Si gouverner, c’est prévoir, il y a lieu de s’interroger ce qu’est devenu gouverner dans notre beau pays, le Congo. Un événement militaire se produit dans une partie du pays et c’est silence radio. Les citoyens se posent mille et une questions auxquelles ils n’auront pas de réponses adéquates sinon que des suppositions, des supputations. Que faut-il y voir? Sommes-nous toujours gouvernés? Le problème, ce n’est pas l’hélicoptère militaire chargé de munitions qui décolle d’une base, déchire le ciel de l’intérieur du pays et ouvre le feu sur des édifices, des cases ou des baraquements, avant de regagner sa base. La Force publique pouvant toujours être menée à agir, partout sur le territoire national. Le problème, c’est le mépris du droit à l’information des citoyens. Qu’est-ce qui se passe? Est-on en train de traquer un bandit avec des moyens militaires lourds?
Quand l’armée américaine a mené l’opération de capture du Président vénézuélien, Nicolas Maduro, on a vu, avant la fin de la journée où la nouvelle est tombée, le Président des Etats-Unis, Donald Trump, lui-même, tenir un point de presse, entouré de son chef d’Etat-major général des armées et de son ministre de la défense, pour édifier le peuple américain sur ce que le gouvernement venait d’autoriser à la force publique. C’est pour dire l’importance de la communication au niveau des dirigeants.
Qu’en temps de paix, des hélicoptères militaires décollent, ouvrent le feu et regagnent leur base, les citoyens ont droit à une explication de la part de leur gouvernement, au nom du droit à l’information et de la transparence dans la gouvernance publique. Par redevabilité aussi. Un tel fait suivi par beaucoup de gens ne relève pas du secret défense, dès lors qu’il s’est produit. La chaîne de commandement militaire est telle que faire décoller trois ou quatre hélicoptères chargés de munitions n’est pas un fait ordinaire. Qu’allait-il se passer si en décollant, ces hélicoptères étaient allés tirer sur le Palais présidentiel? Qui allait en répondre?
Croire qu’on peut s’en sortir par des pirouettes de silence, c’est exposer la gouvernance publique à des pratiques risquées pouvant coûter cher au peuple, à l’avenir. Espérons que nos chers élus du parlement permettront au gouvernement de tirer au clair cette situation. Tout le monde connaît les difficultés du Pool, un département sorti de plusieurs vagues de conflits armés depuis l’ouverture démocratique, les solutions sous forme de programmes y sont prévues, à commencer par le programme de réinsertion des ex-combattants. S’il y a réellement une volonté politique d’arrimer ce département à la dynamique de développement national, on ne voit pas ce qui l’empêcherait. Tout n’est que dans l’approche, dès lors que les conditions de base étaient réunies, avec les rebelles ayant déposé les armes. Revenir à la case-départ, ce serait la manifestation de l’échec d’une gouvernance. L’élection présidentielle arrive à grands pas. Plus que jamais, notre pays a besoin de paix, de stabilité et de tranquillité. La sécurité et la libre circulation des personnes et des biens devant être, plus que jamais garanties sur toute l’étendue du territoire national.
L’HORIZON AFRCAIN



