Enseignement supérieur
L’Université Marien Ngouabi encore en grève!
Ainsi donc, telle une fatalité irrésistible, à travers un destin tragique déjà tracé et que l’on subit sans pouvoir le modifier, l’Université Marien Ngouabi est de nouveau en grève générale et illimitée, à compter du vendredi 9 octobre 2026, «avec arrêt de toutes les activités académiques et du processus académique des concours». «Le travail ne reprendra que lorsque les revendications présentées trouveront satisfaction». C’est ce qu’a décidé le Collège intersyndical, réuni le jeudi 8 octobre 2026, au Complexe universitaire Bayardelle, à Brazzaville, «pour faire le point sur la suite donnée au préavis de grève lancé le 5 octobre dernier». Les syndicalistes ont constaté «avec indignation, l’indifférence du gouvernement de la République, face aux énormes difficultés que vivent les travailleurs de l’Université Ngouabi».
Que réclame le Collège intersyndical de l’Université Marien Ngouabi? Le paiement de tous les salaires dus aux travailleurs; la concomitance dans le paiement des salaires des agents de l’Université Marien Ngouabi avec ceux de la Fonction publique et le paiement de toutes les heures dues.

Le gouvernement, avec en tête le Premier ministre Anatole Collinet Makosso, s’était engagé à poursuivre les négociations avec les syndicalistes de l’Université Marien Ngouabi, lors d’une rencontre, le 7 septembre dernier, au Palais des congrès. «Avec les responsables des syndicats de l’Université Marien Ngouabi, il s’agissait d’une réunion interministérielle ordinaire, qui a permis d’anticiper sur les attentes de la communauté universitaire et d’identifier les dossiers nécessitant une attention particulière. Les échanges, jugés constructifs, ont débouché sur des engagements concrets: élaboration de cahiers de charges, poursuite des négociations, mesures à court et moyen terme et premiers paiements annoncés dans les prochains jours. Au-delà des revendications, le gouvernement fait le choix de l’anticipation, du dialogue et de la recherche de solutions durables, notamment pour l’apurement progressif de la dette sociale», est-il annoncé sur la Page Facebook de la Primature.
Mais, que s’est-il passé pour qu’on se retrouve à la case-départ? Le deuxième promis avant fin septembre n’a pas été payé et la poursuite des négociations n’a pas eu lieu. Bref, les proclamations de foi, c’est bien, mais si elles ne sont pas suivies d’actes concrets, ça ne marche pas. C’est l’éternel recommencement. La grève compromet la rentrée académique du 15 octobre, si jamais le gouvernement n’appelle les syndicalistes à reprendre le dialogue.
Urbain NZABANI
La rencontre du 7 septembre 2026 entre le gouvernement et les syndicalistes











