Droits de l’homme
L’O.c.d.h interpelle la D.g.s.p sur la disparition de 561 de l’opération zéro kuluna
A travers un rapport thématique publié récemment, l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme) révèle la disparition forcée de 561 personnes, particulièrement des jeunes et des adolescents, pendant l’opération zéro Kuluna menée depuis le mois de septembre 2025 par la D.g.s.p (Direction générale de la sécurité présidentielle), sur instruction du Président de la République, pour faire face à l’expansion du phénomène de banditisme par les jeunes appelés «bébés noirs ou kulunas». La présentation de ce rapport de 187 pages a fait l’objet d’une conférence de presse, le mardi 22 septembre dernier, à Brazzaville.
Si l’objectif de l’opération zéro kuluna ne pose pas de problème, en revanche les méthodes utilisées par la D.g.s.p ont conduit à des exécutions sommaires et des centaines de disparitions. Le rapport de l’O.c.d.h est le résultat de plusieurs mois d’investigations menées principalement dans les communes de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et N’kayi et dans la localité de Bambou où les agents de la D.g.s.p ont interpellé des centaines personnes.
Ce rapport indique que l’interpellation des personnes sur la base de la consommation de tramadol, du port d’un tatouage ou sur la simple présence dans certains quartiers ou certains lieux, voire sur dénonciation du voisinage, s’est effectuée en dehors de tout cadre judiciaire et en violation flagrante des droits fondamentaux de l’homme. Le rapport épingle, également, l’absence de tout mécanisme de recours et le risque élevé d’impunité au niveau des agents d’exécution de l’opération. D’où de de graves violations des droits humains, incluant des arrestations arbitraires massives et des actes de torture.

Aussi, l’O.c.d.h déplore-t-elle l’indifférence et la passivité des autorités judiciaires et des institutions nationales chargées des droits humains, à l’instar de la Commission nationale des droits de l’homme et du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non-gouvernementales. Son rapport fait savoir que les jeunes internés au Centre d’insertion et de réinsertion sociale d’Aubeville, dans le Département de la Bouenza, ne sont pas ceux issus des interpellations de l’opération zéro kuluna, mais plutôt les jeunes arrêtés dans le cadre de l’opération mixte police-gendarmerie effectuée à partir de juin 2024. Aucun jeune, parmi les 561 disparus de l’opération zéro kuluna ne s’y trouve, affirme le rapport.

Selon Parfait Moukoko, président du Conseil d’administration de l’O.c.d.h, on a créé une confusion savamment organisée par les pouvoirs publics, pour faire diversion sur le sort et le lieu de détention des personnes considérées comme disparues dans le cadre de l’opération zéro kuluna. Il a affirmé, également, qu’en dépit du précédent historique lié à l’affaire des disparus du beach, le Congo n’a pas encore adhéré à la convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Cette convention affirme que «lorsqu’elle est pratiquée de manière systématique ou généralisée, la disparition forcée constitue un crime contre l’humanité en droit international». De même, le Congo ne dispose pas de mécanisme institutionnel spécialisé de prévention, de recherche des personnes disparues et d’accompagnement des familles.











