécofoot et leurs avocats. D’où la troisième plainte initiée directement par le Ministère des sports, sur la base de documents obtenus au siège de la Fécofoot, lors de la gestion de la Fécofoot, entre septembre et décembre 2024, par la Commission ad hoc, instance non-reconnue par la Caf (Confédération africaine de football) et la Fifa (Fédération internationale de football association), mais soutenue à l’époque par le Ministère des sports.
Ces documents comptables (copies de chèques signés, virements bancaires, etc) avaient conduit le Ministère des sports à exprimer son indignation à la Caf et la Fifa, considérant que ce sont des preuves de détournements de fonds de la Fifa par les dirigeants de la Fécofoot, en espérant que les deux instances continentale et internationale de football allaient désavouer ces dirigeants et les sanctionner. Ce qui est présenté par le Ministère des sports comme un scandale financier à la Fécofoot est même diffusé dans la presse internationale. Il est reproché à Jean-Guy Blaise Mayolas d’avoir favorisé des entreprises liées à sa famille, notamment son épouse et ses enfants, dans les marchés de la Fécofoot. Les membres de sa famille sont poursuivis pour «complicité de détournements de fonds». L’un de ses fils vivant en France est considéré comme étant en fuite par la justice congolaise. Pourtant, la Fifa ne bougera pas, étant entendu qu’elle a ses propres mécanismes et principes de contrôle de la gestion des fonds transférés aux fédérations.
Voilà pourquoi, quelques mois plus tard, le Ministère des sports initie une plainte auprès du tribunal de grande instance de Brazzaville; une plainte qui a été ensuite remontée à la Cour criminelle, contre les dirigeants de la Fécofoot, pour répondre des accusations de «blanchiment de capitaux, détournement de fonds, faux et usage de faux et prise illégale d’intérêts». Les trois dirigeants de la Fécofoot se retrouvent ainsi dans une procédure pénale sur de présumés détournements de fonds, pouvant occasionner leur arrestation. A l’audience du mardi 24 février dernier, des rumeurs parlaient déjà de leur arrestation. Finalement, deux responsables de la Fécofoot ont été cueillis à leurs domiciles, tandis que le président de la Fécofoot serait introuvable ou on hésiterait à mettre la main sur lui.
Cette affaire illustre l’aggravation du bras de fer entre le ministre des sports, Hugues Ngouélondélé, et le président de la Fécofoot, Jean-Guy Blaise Mayolas, depuis l’épisode de la Commission ad hoc en septembre 2024. Elle a eu comme conséquence, entre autres, l’arrêt des activités du football au niveau national et l’interdiction infligée aux dirigeants de la Fécofoot de sortir du pays, depuis l’ouverture de la procédure judiciaire contre eux, les privant ainsi de participer aux activités de la Caf et de la Fifa.
La Fécofoot dénonce les deux arrestations, en relevant «le caractère disproportionné de cette intervention, car rien ne justifiait une arrestation à l’aube, pour des personnes présentant toutes les garanties de représentation; le non-respect de la dignité humaine, ces méthodes nocturnes visent davantage à intimider qu’à servir la manifestation de la vérité; cette instrumentalisation de la procédure ne fait que jeter l’opprobre sur des citoyens jusqu’ici présumés innocents». La Fécofoot appelle, enfin, «les autorités judiciaires à garantir une procédure équitable et transparente, loin de toute pression». Elle affirme avoir saisi la Fifa et la Caf sur cette situation. Affaire à suivre!
Urbain NZABANI

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