Le point important de l’actualité nationale, la semaine dernière, nous est venu de la dernière session du Comité national économique et financier, dirigé par le ministre des finances, du budget et du portefeuille public, Christian Yoka. Ce dernier nous rassure que l’économie nationale poursuit «une trajectoire encourageante», mais qui demeure encore «fragile». Avec l’année qui s’achève, le taux de croissance de notre P.i.b (Produit intérieur brut) table à 2,8%, contre plus de 1,5% en 2024. Tout ça, c’est positif et effectivement encourageant.
Mais, l’économie ne saurait se dissocier du social, c’est-à-dire «ce qui est construit par l’homme et pour l’homme, en tant qu’être collectif». Si le P.i.b a connu une nette progression au cours de cette année qui s’achève, on peut aussi relever qu’au cours de la même année, le social ne semble pas avoir suivi la même tendance haussière. Au contraire, on peut même parler de dégradation, au regard de l’avalanche des grèves dans le secteur public. L’Université Marien Ngouabi, l’établissement académique d’Etat, est en arrêt de travail depuis bientôt un mois, dans l’indifférence générale. Jusque-là, le gouvernement nous avait habitués à une certaine promptitude dans le dialogue social. Il donne maintenant l’impression d’être excédé, dépassé par les événements qu’il regarde de loin. On peut donc se demander quelle est cette économie qui progresse, sans impact significatif sur le monde du travail?
Le ministre des finances se réjouit de ce que le pays a retrouvé sa crédibilité sur le marché financier international où, début novembre dernier, il a réalisé une importante opération de levée de fonds. Mais, quel est l’impact de cet apport financier sur le social des Congolais, quand on voit par exemple les opérateurs économiques nationaux, c’est-à-dire l’élite congolaise en matière d’action économique, venir s’affaler au Ministère des finances, comme «les misérables» de Victor Hugo (roman), pour réclamer leur dû? Quel développement le Congo espère-t-il, en réduisant à la misère ses élites (universitaires, opérateurs économiques, travailleurs, étudiants)? Entendre qu’il y a la grève dans les hôpitaux devrait mettre mal à l’aise nos dirigeants. Chez nous, c’est devenu normal que les hôpitaux soient en grève. Tout est devenu justifiable: même les pénuries d’eau courante dans les grands centres urbains, 65 ans après l’indépendance. Comment alors parler de bien-être des populations?
Voilà le paradoxe auquel nous faisons face, entre l’économie et le social. Une croissance économique sans impact social se réduit à une somme nulle. Car, le but de toute politique de développement, c’est évidemment le bien-être des populations. Bien-être! Et le thermomètre de cet objectif est entre les mains des populations elles-mêmes. C’est à elles de dire: «Ça va; ça va mieux; ça va aller; ça va de plus en plus mieux; c’est bon pour le panier de la ménagère…». Comme le malade devant le médecin. Jamais le médecin ne va vanter l’efficacité de son traitement à travers les discours. C’est quand son malade guérit et reprend ses occupations quotidiennes, que le médecin peut alors vanter son traitement et sa manière de l’administrer. C’est cela, la gestion axée sur les résultats.
On ne le dira jamais assez, notre pays, sous la houlette du Président de la République, réunit les atouts fondamentaux pour son développement: stabilité institutionnelle; sécurité; paix; fonctionnement des services étatiques; administration; commerce, etc. Reste la question de l’homme, dans ses dimensions éthique et de compétence. Même les marxistes avaient dit: «L’homme qu’il faut à la place qu’il faut». Ce que les économistes de la fin du 20ème siècle ont traduit par la G.a.r (Gestion axée sur les résultats.
Comment va-t-on expliquer que d’un côté notre économie est en croissance et que de l’autre, la situation sociale de notre université, de nos opérateurs économiques, de nos hôpitaux, bref de nos travailleurs est en dégradation? Forcément, la croissance économique doit entraîner l’amélioration du social. Pour cela, les gouvernants doivent lutter non pas seulement contre la corruption, mais aussi contre la médiocrité.

L’HORIZON AFRICAIN

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