Musique
Quand Cedro-la-loi et Zily électrisent
le mythique Casino de Paris !
Avec leur langage spécifique, les jeunes diraient de Cedro-la-loi qu’il a actuellement «du gaz». Sollicité partout où l’on veut du feu, du spectacle, du waouh, le showman congolais du coupé-décalé, est devenu, depuis un certain temps, le point de mire de la scène musicale congolaise, en France, du moins dans la catégorie «musique urbaine». En «pyromane» expérimenté des scènes, il a encore frappé un grand coup, le vendredi 22 mai 2026, au mythique Casino de Paris, au concert de la diva mahoraise, Zily, devant plus de mille cinq cents personnes, sous la production d’Alex Soon, l’indiscutable révélateur de grands talents.
Ça n’est pas donné à tous les artistes d’enflammer la foule en quelques gestes et, surtout, en peu de temps. Au regard de ses performances, Cedro-la-loi peut se targuer d’en avoir le talent. Il s’inscrit ainsi dans la lignée de ses aînés, tels que Loko Massengo, Lita Bembo ou Aurlus Mabele. La veille d’un long week-end de Pentecôte, où les gens sont plutôt décontractés, plus est sous un jour ensoleillé qui offre une fenêtre de tir pour la réussite d’un tel évènement.
Le vendredi 22 mai vers 18h, la Rue Clichy, où se trouve le Casino de Paris, grouille de monde. Ses abords sont pris d’assaut par un public jeune, nombreux et excité, venu des quatre coins de la France et d’ailleurs, vivre ce moment unique. L’ambiance bat son plein, avec cette légèreté des années «yéyé», où la gent féminine, décomplexée, voulait s’affirmer. Bref, tout semble à l’image de Zily, figure majeure de la musique de l’Océan indien, plaçant la défense des droits des femmes au cœur de ses combats.

En maîtres de cérémonie, Anly, semble-t-il, journaliste à Télé-Mayotte première, et Gladys Mignan, animatrice à Africa radio, lancent les hostilités. La programmation artistique sur la partie tremplin, fleure bon le panafricanisme. Comme des étoiles filantes, on voit passer sur scène, toute une brochette de musiciens tels que la Centrafricaine Massanga, le Malgacho-comorien Moumtaz Nyora, l’Ivoirien Stéphane Sacré, avant le Congolais Cedro-la-loi. C’est aux environs de 20h45 qu’il il foule la scène, sportivement, avec cette fougue digne d’une bête. D’une bête de scène, comme son école, le Clan Nuit-à-Nuit, sous la férule de son manager, Lionel Bas, a su en façonner d’autres.
Elevé parmi les fromagers de la forêt du Mayombe, dans son Congo natal, il est habitué aux milieux hostiles. Dans cette salle feutrée, malgré le poids des enjeux, il est comme un poisson dans l’eau. Ça se voit à la manière dont l’artiste s’amuse, envahissant la scène de ses postures presque arrogantes, pourtant si complices avec ce public, qui l’accompagne fidèlement. Entré sur scène aux sons de «Nzela ebendé», son dernier titre, il fait apparaître sa danseuse, lorsque cette chanson arrive à maturité. Avec elle, Cedro-la-loi va former un duo infernal, qui tiendra le public en haleine, durant toute leur prestation.

Autour de 21h, panique générale dans la salle! L’entrée sur scène de la reine de la soirée, la diva Zily, vient d’être annoncée. Élégante, toute de blanc vêtue, elle est surmontée d’un joli chapeau, affinant d’autant sa silhouette et réhaussant sa prestance scénique. Déjà conquis, le public aux anges s’affole! Les téléphones sortent de leur tanière, à qui mieux mieux, pour immortaliser ce moment magique, féérique. Au total, le public aura eu droit à un voyage musical d’environ une heure trente minutes avec Zily.
Concert de bonne tenue, titrant autour de 50 euros la place, le public en aura eu pour son argent. Les artistes, notamment Cédro-la-loi, qui a déjà annoncé un maxi single, «No touch ling», en feat avec son compatriote Dj Rox, et un autre «Au mariage de mon ex», en feat, coïncidence avec la Malgache Tence Mena, ont donné le meilleur d’eux-mêmes. L’imagination précédant l’action, le public peut rêver, un jour prochain, d’un concert duo Zily/Cedro-la-loi, question de poursuivre ce dialogue culturel réinitialisé ce jour, entre les régions de l’Océan indien et le Congo. Le ministre des affaires étrangères, Constant Serge Bounda, ayant des affinités avec ces peuples, pour avoir été auparavant ambassadeur du Congo au Mozambique, avec accréditation dans la région de l’Océan indien, ferait bien de pousser dans ce sens, dans le sillage de la diplomatie culturelle.
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical
(Paris France)
Zily au Casino de Paris
Cedro La Loi: «Nzéla ya ebende»









