Commentaire

Y a-t-il des frustrations dans
les rangs de la Majorité présidentielle?

Les dirigeants des dix-neuf partis de la Majorité présidentielle s’apprêtent à signer, enfin, les textes fondamentaux régissant leur plateforme politique et la déclaration désignant le Président Denis Sassou-Nguesso comme leur candidat commun à l’élection présidentielle de mars 2026. Reportée à plusieurs reprises depuis mai 2025, la cérémonie se tient finalement dans la matinée du lundi 2 février 2026, au siège national du P.c.t (Parti congolais du travail), à Brazzaville, sous le patronage de Pierre Moussa, en sa qualité de président par intérim de la Majorité présidentielle. Les observateurs avertis de la vie politique congolaise savent qu’à cette phase, l’enthousiasme n’est pas le sentiment le mieux partagé chez tous les dirigeants, certains étant frustrés par la domination écrasante du P.c.t, lorsqu’il s’agit du «partage de l’éléphant après la victoire». Ils signent l’engagement, sans une moindre idée de ce qu’ils seront après l’élection ou disons de ce que le P.c.t voudra bien leur réserver. Un système de gouvernance qu’ils trouvent inéquitable.

Ce n’est pas le craquellement à la Majorité présidentielle, une famille politique bien soudée autour du Président Denis Sassou-Nguesso à qui elle s’apprête à assurer un cinquième mandat à la tête du pays, depuis 2002. Bien plus, la signature des partis alliés montre sa sagesse et son réalisme, car il sait qu’on ne peut pas gagner seul. En vieux routier de la politique, il a toujours mis un point d’honneur à ce qu’il faut ratisser large, pour gagner. Et c’est ainsi dans toutes les démocraties. Mais, il y a nécessairement des frustrations à évacuer.
On invoque souvent la question du poids politique de chaque parti. Au début, le principe était que chaque parti de la majorité présente ses candidats au premier tour, pour soutenir, après, celui qui arrive au deuxième tour. De telle sorte que le poids politique de chaque parti pouvait être apprécié. Au sortir de la guerre de 1997, le Président Denis Sassou-Nguesso avait proposé aux dirigeants des partis de la majorité, de soutenir un seul candidat dès le départ. Voilà comment est instauré le principe consistant à soutenir le candidat choisi dès le départ. Le poids politique de chaque parti ne comptant plus. En homme avisé et expérimenté, le Président Sassou-Nguesso sait qu’il faut ratisser large. La véritable base qui lui garantit sa victoire, c’est celle de la majorité présidentielle.
Mais que fait le P.c.t de cette victoire? Il se taille la part du lion, laissant la portion congrue aux alliés. Or, même dans la sagesse bantoue, quand on a fait la chasse ensemble, la chasse collective, le partage du gibier se fait sur la base de l’équité. C’est cela qui soude une communauté de destin et qui fait que demain, on va encore se mettre ensemble, pour la chasse collective.
Les dirigeants des partis de la majorite presidentielle, après l’adoption des textes fondamentaux de leur plateforme, en mai 2025
En tirant les vers du nez à certains dirigeants, on en déduit que la lune de miel risque d’être une page tournée, si le système persiste dans ce que ces dirigeants considèrent comme de l’iniquité dans la manière dont leurs partis sont traités, lorsqu’il s’agit de la répartition des responsabilités au niveau de l’Etat. La photo actuelle des institutions nationales de souveraineté donne que le P.c.t a la haute main sur tout: primature, présidences du sénat et de l’assemblée nationale, sans compter les collectivités locales. Les leaders alliés vont signer, mais ils ne savent pas ce qui les attend demain. Ils ignorent à quelle sauce ils seront mangés après la victoire, puisque que le partage relève de la volonté exclusive du gagnant.
En principe, en démocratie, on établit déjà la règle du partage, avant la victoire. De telle sorte que les uns et les autres savent à quoi ils peuvent s’attendre. Les alliés ont la pression de leurs bases. L’alliance ne doit pas être un moyen de les étouffer. Autrement, il faut revenir à l’ancien système où chaque parti de la majorité présentait son candidat, quitte à soutenir celui qui arrive au deuxième tour. Comme ça, on saura le poids politique réel de chaque parti. Mais, ils pensent ne plus revenir à ce système, si le P.c.t accepte de mettre de l’équité avec ses alliés, dans la répartition des responsabilités publiques, afin de mieux accompagner le Président de la République dans ses efforts de développement du pays.
Jean-Clotaire DIATOU

Oh bonjour
Ravi de vous retrouver.

Inscrivez-vous pour recevoir du contenu génial dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici