Musique

A Vitry-sur-Seine, «Dimanche zen» a tenu
ses promesses, malgré la pluie

Si la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin, à l’égard du «fieffé» mélomane, elle ne fait guère mieux! En effet, malgré une pluie battante, les jeunes étaient nombreux à se rendre, le dimanche 10 mai 2026, au grand chapiteau «Le Kilowatt», de Vitry-sur-Seine, en banlieue Sud-Est de Paris (France), où se tenait la deuxième édition du «Dimanche zen», un concept original de divertissement, éprouvé avec succès à Brazzaville, que ses organisateurs dupliquent en région parisienne, depuis l’année passée.

Quelques temps déjà que «Dimanche zen» fait l’actualité des réseaux sociaux, campant, sans concession, sous les feux des projecteurs, notamment des influenceurs congolais. De «La Patrona 242» à Diouf Makoma, en passant par «D.d.o stars’s», tous en ont fait la promotion. A l’arrivée, un concert de bonne tenue, face à un public motivé, mais numériquement en dessous des attentes, à cause, sûrement, d’une météo défavorable. Toutefois, Charlemagne Mayassi, l’un des organisateurs, avec qui nous avons échangé à ce sujet, nous a avoué, dans un sursaut d’autocritique louable, qu’il n’entendait pas se dédouaner à bon compte sur dame pluie, préférant ouvrir une réflexion sur la pertinence du concept en France. Un «Samedi zen» ne serait-il pas plus réaliste? Les canaux de communication choisis ont-ils été les bons? Bref, le chantier est ouvert.
Les D.j Prince Love et Bookson (assis, de dos) pendant le concert dans le chapiteau
En attendant, les organisateurs ont dû gérer le fait accompli, sous ce beau chapiteau «perdu» en pleine zone industrielle de Vitry-sur-Seine. Progressivement, celui-ci s’est retrouvé investi par le public, dans une ambiance bon enfant, assurée par le tandem DJ Prince Love et DJ Bookson. C’est difficilement qu’ils sont parvenus à chauffer la salle, pour évacuer la morosité ambiante due à la météo. Pendant ce temps, Josh Dido et Richman Senso, les autres membres du board, s’activaient à serrer les derniers boulons de l’intendance. Car, au-delà de la musique, «Dimanche zen» se veut être un genre de ginguette africaine, où l’on vient prendre du bon temps et, le cas échéant, réseauter. D’ailleurs, tout y est pensé pour décontracter l’atmosphère: brochettes, poulet, poisson à la braise, etc, pouvant être accompagnés, selon les convenances, d’une bonne bière ou d’un bon vin, disponibles au bar, juste à côté.
Les artistes chanteurs Varan de Komodo et Nathan de F’Victeam de Fally Ipupa, en duo émouvant
A mesure que s’est déployée la programmation artistique, l’applaudimètre s’est affolé, continuant de cracher ses assourdissants décibels. Le bal s’est ouvert aux sons de NJ-le-Bonbon, une chanteuse à la voix lyrique qui, avec ses ballades sentimentales, a augmenté la pression d’un cran. Juste après, elle est remplacée par Tété Ketch et Emilio Lacass, deux étoiles montantes du coupé-décalé congolais, programmés d’ailleurs le 16 mai 2026, au Pan Piper de Paris, sous le label Alexsoon Production.
Puis, est arrivé le temps fort de la soirée, celui de la prestation de Cedro-la-loi, réputé showman. Evidemment, l’artiste a tenu ses promesses, retournant la salle, comme à ses habitudes. Avec sa spectaculaire danse «biloko ya Jacky», simulant un combat de kung-fu, il a transformé la salle en dojo grandeur nature, donnant du fil à retordre à son confrère Don T.s.r, qui lui a succédé.
Cedro-La-Loi et des mélomanes en mode Biloko ya Jacky
L’ambiance de Dimanche zen à Vitry-sur-Seine
Le mercure est retombé juste après, avec le rumberos Varan de Komodo, un ancien d’Extra Musica Zangul. En duo improvisé avec Nathan Munkala de F’Victeam de Fally Ipupa, ils ont ramené le public sur le «droit chemin» de la rumba, cette madre de la plupart des Afro-beats. Par un sublime jeu de rôle vocal, ils ont offert au public un captivant moment d’évasion sur lequel sont, d’ailleurs, retombés les rideaux de la scène.
Doivent être salués pour leur soutien à la musique, tous les sponsors de cet événement culturel, en particulier les enseignes présentes, notamment «le Café du chef» et «Lemfi», deux entreprises opérant au Congo. Doivent l’être, également, toutes ces «petites mains» qui ont agi dans l’ombre, comme Arthésia Blecke Joker ou Danyelle, «la queen téké», dont les touches participent à la réussite des œuvres culturelles.
Finalement, le concert du «Dimanche zen» est plutôt une réussite, malgré l’embûche météorologique, n’en déplaise à dame pluie, ce trouble-fête jaloux! L’histoire retiendra de cette deuxième édition qu’elle aura été celle de la confirmation, ouvrant dans la foulée, de nouvelles perspectives, comme ce troisième concert déjà annoncé pour juillet prochain. Décidemment, il n’y a jamais deux sans trois!
Guy Francis TSIEHELA
Chroniqueur musical. Paris France.

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