C’était une cérémonie grandiose, une première dans l’histoire du Congo, qu’un Chef d’Etat fasse son entrée en fonction dans un stade plein d’un public portant différents uniformes dont certains aux couleurs nationales, alors que dehors, sous un soleil d’aplomb, il y avait encore des foules pouvant remplir une ou deux fois ce stade. La mobilisation des populations était importante, même si certaines critiques se font entendre, sur la motivation pécuniaire de cette mobilisation.
La cérémonie, prévue à 11h mais ayant démarré un peu plus de deux heures plus tard, sous la modération de notre confrère Bienvenu Boudimbou, comportait plusieurs étapes, dont l’audience de prestation de serment devant la Cour constitutionnelle présidée par Auguste Iloki, le port du collier de grand-maître des ordres nationaux, le discours d’investiture et la parade militaire. Tout a commencé par la revue des troupes dès l’arrivée du Président réélu. Il y a eu la présentation des Chefs d’Etat, des invités de marque présents et des représentants des Chefs d’Etat.

Il s’est agi notamment de l’Angolais Joao Lourenço, du Burundais Evariste Ndayishimiyé, qui est aussi Président en exercice de l’Union africaine, du Rwandais Paul Kagamé, du Congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, du Tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, du Comorien Azali Assoumani, du Togolais Jean-Lucien Savi de Tové ainsi que des représentants des Présidents chinois, américain, français, russe et bien d’autres pays, sans oublier des anciens Chefs d’Etat africains, notamment Thomas Yayi Boni du Bénin, Umaro Sissoko Embalo de la Guinée Bissau, et l’une des icônes du football africain, le Camerounais Samuel Etoo, président de la Fécafoot (Fédération camerounaise de football).
L’audience de la Cour constitutionnelle a été marquée par le rappel de la décision de la cour sur le contentieux électoral et des résultats de l’élection présidentielle consacrant la victoire de l’impétrant. Puis ce dernier a été appelé à prononcer le serment constitutionnel, main droite levée. L’audience a pris fin par l’intervention du président de la Cour constitutionnelle et les félicitations des membres de la cour au Président de la République investi dans ses fonctions.

Puis, celui-ci a prononcé son discours d’investiture. Il s’est engagé «à ne jamais trahir son peuple qui s’est mobilisé pour l’honorer et lui renouveler sa confiance et sa disponibilité». Après avoir jeté un regard rétrospectif et bilanciel sur ses différentes mandatures écoulées à la tête du pays, Denis Sassou a salué la forte mobilisation de la population et la bonne tenue du processus électoral ayant abouti à sa réélection à la magistrature suprême. Il a, également, exprimé sa gratitude à la Force publique, «qui, après avoir participé au vote, en tant que citoyen congolais, a assuré la sécurité des opérations». Pour lui, «en portant le choix sur son projet de société, les Congolaises et les Congolais ont fait le choix de l’expérience, de la responsabilité, de la stabilité et de la continuité». Ainsi, il s’est engagé «à ne ménager aucun effort dans la prise en main et la gestion des principaux défis du développement du Congo».
En sa qualité de principal garant de l’unité nationale, Denis Sassou-Nguesso, l’élection présidentielle terminée, a tenu à rassurer qu’il redevient «le Président de tous les Congolais, sans exception». Et, d’ajouter: «Porter la foi et l’espérance du peuple est une lourde responsabilité devant ma conscience, devant l’histoire. Plus précisément, l’engagement que je prends est de ne jamais trahir ce peuple qui s’est mobilisé pour m’honorer et me renouveler sa confiance sa disponibilité». Denis Sassou-Nguesso s’est, par ailleurs engagé à tout faire pour que «la paix devienne un acquis irréversible au Congo».
Il a déclaré que ce nouveau quinquennat sera axé sur dix actions prioritaires, conformément à son désormais programme de société «Accélération de la marche vers le développement ». Il s’agira entre autres de:
– mobiliser les ressources financières publiques additionnelles;
– accroitre l’investissement dans le capital humain;
– amplifier la lutte contre les comportements déviants des agents de l’Etat; redynamiser l’économie nationale;
– prioriser l’agriculture au sens large et l’industrie;
– créer des emplois au plus grand nombre;
– poursuivre le déploiement des infrastructures de base et du développement;
– promouvoir la recherche scientifique, l’innovation technologique et le progrès technique;
– approfondir les droits sociaux et de préserver un environnement sain pour la population.
Concernant l’intégration sous-régionale, il sera question de renforcer la vocation du Congo pays de transit.
Pour son nouveau quinquennat à la tête du pays, le Président Sassou-Nguesso a promis la réalisation de plusieurs projets comme la mise en œuvre effective des Z.e.s (Zones économiques spéciales) et des industries extractives, la modernisation du transport urbain, l’électricité, ainsi que l’assainissement des grandes villes, par des procédées modernes et la création accélérée d’opportunités d’emplois au profit des jeunes et des femmes dans le secteur dans le secteur de l’agriculture au sens large. Il prévoit aussi «la revitalisation des sports et loisirs, pour un renouveau certain». Il y «veillerait personnellement au cours de ce quinquennat».
S’adressant «spécifiquement à la jeunesse pour son dynamisme, son énergie et sa vitalité, il pense qu’«accélérer la prise de conscience des jeunes, appelés à prendre le relais, apprendre, assumer et à s’assumer devient une exigence capitale. C’est pourquoi il a invité «la jeunesse au travail et l’humilité, à interagir avec les anciens, dans une sorte de contrat génération. Aux, femmes, il va accorder «une attention toute particulière et il prendra véritablement en compte» leurs doléances exprimées dans le pacte social du 8 mars 2026 qui résume leurs aspirations».
La cérémonie d’investiture du Président de la République Denis Sassou-Nguesso a été sanctionnée par une parade militaire, dans un stade l’Unité totalement rénové après avoir subi un pillage dont les auteurs n’ont jamais été inquiétés jusqu’à ce jour. Mais, il faut relever qu’une partie de l’assistance commençait à quitter le stade, avant même la fin de la cérémonie, celle-ci étant très longue.
Hervé EKIRONO









