A peine sorti, il y a quelques mois, d’un programme économique et financier au résultat pourtant satisfaisant, le Congo-Brazzaville frappe de nouveau à la porte du F.m.i (Fonds monétaire international), pour solliciter la mise en place urgente d’un nouveau programme, «pour soutenir les efforts engagés par le gouvernement en faveur de la relance économique, de la maîtrise des finances publiques et du financement durable des priorités nationales, notamment dans les secteurs sociaux et les infrastructures», selon le communiqué de presse publié le 11 mai dernier par le Ministère des finances, du budget et du portefeuille public.

Le Congo-Brazzaville a été en programme triennal avec le F.m.i, de janvier 2022 à mars 2025. Dans le cadre de ce programme, le pays a bénéficié d’une Fec (Facilité élargie de crédit) d’un montant total de 455 millions de dollars américains (soit un peu plus de 228 milliards de francs Cfa). Les objectifs de ce programme, d’après le F.m.i, étaient de «réduire les vulnérabilités à la dette, tout en mettant en œuvre une politique budgétaire qui favorise une reprise économique forte et équitable. Il sera important de faire progresser de vastes réformes structurelles, y compris des mesures de lutte contre la corruption, des mesures visant à accroître la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et des réformes du secteur de l’énergie, pour améliorer la gouvernance et l’environnement des entreprises».
Le Congo a passé, avec succès, les six revues de ce programme. Mais, au final, les objectifs n’étaient pas pleinement atteints. «Les performances du programme ont été mitigés», réagissait le F.m.i à la conclusion de la 6ème revue.
Le problème est, en réalité, politique. La lutte contre la corruption, la mise en œuvre des réformes, le remboursement de la dette publique, la transparence des finances publiques, etc, sont autant de facteurs qui suscitent des controverses au sein de la classe dirigeante. En plus de ce qu’au sein de cette classe dirigeante, il n’y a pas d’unanimité sur la coopération avec le F.m.i. Le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, est tiraillé entre ceux de ses proches qui sont pour une relance économique avec l’appui du F.m.i et d’autres qui pensent que la coopération avec certains pays du Moyen-Orient et des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) peut permettre de relancer l’économie nationale, sans avoir besoin de passer sous les fourches caudines du F.m.i. Ceux-ci considèrent que les conditions du F.m.i sont trop dures et donc posent problème à la souveraineté du pays. D’où la multiplication des visites présidentielles dans certains de ces riches pays pétroliers et/ou gaziers. Mais, si des accords bilatéraux sont signés, les résultats sur le plan économique tardent à se manifester.
Le Congo faisant partie d’une communauté économique et monétaire, il est tout de même obligé de se soumettre à la politique communautaire. «Cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements pris par les Chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), lors du sommet extraordinaire tenu le 22 janvier dernier à Brazzaville, à l’initiative de Son Excellence Monsieur Denis Sassou-Nguesso, Président de la République, Chef de l’Etat, Président en exercice de la Cemac, au cours duquel les Etats membres ont réaffirmé leur détermination collective à renforcer la stabilité macro-économique et la viabilité des finances publiques, notamment en s’engageant à inscrire l’ensemble des pays de a sous-région, dans des programmes soutenus par le F.m.i», signale le communiqué de presse du Ministère des finances, du budget et du portefeuille public.
En clair, si le gouvernement de Brazzaville frappe de nouveau à la porte du F.m.i, ce n’est pas par conviction ou choix politique. C’est la pression de la Cemac, devant la situation économique profondément préoccupante de la plupart des Etats membres dont le Congo. Le Président Denis Sassou-Nguesso joue les deux cartes, histoire de voir là où ça peut marcher. Sauf qu’avec les programmes du F.m.i, on tombe dans une sorte de manque de volonté politique à réaliser les réformes. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne? Une mission du F.m.i est annoncée à Brazzaville, dès le mois de juin prochain. Comme quoi, «Bis repetita placent» (Les choses répétées deux fois sont plaisantes).

Jean-Clotaire
DIATOU

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