Gouvernance forestière
Pour une meilleure prise en compte de
leurs recommandations de la société civile
À Brazzaville, la société civile entend peser davantage dans les réformes liées à la gestion des ressources naturelles. Ainsi, deux organisations de défense des droits de l’homme, la R.p.d.h (Rencontre pour la paix et des droits de l’homme) et l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme) ont organisé, lundi 30 mars 2026, à l’Hôtel Saint-François de Paul (Siège de l’Acerac) à Brazzaville, un atelier de plaidoyer, pour exiger une meilleure prise en compte de leurs recommandations dans la gouvernance forestière et climatique au Congo.
Sous la direction de Christian Mounzéo, coordonnateur de la R.p.d.h, en présence de Mme Cynthia Nina Kiyindou, directrice exécutive de l’O.c.d.h, l’atelier a été organisé dans le cadre du Gesop (Groupe des experts sur la synergie des organisations et des plateformes de la société civile), un espace d’analyse, de réflexion et d’action des praticiens et militants issus de différentes organisations de la société civile, en vue de construire un plaidoyer commun face aux enjeux et défis liés à la gouvernance climatique, foncière et forestière et l’aménagement du territoire.

Il a réuni près d’une vingtaine d’acteurs engagés dans la défense de l’environnement et des droits des communautés locales. Objectif affiché: identifier et évaluer les obstacles à l’application effective des réformes et in fine proposer des approches de solution pour leur applicabilité réelle; évaluer les retombées de la transparence des revenus forestiers sur l’économie, l’environnement et les droits des communautés locales. Le tout devant être remonté au G.t.m.a (Groupe de travail multi-acteurs), instance-clé dans la définition des politiques forestières, afin de définir les axes prioritaires du plaidoyer du Gesop pour 2026.

Sur le papier, le Congo s’est engagé dans des initiatives internationales de premier plan, comme la Cafi (Initiative pour les forêts d’Afrique centrale) et l’I.t.i.e (Initiative pour la transparence dans les industries extractives). Des cadres censés garantir transparence, redevabilité et inclusion dans la gestion des ressources naturelles. Mais, dans la pratique, les organisations de la société civile relèvent un décalage entre les engagements et leur application sur le terrain.
«Nous avons résolu de nous assurer que, grâce au plaidoyer que nous allons mener, des conditions soient créées pour mobiliser des ressources et financer le suivi des engagements pris, afin de mieux mettre en évidence les droits des communautés», a déclaré Christian Mounzéo à la presse. Celui-ci a également rappelé que la forêt couvre plus de la moitié du territoire national, insistant sur la nécessité pour cette richesse de bénéficier prioritairement aux populations locales et autochtones. «L’exploitation de cette ressource doit nécessairement profiter aux communautés qui devraient en être les premières bénéficiaires», a-t-il ajouté.










