Croix-Rouge
Deux pertes immenses: le Burundais François-Xavier Buyoya et
le Nigérien Ali Bandiare
Nous venons d’être informés du décès inopiné, le 9 septembre 2025, du Dr François-Xavier Buyoya, président émérite de la Croix-Rouge burundaise. En même temps, nous avons appris que le président Ali Bandiare de la Croix-Rouge nigérienne était décédé le 28 février 2025, à l’âge de 83 ans. Comment ne pas manifester notre profonde désolation face à la perte immense au sein de notre mouvement, de ces illustres personnalités? Le président Buyoya, qui avait cessé toute activité à cause d’une maladie depuis trois ans, fut, pour la Croix-Rouge, une éminente personnalité dont la voix portait lors de nos rencontres. Sa forte posture et son calme légendaire imposaient le respect et la considération de tous.

A l’assemblée générale de 1981, à Manille, capitale des Philippines, où nous avions amorcé la nouvelle stratégie des années 90, parlant désormais d’une offensive plus marquée dans l’action humanitaire, les présidents Buyoya et Bandiaré ainsi que bien d’autres d’entre nous fûmes au-devant de nos conquêtes. A cette mémorable assemblée générale, nous avions préconisé la décentralisation au sein de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. En effet, mettant en pratique les pertinentes décisions prises, il fut créé des représentations régionales dans toutes les zones des cinq continents.

En Afrique, la fédération mit en marche les antennes de Nairobi pour l’Afrique de l’Est et de Brazzaville pour l’Afrique centrale. N’eut été le conflit de 1997 au Congo, la représentation, qui avait bénéficié de certaines facilités du gouvernement, a fonctionné parfaitement dans l’assistance de toutes natures au profit des personnes vulnérables. Ainsi, les responsables africains que nous étions, avions siégé à tour de rôle au sein du Conseil exécutif, des commissions statutaires de développement, du secours et gestion des catastrophes, de la santé et même de la commission permanente, instance supérieure de la hiérarchie du mouvement.

Au sein des instances de la fédération, les sociétés nationales ont vu leur nombre accroître. En cela, le groupe du sous-continent francophone a joué une influence déterminante, tant les propositions, notamment de l’A.c.r.o.f.a (Association des Croix-Rouge et Croissant-Rouge francophone d’Afrique), se sont imposées d’une façon remarquable.
En 1984, à la rencontre d’Åland, dans les Balkans, nous avions proclamé très clairement que désormais, le mouvement se prononçait pour une action plus offensive, en abandonnant la théorie du médecin après la mort: la Croix-Rouge ne se contenterait plus de porter assistance, mais insisterait sur le fait que la guerre, engendrée par les facteurs d’injustice et les frustrations, doit être bannie.

Dans les années 80, les rencontres de Dakar et de Rio de Janeiro, celle de Budapest, Séoul et Genève, et dans les années 90, suivies de celles de Brazzaville, Ouagadougou, Naïrobi, Bujumbura, Mbabane, capitale de l’Eswatini et Kampala (Ouganda), ont déclenché une véritable prise de conscience des sociétés nationales africaines. A cet effet, j’ai une pensée profonde à l’endroit des personnalités qui ont dirigé les sociétés nationales africaines à cette période et qui nous ont quittés. Je citerai, entre autres, Mesdames Monique Basque de la Côte d’Ivoire, Véronique Ahouamenou du Benin et Bana Ouandaogo du Burkina-Faso, Monsieur William Etéki Mboumoua du Cameroun, le Dr Mohamed Nesh-Nash du Croissant-Rouge marocain et récemment Monsieur Ali Bandiare du Niger.










