Naïrobi, la capitale du Kenya, a abrité, du lundi 11 au mardi 12 mai 2026, le sommet «Africa forward», un nouveau format des relations entre les pays africains et l’ancienne puissance colonisatrice, la France, pour mettre l’accent sur les questions économiques, avec la construction des infrastructures de développement, l’entreprenariat et la jeunesse. Appelé «partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance», ce sommet, organisé à l’initiative du Chef d’Etat français, Emmanuel Macron, et du Président kanyan, William Ruto, a réuni plus de deux mille acteurs politiques, économiques et de la société civile. Le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, y a été représenté par le Vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya, chargé de la coordination des infrastructures de développement et de l’aménagement du territoire. Il était accompagné de Constant Serges Bounda, ministre des affaires étrangères, de la francophonie et des congolais de l’étranger.

L’histoire des sommets franco-africains remonte aux années 70, après la phase des relations bilatérales entre la France et les pays ayant constitué ses colonies en Afrique. A partir de 1973, les sommets France-Afrique se tiennent régulièrement, chaque année, entre 1975 et 1989. Le sommet France-Afrique de La Baule, en France, marque une grande rupture, avec le discours du Président François Mitterrand qui conditionne l’aide publique au développement, au progrès de démocratisation et de bonne gouvernance dans les pays africains. Cette nouvelle politique française crée un contexte favorable à l’ouverture démocratique dans les pays francophones dirigés alors par des régimes à parti unique, souvent autoritaristes et peu soucieux du respect des droits de l’homme.
Pour échapper aux critiques de ce qu’on va appeler la «françafrique», caractérisée par l’ingérence de Paris dans les affaires intérieures des Etats Africains et surtout la corruption des dirigeants africains pour se maintenir au pouvoir, les locataires qui se succèdent à l’Elysée font évoluer les relations avec l’Afrique. Le pré-carré français est condamné à être relégué au second plan dans les relations entre la France et l’Afrique.

Jean-jacques reçu par le Président William Ruto.

Le sommet s’appelle dorénavant Afrique-France et il est ouvert à tous les pays du continent. Le principe de la diversification des partenariats est mis en avant. Voilà comment les pays africains vont se tourner à d’autres partenaires comme Pékin, Moscou, Tokyo, Berlin, Rome, Bruxelles, etc. De plus en plus, les sommets Afrique-France perdent leur régularité annuelle. En octobre 2021, Emmanuel Macron lance un nouveau format du sommet à Montpellier, où aucun Chef d’Etat africain n’a été invité. A la place, il instaure un dialogue avec la société civile africaine, particulièrement la jeunesse, qui transforme la tribune en un procès sans appel contre les dirigeants africains accusés de corruption et de mauvaise gouvernance. Un Conseil de suivi des recommandations de ce sommet est mis en place et sa direction est confiée à un avocat camerounais, maître Jacques Jonathan Nyemb.
Ce sommet de la société civile avec Emmanuel Macron se termine dans l’oubli et l’indifférence des Chefs d’Etat africains, qui se tournent alors vers une nouvelle coalition internationale, appelée «les pays du Sud global». Cette coalition, qui n’est pas sans rappeler celle des pays non-alignés, manifeste sa volonté de rééquilibrer l’ordre mondial trop dominé par les pays occidentaux. Du pain béni pour Moscou qui mène une offensive sur le continent, afin de supplanter la présence française. Voilà comment Emmanuel Macron, pour son dernier baroud d’honneur en Afrique, est arrivé à lancer l’initiative du Sommet Africa forward, avec son homologue kenyan.
Une vingtaine de Chefs d’État y étaient présents dont les plus en vue comme le Nigerian Bola Ahmed Tinubu, l’Ivoirien Alassane Ouattara, l’Egyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Congolais (RD Congo)  Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Rwandais Paul Kagame, le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, etc. Les autres se sont fait représenter. C’est le cas du Congolais Denis Sassou-Nguesso, qui a envoyé un de ses proches, le Vice-Premier ministre Jean-Jacques Bouya. L’absence du numéro un congolais, qui revenait d’une visite d’Etat à Mascou, donne lieu à diverses interprétations dans les relations entre son pays et la France.

Jean-Clotaire DIATOU

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