Ministère de la santé et de la population
La semaine africaine de la vaccination lancée par le prof Jean-Rosaire Ibara
«Pour chaque génération, les vaccins sont efficaces», c’est le thème de la 16ème édition de la S.a.v. (Semaine africaine de la vaccination), qui se déroule du 24 au 30 avril 2026, sur toute l’étendue du territoire national. Son lancement officiel a eu lieu le vendredi 24 avril 2026, dans l’enceinte de l’Hôpital spécialisé Mère-enfant Blanche Gomès, à Brazzaville, sous le patronage du prof Jean-Rosaire Ibara, ministre de la santé et de la population. La campagne de vaccination de cette année est couplée à l’introduction, dans le calendrier national de vaccination, de la dose de naissance du vaccin contre l’Hépatite B.
Plusieurs personnalités ont réhaussé de leur présence l’éclat de la cérémonie de lancement officiel de la S.a.v. (Semaine africaine de la vaccination), parmi lesquelles le Dr Vincent Dossou Sodjinou, représentant-résident de l’O.m.s au Congo, Dieudonné Bantsimba, député-maire de Brazzaville, la Dre Yolande Voumbo Matoumona, conseillère du Président de la République, cheffe de Département santé, Mme Lucie Okemba, administrateur-maire du troisième arrondissement Poto-Poto.


Depuis 1974, la vaccination a permis de sauver plus de 154 millions de vies dans le monde, dont environ 1,8 million chaque année en Afrique. Son importance n’est plus à démontrer, mais il faut rappeler que «la vaccination contribue à réduire la mortalité infantile et constitue un pilier essentiel des soins de santé primaires, de la couverture sanitaire universelle et du développement durable», a dit le représentant de l’O.m.s. Ce dernier a cependant déploré le nombre encore trop élevé, notamment des millions d’enfants qui ne n’ont toujours pas accès aux vaccins essentiels. «En Afrique, environ 6,7 millions d’enfants n’ont reçu aucune dose de vaccin, et près de 9,5 millions restent sous-vaccinés. Ces enfants vivent dans des contextes fragiles, où les inégalités persistent», a-t-ill poursuivi.
Au regard de cet état de choses, le diplomate onusien a appelé à une responsabilité collective engagée. Aux gouvernements africains d’investir davantage dans la vaccination. «Faites-en une priorité nationale»,a-t-il martelé. Aux Ministères de la santé, d’intégrer pleinement la vaccination dans les soins de santé primaires et assurer un accès équitable aux vaccins. Aux professionnels de santé, de continuer à être les premiers ambassadeurs dans les communautés, de la confiance vaccinale. Aux partenaires et à la société civile, de poursuivre leur engagement, pour soutenir des solutions adaptées aux réalités locales.

Pour le Dr Vincent Dossou Sodjinou, la S.a.v. est un moment-clé qui permet de rappeler l’importance des vaccins, de renforcer la sensibilisation et d’accélérer l’action.«Elle nous permet d’atteindre les enfants qui n’ont pas encore été vaccinés, de stimuler la demande et de promouvoir la vaccination tout au long de la vie», a-t-il souligné. Il a salué les efforts du gouvernement congolais, qui a renforcé ses infrastructures de santé.

Dans son propos liminaire, le ministre Ibara a d’abord rendu hommage au couple présidentiel, pour son leadership constant en faveur de la santé publique, de la protection de l’enfance, de la femme enceinte et des populations vulnérables. Il s’est réjoui du choix de Brazzaville, pour abriter ce lancement régional. Pour lui, l’action nationale s’inscrit pleinement dans l’agenda mondial pour la vaccination, à l’horizon 2030 de l’O.m.s, qui fixe les objectifs suivants: réduire de moitié les enfants zéro dose; atteindre 90% de couverture pour les vaccins essentiels; introduire les nouveaux vaccins et garantir l’équité vaccinale, afin que nul ne soit laissé pour compte. «Les vaccins ont sauvé plus de 150 millions de vies au cours des 50 dernières années, soit près de 6 vies chaque année», s’est félicité le ministre de la santé et de la population.

Dose de naissance du vaccin contre l’Hépatite B
Pour le ministre Ibara, la 16ème édition de la S.a.v revêt, pour le Congo, une portée historique. Elle consacre une avancée majeure, avec l’introduction officielle, dans le calendrier vaccinal, de la dose de naissance du vaccin contre l’Hépatite B, un fléau silencieux à combattre à tout prix.
C’est ainsi qu’en 1994, le Centre international de recherches sur le cancer a officiellement classé le virus de l’hépatite B parmi les cancérogènes avérés pour l’homme, aux côtés du tabac et d’autres agents majeurs. «Dans notre région africaine, la prévalence dépasse parfois 8% dans certains pays, et la transmission de la mère à l’enfant à la naissance est un mode de contamination majeur. Un nourrisson infecté a jusqu’à 90% le risque de développer une infection chronique, évoluant vers la cirrhose ou le cancer primitif du foie», a-t-il expliqué. Le Congo a décidé de renverser la tendance, pour éliminer l’Hépatite B. «Désormais, chaque nouveau-né sur le sol congolais recevra, dans les 24 heures suivant sa naissance, une dose monovalente de vaccin contre l’Hépatite B, avec une efficacité préventive proche de 90%. Le Congo rejoint ainsi les 115 pays déjà engagés dans l’élimination de l’Hépatite B à l’horizon 2030», a-t-il précisé.
Pour lier la parole à l’acte, un échantillon de nouveaux-nés ont reçu ce vaccin, en présence du ministre de la santé et de la population. Le Congo est classé parmi les pays à forte prévalence, bien que la plupart des études menées sur les hépatites virales soient parcellaires et concernent particulièrement certains groupes de populations, comme les femmes enceintes, les donneurs de sang, les drépanocytaires, les populations autochtones, les militaires et les étudiants. Avec l’introduction de ce vaccin, le pays fait un pas en avant dans la lutte contre l’Hépatite B.
Urbain NZABANI
Reportage









