Il y a plusieurs définitions du mot peuple. Voilà pourquoi l’usage de ce mot peut parfois contribuer à un abus de langage en démocratie. Il convenait bien sous le parti unique, car dans ce régime, d’autres partis politiques n’étaient pas autorisés, en dehors de celui qui détenait le pouvoir. Ceux qui n’étaient pas contents ou qui étaient opposés à une décision publique, n’avaient pas droit à la parole publique. Ils ne pouvaient pas manifester leur opposition ni la faire valoir. Ils n’avaient pas d’autre choix que de se taire et suivre ce qui avait été décidé. Autrement, c’était la prison, la torture. C’était le monopartisme. Ainsi, on pouvait dire: «Le peuple est d’accord avec la décision du gouvernement et il la soutient». De gré ou de force, tout le monde devait suivre.
En démocratie, c’est autrement. Il y a le multipartisme qui se traduit par l’existence de plusieurs partis qui se concurrencent, pour avoir la direction des affaires d’Etat. Les citoyens, qui constituent donc le peuple, sont libres d’adhérer aux partis de leurs choix. Tous les partis se valent devant la loi, mais ils n’ont pas tous évidemment le même poids politique. Il y en a qui pèsent plus que les autres suivant qu’ils ont des élus et drainent le plus grand nombre de militants.
En démocratie, les citoyens ont le droit d’exprimer et même de manifester leur opposition à une décision du gouvernement. Mais, ils n’ont pas le droit d’empêcher le gouvernement de travailler. Leurs manifestations ne doivent pas occasionner des troubles à l’ordre public. Ainsi, la bonne gouvernance en démocratie invite toujours les gouvernants à connaître l’état de l’opinion: ceux qui sont en faveur d’une décision publique et pour quelle raison, et ceux qui sont contre, pour quelle raison. Le poids de l’opinion publique compte dans la prise de décision. Gouverner sans tenir compte du poids de l’opinion revient à se priver de la légitimité citoyenne qui, à la longue, peut aboutir à la sanction électorale.
Parler donc de peuple qui veut ceci ou cela en démocratie revient souvent à occulter les autres courants d’opinion. Il faut respecter le choix des autres, même s’ils sont minoritaires. Bien sûr, il y a des décisions publiques ou des choix politiques suscitant l’adhésion de tous les citoyens. Avouons tout de même que ce sont des cas exceptionnels. En démocratie, les décisions publiques sont prises à la majorité et cela suffit. Le parlement, représentation nationale de tous les citoyens, donc du peuple souverain, fonctionne sur ce mode. Et une fois que la décision est prise à la majorité, elle est appliquée à tout le monde sans exception.
L’élection est le domaine par excellence de la concurrence et de la compétition politique. L’activité électorale engage souvent, tout d’abord les militants des partis et leurs dirigeants. Généralement, le choix des candidats est leur affaire. Tous les citoyens n’y participent pas. Par contre, tous les citoyens jouissant du droit de vote, matérialisé par la détention d’une carte d’électeur, ont le devoir d’aller plonger leur bulletin dans l’urne, le jour du vote. Ils participent ainsi à la décision de choisir démocratiquement celui qui va présider aux destinées de la Nation, lorsqu’il s’agit de l’élection présidentielle, comme celle programmée au Congo, les 17 et 22 mars 2026.
L’actualité nationale montre déjà une certaine effervescence entre militants de différents partis politiques, qui concourent à cette élection. Plusieurs candidats se sont déjà annoncés. C’est la démocratie! Pourtant, malgré nos différences de choix, nous sommes, tous, le peuple congolais, conscients de notre unité, que chacun est appelé à renforcer.
L’HORIZON AFRICAIN




